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La démocratie du like, par Nelly Garnier

par Adélaïde Motte

Les bulletins de vote exprimés diminuent pendant que les publications des internautes sur les réseaux sociaux se multiplient. Nelly Garnier, membre des équipes de campagne de François Fillon, de Rachida Dati et de Valérie Pécresse, propose une lecture de cette nouvelle “démocratie du like” qui se substitue à l’ancienne. Une démocratie qui permet à tous de s’exprimer, de trouver des micro-sociétés dont ils partagent les valeurs, de relayer du contenu et ainsi de militer de chez eux. Une démocratie qui ne se traduit pas en votes, parce que ces militants ont l’impression que les candidats qui leur sont proposés ne les écoutent plus.

Face aux informations nombreuses, souvent excessives et parfois inexactes que l’on trouve sur les réseaux sociaux, les réactions des politiques diffèrent : certains adaptent leur communication, parfois jusqu’à ressembler à certains influenceurs qui mettent en scène leur intimité, d’autres dénigrent ces réseaux et rêvent de les réguler, d’autres encore les ignorent, et la plupart les utilisent, en mêlant les codes de la politique et ceux des réseaux.

En convoquant l’expérience et les déclarations de plusieurs influenceurs, en se rapportant au rôle des réseaux sociaux dans certaines élections antérieures, Nelly Garnier explique pourquoi censurer les réseaux sociaux est une idée dangereuse. Cela induit l’idée que toutes les voix ne se valent pas, et qu’il faut à tout prix éviter que les citoyens votent “mal”. Or, c’est justement parce que les citoyens n’ont plus confiance en un système qui leur dit ce qu’ils doivent penser qu’ils désertent les bureaux de vote pour leur préférer un fauteuil et un smartphone.

Toutefois, ces réseaux ne proposent pas une complète liberté de parole. Nelly Garnier en explique les limites, avec les diverses formes de censures, les algorithmes qui diminuent la visibilité de certains contenus ou les plateformes qui suppriment certains comptes. Un comportement qui admet que, si les citoyens “votent mal” et “pensent mal”, c’est à cause des réseaux sociaux. Cela signifierait qu’ils ne sont pas capables d’un raisonnement suivi, alors qu’on pourrait aussi considérer qu’ils sont justement plus avertis grâce à la masse d’informations disponibles sur les réseaux sociaux. Quant aux militants aveuglés et portés aux extrêmes par leur idéologie, l’absence des réseaux sociaux les aurait-elle vraiment empêchés de suivre un mauvais raisonnement ?

Dans un essai structuré et précis, Nelly Garnier détaille les divers enjeux de cette “démocratie du like” qui n’en est qu’à ses débuts et que les divers gouvernements devront prendre en compte s’ils veulent que la démocratie classique reste attractive et retrouve des scores de participation significatifs.

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