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Ayn Rand – L’égoïsme comme héroïsme

Mathilde Berger-Perrin

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La raison d’être d’un idéal n’est-elle pas de rester un idéal? Sa vision de l’indépendance, trop rationnelle pour être réalisable, doit cependant rester un horizon, une exigence personnelle. Ainsi Mathilde Berger-Perrin  parle-t-elle de l’idéal d’Ayn Rand, tel qu’il apparaît dans sa vie et dans ses oeuvres.

LES HÉROS RANDIENS

Cet idéal est exprimé dans ses romans: tous ses héros sont seuls contre tous, ce sont des créateurs, favorables au progrès technologique, des hommes libres. Ils ne doutent pas du génie humain et du progrès, ce qui les  oppose aux dieux et à l’obscurantisme. Ils sont simples et sans concession, arrogants, une qualité. Ce sont des égoïstes rationnels, c’est-à-dire qu’ils font passer leurs intérêts au-dessus des autres, mais ce n’est jamais à leur détriment. Ce qui les distingue.

Ils créent et n’exploitent pas les créations des autres, ce qui les rend responsables et indépendants, incorruptibles, intègres. Aussi leur égoïsme est-il vertueux.

L’OBJECTIVISME

Sa philosophie s’appelle l’objectivisme: le réel objectif existe, indépendamment de la perception, comme l’ont dit avant elle Aristote et Thomas d’Aquin: Métaphysique: la réalité objective; Épistémologie: la raison; Éthique: l’intérêt personnel; Politique: le capitalisme.

Mathilde Berger-Perrin entre dans le détail:

  • Sa métaphysique repose sur trois axiomes:
  1. Il existe quelque chose plutôt que rien.
  2. La loi d’identité d’Aristote s’applique: A est A.
  3. La conscience existe mais en relation à une réalité extérieure.
  • Son épistémologie est rationnelle, la raison étant considérée par elle comme une volonté.
  • Son éthique est de poursuivre son intérêt personnel pour préserver sa vie et en jouir, la vertu étant considérée comme le moyen pour y parvenir: pour être vertueux, l’homme doit toujours tirer un avantage de ses actions, y compris dans ses relations sociales.
  • Sa politique est de respecter l’ontologie humaine, or le capitalisme du laisser-faire est le système qui respecte la liberté de chacun parce qu’il respecte les fruits de son travail, sa dignité et son bonheur de s’accomplir.

Sa philosophie est athée: Ayn Rand voit dans les croyances religieuses qui justifient l’altruisme une voie de manipulation…

RADICALITÉ ?

Ses positions sont radicales:

L’État ne doit s’occuper que de protéger le droit de l’homme à vivre librement, c’est-à dire le droit de propriété et les échanges, et, par conséquent, ne s’occuper que de la police, des forces armées et des tribunaux, ce qui justifie l’impôt à condition qu’il soit volontaire;

  • L’État ne doit donc pas intervenir du tout dans l’économie;
  • L’argent a une valeur morale: s’enrichir par le travail reste l’expression du plus haut degré de liberté et n’a rien d’immoral;
  • La bataille est intellectuelle et non politique;
  • Rand est isolationniste: quand une armée protège des citoyens qui ne sont pas les siens, c’est de l’altruisme et celui-ci est toujours à proscrire;
  • Rand serait le cauchemar des écologistes: la préservation de la vie humaine est le but suprême;
  • Rand est avocate de la liberté d’expression: la propriété privée protège et implémente le droit de ne pas être d’accord;
  • Rand est antiraciste: le racisme est la forme la plus basse du collectivisme;
  • Rand est pour le laisser-faire, y compris pour les moeurs;
  • Rand est féministe malgré elle: ses héroïnes sont à la fois désirables et puissantes.

CONCLUSIONS

Pour suivre Ayn Rand, il faudrait:

  • Ne rien demander, ne rien attendre, ne dépendre de personne.
  • Avoir une bonne estime de soi.
  • Être indépendant d’esprit pour choisir sa propre hiérarchie de valeurs.
  • Être productif: le monde se divise entre ceux qui critiquent et ceux qui font.
  • Ne pas céder à l’injonction à aimer son prochain sans distinction.
  • Ne pas se sacrifier pour l’autre, mais échanger avec lui par vertus.
  • Choisir dans la société ses liens de dépendance.

L’auteure, pour sa part, conclut: « Pour nous, lecteur français, habitué à l’État-providence, la puissance de son oeuvre résonnera moins par sa recommandation politique que par sa philosophie de vie, à la fois libératrice et responsabilisante. À travers ses personnages, elle crée des échos à ce qu’il y a de grand en nous. Ayn Rand nous laisse l’héroïsme en héritage.^ »

https://www.francisrichard.net/

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