Accueil » Et si l’inflation était due aux politiques publiques ?

Et si l’inflation était due aux politiques publiques ?

par Patrick Coquart

La question du pouvoir d’achat a surgi dans les médias français au fur et à mesure que la pandémie de covid 19 quittait les devants de l’actualité et que l’on s’inquiétait, à la faveur de la « reprise économique », d’un « retour de l’inflation ».

Depuis septembre 2021, le sujet a ainsi occupé une grande place dans la presse, régionale ou nationale, télévisée, radiophonique ou imprimée. Les médias donnaient, tour à tour, la parole à des Français qui avaient de plus en plus de mal à joindre les deux bouts ; à des salariés qui se mobilisaient, parfois jusqu’à faire grève, pour réclamer des augmentations ; à des chefs d’entreprise qui affirmaient de pas pouvoir réévaluer les salaires mais plutôt être contraints à augmenter les prix de leurs produits ou services ; au Gouvernement qui mettait en place des mesures ponctuelles de compensation pour un coût de près de 15 milliards d’euros : indemnité inflation de 100 € pour 38 millions de Français dont le revenu net mensuel est inférieur à 2 000 € ; prime supplémentaire de 100 € pour 5,8 millions de bénéficiaires du chèque-énergie, qui avaient déjà reçu un chèque énergie d’un montant moyen de 150 € en avril 2021 ; blocage des tarifs réglementés du gaz (entre le 1er novembre 2021 et le 30 juin 2022) et hausse limitée de ceux de l’électricité (4 % au 1er février 2022) ; revalorisation de 10 % du barème de l’indemnité kilométrique.

Quant à tous ceux qui aspiraient à se faire élire président de la République en avril 2022, ils se sont bien évidemment évertués à faire connaître leurs propositions en matière de pouvoir d’achat (voir encadré page 13).

Si la question de l’augmentation du coût de la vie mobilise autant, c’est d’abord parce qu’elle est socialement explosive. Tout le monde a en mémoire le mouvement des « Gilets jaunes » qui, à l’origine en octobre 2018, s’est constitué en réaction à la hausse du prix des carburants. C’est ensuite parce que le sujet est polémique, l’Institut national des statistiques et des études économiques (Insee) affirmant que le pouvoir d’achat progresse, à l’opposé du ressenti des Français.

La guerre russo-ukrainienne n’a pas mis le thème de l’augmentation du coût de la vie de côté, bien au contraire, puisqu’elle a fait flamber le prix de certaines matières premières (gaz, pétrole, produits agricoles…). En mars 2022, le gouvernement français a décidé d’étendre certaines des mesures prises à l’automne 2021 et de repousser le gel des prix du gaz de juin à décembre 2022. De 15 milliards d’euros, le coût de ces mesures pourrait atteindre 24 milliards d’euros selon le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Par ailleurs, depuis le 1er avril 2022 et pour quatre mois, un nouveau « coup de pouce » aux ménages a été initié sous la forme d’une remise de 15 centimes par litre de carburant, subventionnée par l’État. Une nouvelle mesure qui coûte environ 2 milliards d’euros supplémentaires, soit le montant correspondant au surcroît la TVA engrangée depuis six mois du fait de la hausse des prix.

Mais la guerre en Ukraine ne suffit pas à expliquer l’augmentation du coût de la vie. Bien sûr la reprise économique post-pandémie entraînant des pénuries sur les marchés mondiaux et une hausse prix des transports de marchandises joue un rôle non négligeable dans la reprise de l’inflation, tout comme les caprices météorologiques qui influent sur le prix des produits agricoles. Curieusement, les commentateurs oublient de citer la réglementation et la fiscalité, et plus largement les politiques publiques, comme sources importantes de hausse des prix des produits et services.

C’est pourquoi, nous nous proposons d’examiner l’influence de celles-ci – les politiques publiques – sur l’augmentation de cinq produits de consommation courante (II) – le logement, l’électricité, le gasoil, les assurances complémentaires santé et la cigarette – et leur impact sur les Français les plus modestes, après avoir évoqué la réalité de l’inflation en et la question de l’évolution du pouvoir d’achat, depuis une vingtaine d’années (I).

