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Ayn Rand était-elle vraiment « libertarienne » ?

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Un très bon article, riche et fouillé, vient de paraître dans Le Monde sur « la quête d’absolu des libertariens ». Son auteur, Marc-Olivier Bherer, y retrace avec clarté et précision la genèse et le développement de la riche pensée libertarienne, laquelle serait née, comme le fait remarquer l’historien Sébastien Caré, après que F. D. Roosevelt eut mis en place dans les années 30 sa politique du New Deal.

Le mouvement du Tea Party, apparu à la fin des années 2000 en réaction aux outrances étatistes d’Obama, démontra que les idées libertariennes restaient encore vivaces aux États-Unis. Comme le philosophe Alain Laurent l’avait constaté, on pouvait alors lire sur certaines pancartes lors de manifestations : « Atlas is shrugging ». Il s’agissait bien sûr d’une référence au célèbre roman d’Ayn Rand, Atlas Shrugged (1957). (Traduit en français aux Belles Lettres en 2011 sous le titre La Grève.)

A-t-on toutefois raison, comme semble ici le faire Marc-Olivier Bherer, de ranger Ayn Rand parmi les défenseurs du « libertarianisme » ? Oui si l’on entend par là la défense sans concession des droits fondamentaux de l’individu, du capitalisme de laissez-faire et de la propriété privée. Mais non si l’on entend par libertarianisme la thèse de l’ « État zéro » chère aux anarcho-capitalistes tel Murray Rothbard. En effet, pour Ayn Rand, le rôle principal de l’État est de faire respecter constitutionnellement les droits des individus et d’empêcher ou de sanctionner toute violation de ces mêmes droits – violation qui peut parfois émaner de l’État lui-même. (Elle écrit à cet égard : « Il y a deux violateurs potentiels des droits de l’homme : les criminels et le gouvernement. La grande réalisation des États-Unis fut d’établir une distinction entre eux, en interdisant au second une version légalisée des activités du premier » – La Vertu d’égoïsme, Paris, Les Belles Lettres, 2011, p. 111.) Ainsi la pensée d’Ayn Rand, comme celle des fondateurs américains, relèverait plutôt de ce qu’on appellera le « minarchisme », voyant dans l’État, au champ d’intervention nettement circonscrit, un moyen nécessaire de faire respecter les droits inaliénables de la personne.

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1 commenter

Michel Giraud 5 décembre 2022 - 9:23

Le mouvement développé par Ayn Rand est l’objectivisme dont la relation avec le libertarianisme est , semble-t-il , complexe.
Ayn Rand n’aimait pas le libertarianisme qu’elle accusait de vouloir remplacer le capitalisme par l’anarchie au nom d’une action politique superficielle vouée à l’échec.

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