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Jean-Marc Daniel : Vivement le libéralisme !

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Sorti en septembre dernier, l’ouvrage de Jean-Marc Daniel, Vivement le libéralisme ! (Paris, Odile Jacob) rassemble les chroniques que l’auteur a fait paraître dans Les Echos entre 2015 et 2022. Une lecture salutaire à plus d’un titre, qui couvre un grand nombre de sujets (concurrence, dépenses publiques, endettement, désengagement de l’État de l’économie, libre-échange et protectionnisme, etc.) qui restent aujourd’hui d’une actualité brûlante.

On notera bien sûr tout d’abord le choix du titre, miroir inversé de Vivement le socialisme ! de Thomas Piketty, un recueil de ses articles parus dans Le Monde. De la même manière que l’ouvrage de Piketty est une défense ouverte du socialisme à notre époque, celui de Jean-Marc Daniel est, comme son titre l’indique clairement, un vibrant plaidoyer pour l’adoption des solutions libérales au XXIe siècle.

Le fil conducteur de l’ouvrage peut se résumer ainsi : ce n’est pas l’État qui crée la croissance ou qui favorise le pouvoir d’achat, mais bien plutôt l’entreprenariat, la libre concurrence, l’investissement, la recherche et l’innovation, dont la conjugaison nous permettra de renouer avec une prospérité durable au bénéfice du plus grand nombre.

Jean-Marc Daniel part tout d’abord d’un constat : depuis des années, nombre de rapports internationaux (OCDE, FMI) et nationaux (comme le rapport Rueff-Armand de 1959 concernant les « obstacles à l’expansion économique ») ont établi par le menu le diagnostic des maux dont la France souffre depuis des décennies, pour n’aboutir finalement qu’à des réformettes de surface, manquant largement de courage et d’audace politiques. L’ouvrage de Jean-Marc Daniel peut ainsi s’entendre comme un appel à la responsabilité : à l’heure où les dépenses publiques en France représentent 59,2% du PIB et où la dette atteint quasiment les 100%, il est urgent de mettre en œuvre de véritables réformes libérales structurelles si nous ne voulons pas faire irrémédiablement peser le poids de notre hyperendettement national sur les épaules des générations futures.

Pour ce faire, il nous faut redécouvrir les vertus du libéralisme, qui est la source même des réformes dont notre pays a le plus grand besoin aujourd’hui. Nous devons ainsi reprendre conscience des bienfaits de la concurrence (chapitre II), non seulement parce qu’elle permet de mieux répondre aux besoins des consommateurs, mais aussi, ajoute Jean-Marc Daniel, parce qu’elle est, contrairement à ce qu’on dit souvent, « la première et la meilleure garantie de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) de l’entreprise » (p. 39). À cet égard, l’ouvrage montre que le libéralisme est certainement plus efficace que l’étatisme pour répondre efficacement aux enjeux sociaux ou environnementaux de notre temps. (On lira de ce point de vue aussi avec profit un autre livre du même auteur, Redécouvrir les physiocrates – Paris, Odile Jacob -, sorti en octobre dernier et sous-titré « Plaidoyer pour une économie intégrant l’impératif écologique ».)

Nous devons en outre, poursuit l’auteur, remettre en question la doxa actuelle autour des bienfaits supposés du protectionnisme. Dans le chapitre VIII (« L’Europe ne doit être une forteresse »), Jean-Marc Daniel écrit fort justement : « Le “protectionnisme régressif”, qui vise à freiner la “destruction créatrice”, théorisée par Schumpeter, et à maintenir artificiellement en vie des secteurs en déclin, est calamiteux. La pression concurrentielle, en élargissant les débouchés, favorise in fine la croissance et le pouvoir d’achat » (p. 225).

Il nous faut aussi « moins d’État actionnaire et moins d’impôts » (c’est le titre du chapitre V), chose qui doit s’accompagner d’une baisse substantielle de la dépense publique. Pour Jean-Marc Daniel, il n’est pas normal, en ce début des années 2020, que l’État soit toujours présent dans le capital d’un si grand nombre d’entreprises. L’État doit largement encore se désengager de l’économie et confier certains services historiquement assurés par lui à des opérateurs privés, qui seront ainsi « obligés par la concurrence de se montrer efficaces » (p. 129). Ce qui profiterait en définitive aussi bien au consommateur qu’au contribuable français.

La libéralisation de notre économie est d’autant plus urgente à faire que nos dirigeants (pas seulement en France, mais dans le monde entier) ont fait preuve d’un « invraisemblable laxisme budgétaire » (p. 275) à la suite de la pandémie de Covid-19, se plaçant d’ailleurs souvent sous le patronage de Keynes – ce qui montre bien, d’ailleurs, que les préjugés keynésiens sont toujours aussi vivaces parmi la classe politique en 2023, alors que l’histoire économique du siècle dernier les a pourtant largement réfutés. Il serait enfin temps que nos politiques comprennent, comme le dit à juste titre Jean-Marc Daniel, que « le keynésianisme ne fut, en fin de compte, qu’une tentative politiquement astucieuse, mais économiquement assez vaine de gérer l’inflation pour en faire un remède au chômage » (p. 278). De Keynes, gardons donc moins le keynésianisme, qui n’a jamais marché nulle part, que son esprit : le « refus du dogmatisme et la volonté d’une adaptation pragmatique de la politique économique à la réalité » (p. 278). En ce sens, c’est au nom de l’esprit keynésien que nos dirigeants doivent se convertir au libéralisme et à l’économie de l’offre, seuls capables de remettre le pays sur les rails. Agissons maintenant avant qu’il ne soit trop tard.

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2 commentaires

Astérix 14 janvier 2023 - 9:18

Puisse l’excellent Jean-Marc DANIEL être lu et entendu !? Mais 80 % des français sont socialoverdos. Ils ne comprennent RIEN à l’économie et dès lors pensent que la situation actuelle est normale ???
Les français pourraient voir leur pouvoir d’achat augmenter considérablement s’ils essayaient de comprendre comment fonctionne l’économie et s’ils arrêtaient d’élire et de réélire des socialistes incapables (pléonasme).!
Je pense qu’il est trop tard et que la France va couler !

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Astérix 14 janvier 2023 - 9:27

Rappel de la vraie définition du LIBÉRALISME :
« Doctrine économique qui défend la libre entreprise, la non intervention de l’État dans le secteur économique. »

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