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Le commerce maritime: un enjeu vital et sous-estimé pour la France

par Alexandre Massaux
Le commerce maritime représente 80% des échanges commerciaux mondiaux. Il serait dans l’intérêt de la France de se préoccuper d’avantage de cet aspect. Surtout qu’un certain nombre d’éléments ne jouent pas en notre faveur actuellement.

L’actualité est marquée par les annonces de pénuries dans divers secteurs économiques. Si le manque de composants électroniques est le plus médiatisé, d’autres domaines sont aussi touchés. Une des causes a été la désorganisation du commerce mondial. Il convient de rappeler que nos économies sont mondialisées et que les matières premières, comme les productions, viennent souvent  d’autres pays, voire d’autres continents. Le discours de la relocalisation et de la souveraineté économique est devenu populaire médiatiquement, mais il n’est pas réaliste. Plutôt que de céder au protectionnisme, la France devrait plutôt essayer de trouver sa place dans le commerce international.

 

Un commerce maritime dominé par l’Asie

En termes de volume de marchandises en transit, les principaux ports mondiaux sont asiatiques avec une domination chinoise. Selon le World Shipping Council, sur les 10 premiers ports 6 sont en Chine. Singapour, Hong Kong et le port sud-coréen Busan figurent aussi dans les premiers. La côte pacifique américaine s’avère être plus importante que la côte atlantique : les ports californiens de Los Angeles et de Long Beach sont respectivement à la 17ème et 22ème place alors que ceux de New York et de Savannah en Géorgie sont 24ème et 40ème.

Une situation qui s’explique par la montée en puissance des pays asiatiques. En 2020, juste avant la crise Covid, il était prévu que le PIB de l’Asie surpasse celui du reste du monde. Si la pandémie a très certainement affecté ces prévisions, la dynamique est là. Le développement des économies dans cette région fait que 90 % des 2,4 milliards de nouveaux membres de la classe moyenne sont asiatiques.

 

Une France moins compétitive que ses voisins européens

Du coté des pays européens, seuls 7 ports se trouvent dans le top 50 du classement du World Shipping Council : Rotterdam (10ème), Anvers (14ème), Hambourg (17ème), le Pirée (28ème), Valence (30ème),  Algeciras (34ème) et Bremerhaven (36ème).

Aucun port français n’est dans ce classement alors que la France possède la deuxième zone économique exclusive maritime au monde derrière les Etats-Unis. Si l’on examine le fret portuaire des différents pays (calculé en TEU ou Equivalent Vingt Pieds), on constate que la France avec 5 107 857 TEU est à la traîne par rapport à ses voisins. L’Allemagne est à 18 028 702 TEU, les Pays-Bas à  14 522 209 TEU, et la Belgique à 14 066 604 TEU. Le facteur géographique ne suffit pas à expliquer la faiblesse française étant donné que des pays méditerranéens s’en sortent mieux :  l’Espagne est à 17 372 500 TEU, l’Italie à 9 800 000 TEU et la Grèce à 5 756 000 TEU.

Des pays économiquement plus faibles que la France se retrouvent devant elle dans le domaine du commerce portuaire.

Plus de décentralisation nécessaire

Les grands ports français sont gérés par l’Etat. Sept d’entre eux sont en métropole : Dunkerque, Le Havre, Rouen, Nantes Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux, Marseille. Ils  traitent plus de 80 % du trafic maritime de marchandises. De ce fait, l’emprise de l’Etat reste forte sur le commerce maritime français.

Chez certains de nos voisins, la décentralisation prime. Hambourg est géré par le Land éponyme qui est une cité-Etat, créée en 1952 afin d’accorder une autonomie dans la gestion de ce port historiquement majeur. A Rotterdam, les Néerlandais sont allés encore plus loin. Jusqu’en 2004, le port était géré par le département municipal de gestion des affaires portuaires et l’autorité portuaire de la ville. A partir de cette date, son statut se transforme en entreprise publique de droit privé. Ce sont des approches décentralisées, voire des privatisations, qui ont été choisies pour gérer ces ports. Et le fait est qu’ils résistent face au nouveau centre de gravité économique qu’est le Pacifique.

 

Des atouts pour la France

Il est urgent que la France revoie son organisation portuaire afin d’accroître son attractivité. D’autant plus que le pays a un véritable atout avec la marine nationale considérée comme une « Blue Navy » : une marine capable de se projeter en haute mer. L’Etat devrait plutôt se concentrer sur le régalien et la défense en matière de commerce maritime. La France possède des bases sur les rivages de tous les océans lui offrant une capacité de soutien maritime important. L’Etat français devrait redevenir un gendarme plutôt qu’un gestionnaire.

