A force de vivre au-dessus de ses moyens, arrive toujours la douloureuse : l’addition. Après les impopulaires hausses d’impôts de l’automne, la ministre des Finances Rachel Reeves a dû se résoudre à annoncer, mercredi soir, des milliards de livres d’économie pour équilibrer les comptes, puisque l’organisme de contrôle des dépenses publiques avait assuré que l’Etat britannique n’avait plus de marges de manœuvre.
Le total de la cure d’amaigrissement détaillée par Mme Reeves, 14 milliards de livres, a fait hurler l’opposition conservatrice. Il sera ponctionné sur les aides sociales, les coûts de fonctionnement de l’administration centrale et récupérés hypothétiquement sur la fraude fiscale. Près de 5 milliards par an seront ainsi retranchés dans des crédits pour les personnes handicapées ou malades, les augmentations prévues des dépenses publiques subiront un coup de rabot de 6,1 milliards, tandis que les coûts de fonctionnement de l’administration centrale seront réduits de 15% — avec à la clé la suppression de 10.000 postes de fonctionnaires.
“L’incertitude mondiale accrue a eu deux conséquences, d’abord sur nos finances publiques, et ensuite sur notre économie”, a affirmé Mme Reeves lors d’un discours au Parlement britannique, dans lequel elle a dévoilé des prévisions très dégradées pour la croissance du pays cette année. Avocate d’une certaine discipline dans la gestion des finances publiques, Mme Reeves avait déjà rejeté les critiques stigmatisant ses choix budgétaires qui signent un retour à l’austérité – référence aux coupes douloureuses imposées en 2010, du temps des conservateurs.
Le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer, outre la croissance en berne, doit composer avec les taux d’emprunt élevés de la dette britannique, l’augmentation annoncée des dépenses militaires et les menaces de guerre commerciale de Donald Trump. L’organisme public de prévision budgétaire, l’OBR, a annoncé mercredi une prévision de croissance de 1% en 2025, une baisse significative par rapport aux 2% anticipés fin octobre.