Politiques publiques et inflation

Vous pouvez aussi aimer

6 commentaires

Laurent46 16 juin 2022 - 6:24

On ne peut pas faire des dettes colossales qui par ailleurs ne peuvent plus être remboursés comme les US et la France de Macron sans qu’il n’y ait de fâcheuses conséquences. Hélas, la nouvelle génération, jeunes et pire encore les vieux partis en retraite à 50 ans avec un pactoles tous persuadés que l’argent est gratuit ! Qu’il y ait un certain nombre de grosses fortunes souvent faites illégalement, OUI c’est un problème mais pour cela commençons par les fainéants qui ne font que taper dans un ballon et qui sont fatigués au bout de 4 match à par les bringues de la 3ème mi-temps, mais cela semble normal alors que d’une manière ou d’une autre ce sont tous les contribuables qui payent obligatoirement cette débauche. Que l’Etat et les collectivités locales deviennent raisonnables dans leurs dépenses souvent inutiles ou par idéologie minoritaire. Arrêtez d’engraisser fainéants et autres arrivants toute leur vie sans jamais cotiser, etc.. Réglez déjà ces problèmes et tout ira mieux comme on dit l’exemple vient d’en haut et quand le haut est pourri voir mafieux on ne peut pas s’attendre à des miracles.

Répondre
Obeguyx 16 juin 2022 - 12:50

L’inflation n’est pas une anomalie. C’est le contraire qui est une anomalie. Le problème est que tout se compte en % et non pas en monnaie sonnante et trébuchante. Lorsque l’Etat fait soit disant un cadeau de 0,15 € par litre en fait il touche encore plus qu’avant l’augmentation du brut. Donc il ne fait aucun cadeau et ne perd RIEN. Lorsqu’on vous annonce une augmentation de 4 % sur vos retraites, cela donne 40 € pour le retraité à 1000 € et 160 € pour le retraité à 4000 €. Pourtant, à la boucherie le kilo de boeuf est bien à 26 € le kilo pour les 2 retraités. Un retraité est un INACTIF (ayant normalement cotisé) et sa « pension » ne doit pas lui permettre de faire des bénéfices substantiels lors d’une augmentation générale. Pourtant dans la devise de notre Raie Publique, il y a le mot EGALITE !!! Mais nos politicards à grosses pensions s’en foutent comme de Votre première chemise. Imaginez le Pingouin politicard en retraite avec des indemnités cumulées à 10000 ou 15000 € + 4%… La vie est belle et Toi le paysan avec tes 500 balles t’as qu’à crever !!!

Répondre
Jean Michel Thureau 16 juin 2022 - 3:31

Bonjour

Je suis l’auteur d’un livre “économie et politique, les fondamentaux“.

Le niveau intellectuel de cet ouvrage est extrèmement élevé (le certif d’entre les deux guerres).

Il contient une simulation entre trois producteurs et un banquier qui montre que c’est à ce niveau que s’effectue la création monétaire.

Plus loin il est montré que lorsque l’Etat intervient dans le circuit monétaire c’est pour y introduire (ou y faire introduire) de la fausse monnaie et que c’est çà l’acte initial de l’inflation.

Le livre n’a eu aucun succès, vous pouvez le trouver sur Amazon en édition numérique pour un prix ridicule.

Bonne lecture !

Répondre
Jean Michel THUREAU 19 juin 2022 - 9:33

Bonjour

Je suis l’auteur d’un livre “économie et politique, les fondamentaux“.

Le niveau intellectuel de cet ouvrage est incroyablement élevé (le certif d’entre les deux guerres).

Il contient une simulation entre trois producteurs et un banquier qui montre que c’est à ce niveau que s’effectue la création monétaire.

Plus loin il est montré que lorsque l’Etat intervient dans le circuit monétaire c’est pour y introduire (ou y faire introduire) de la fausse monnaie et que c’est çà l’acte initial de l’inflation.

Le livre n’a eu aucun succès, vous pouvez le trouver sur Amazon en édition numérique pour un prix ridicule. Bonne lecture !

Répondre
gilibert 19 juin 2022 - 2:44

il est évident que les états ne feront rien pour lutter contre l’inflation , bien au contraire , c’est le moyen falacieux de voler l’épargne des retraités pour payer leurs dettes abissales

Répondre
REMI 19 juin 2022 - 3:50

Question …Pourquoi écrivez-vous « SI »… ?
• L’évidence est bien la gestion publique de l’Etat…
Cette situation s’aggrave chaque année, malgré les promesses lancées tous les 5 ans….
Alors :
Quand la France se dotera-telle d’un « CHEF D’ÉTAT » qui :
• « Dit ce qu’il fera et qu’il fera ce qu’il a dit » … ?
Malheureusement, apparemment il n’y a pas de chef d’État pour la France …
Alors les déficits et l’inflation seront les deux mamelles de notre beau roi… Pour 5 ans encore….
A suivre sans aucune illusion

Répondre

Laissez un commentaire