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8 commentaires

LAURENT46 18 janvier 2022 - 3:54

Virez la mafia de la CGT des ports et tout ira bien mieux. Ce n’est pas plus compliqué. Ensuite deuxième niveau éviter que les politiques et les taxes s’en occupent, on sait depuis longtemps que quoi qu’il arrive ils n’ont jamais assez de fric. Voilà les deux problèmes des ports mais aussi de la SNCF, EDF et autres services de transport.

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AlainD 18 janvier 2022 - 3:56

Vous avez raison, j’approuve totalement, la cgt a laissé moribond le port de Marseille, même le trafic passagers avec la Corse a été repris par une compagnie italienne du fait de la déconfiture de la sncm. Avoir laissé un syndicat de dockers avoir la maîtrise des embauches et non seulement une erreur mais une faute !

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Tibus 54 18 janvier 2022 - 6:27

Se référer à la taille de la zone d’exclusivité économique est il pertinent dans la mesure où de nombreuses possessions françaises n’ont qu’une très faible activité économique et n’ont aucune vocation à en avoir davantage ( Kerguelen, Iles sous le vent, Iles Crozet etc…) ?
Mesurer une puissance économique en TEU ne mérite t il pas la plus infinie précaution ? De nombreux ports ont essentiellement une activité de transit sans hinterland conséquent

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AlainD 18 janvier 2022 - 4:00

Il n’y a pas que la zone d’exclusivité économique à retenir, la France possède la plus grande façade maritime d’Europe mais laisser la gestion des ports français aux mains de l’Etat est une ânerie. Si l’Etat était capable de gérer efficacement cela se saurait et l’on voit très bien où nous en sommes dans beaucoup de domaines dirigés par des fonctionnaires ronds de cuir et Macron a montré son incapacité à redresser la situation.

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en fait 18 janvier 2022 - 8:21

Oui tout va très bien.
Oui, « gérés par l’Etat » est soi un bel oxymore ( aigu et fou ) soit un touchant aveux occis-mort.
Mais, au fond, la principale question est-elle ? que certaines longues études en chambre font totalement et durablement perdre le moindre bon sens ou pas.
Cependant, en réalité le plus important et de très loin est le fondamental pur esprit du nutri-score de la portion de Camembert.
sans oublier Normand ou pas ?
tout le reste MDR !

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Verdun 18 janvier 2022 - 10:28

C’est vous qui n’êtes pas réaliste et vois traitez ce sujet avec 10 ans de décalage avec les facs souvent critiquées. Les relocalisations sont notre seule chance à court comme à long terme. Assez de fossoyeurs; à expatrier. Le problème a été pointé par un autre commentateur avec les syndicats ou les politiques qui eux ne sont pas réalistes.

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Verdun 18 janvier 2022 - 1:06

Le développement de l’Asie ne se fait il pas au détriment de la France grâce à ceux qui pensent encore delocalistaions importations malgré une dette et une balance commerciale à la grecques, 1/3 du PIB consacré au social seule variable en croissance avec le chômage ?

Une France moins compétitive qu’elle France ?

En revanche, apparemment le tourisme bat toujours son plein.

Selon Charles Prats, nous avons 8 millions de touristes passés sous les radars. Ça en fait de la taxe de séjour.

Comment oser faire des statistiques et des prévisions avant d’avoir fait la lumière sur ce paramètre qui représente 12% de la population ?

Il manque trop d’inconnues dans votre équation.

L’Asie n’a aucune règle, aucun frein et surtout pas une union asiatique pour fausser la donne !

Comparons ce qui est comparable c’est une règle primaire.

Plus de décentralisation à qui et avec quoi. Mis à part décentraliser les déficits ! Même le ramassage des ordures ne fonctionnent pas dans la deuxième ville française.

Quoiqu’il en soit si les ports étaient privatisés, ils seraient racheté par des géants asiatiques, arabes, américains..

Bien à vous

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Taisne 18 janvier 2022 - 1:30

Que ce soit la SNCF ou les ports, la CGT a fait ce qu’il fallait pour les « tuer à petit feu », l’Etat se chargeant des « perfusions » (en provenance des contribuables). Comment peut-on imaginer une seule seconde que notre Etat obèse, qui a raté tout ce qu’il a entrepris depuis 50 ans, pourrait remédier en quoi que ce soit à la disparition commerciale de nos ports ? Dans beaucoup de domaines, la France rejoint le dernier rang en Europe et dans le monde.

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