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Le kwh est deux fois plus cher en Allemagne qu’en France

Lors des dernières élections en Allemagne, l’AFD (Alternative pour l’Allemagne) a obtenu un surprenant score de 13 %. Parmi ses promesses figure aussi la fin des subventions pour les énergies vertes, en particulier l’éolien. Les sondages récents montrent que pas moins de 61 % des Allemands ne veulent pas dépenser plus pour l’énergie même si elle est renouvelable. Et pour cause. Le prix de l’électricité a explosé de l’autre côté du Rhin. Selon la US Energy Information Administration et Selectra, le coût du KWH est plus de deux fois plus élevé pour un ménage allemand (0.30 euro) que pour un ménage français (0.14 euro) et presque trois fois plus élevé que pour un ménage américain (0.11 euro).

Entre 2010 et 2015, suite aux investissements dans les énergies renouvelables, les Allemands (ménages et entreprises) ont payé un surcoût de l’ordre de 125Mds d’euros pour leurs factures d’électricité. Et, le comble, malgré le virage écologique, Mme Merkel a reconnu ne pas pouvoir atteindre les objectifs de réduction du CO2 (- 30 % pour 2020). L’Allemagne commence à comprendre les limites de l’écologie…

La France en tête de classements internationaux, cela devient rare. Pourtant il est un domaine dans lequel nous sommes privilégiés, et c’est celui de la production énergétique. La France produit 5,37 tonnes de CO2 par habitant ; l’Allemagne que l’on dit si vertueuse en termes de transition énergétique, en produit 84% de plus. Seules la Suisse et la Suède, parmi les pays développés, font mieux que la France avec une production respectivement moindre de 13% et 12%.

Le point commun entre ces trois pays : une part de la production énergétique issue des centrales nucléaires importante. 33% de la production d’électricité proviennent de centrales nucléaires en Suisse, 42,2% en Suède, 72,3% en France en 2016. Ces trois pays profitent en outre de la force hydraulique à travers de nombreux barrages.

Emission de CO2 t/hab/an

Emission de CO2 t/hab/an

Source : Global Carbon Atlas, OCDE – Traitement IREF

Alors même que l’on s’alarme sans arrêt du réchauffement climatique anthropique, les Echos du 14 Novembre allant même jusqu’à titrer : « la planète va droit dans le mur », pourquoi en veut-on autant à la filière nucléaire en France ? Les énergies dites renouvelables n’ont pas encore trouvé leur modèle technique ni financier et leur promotion relève donc de la politique de l’incantation, pour un rêve supporté par les contribuables et les habitants ruraux qui subissent ces grands moulins.

France, Allemagne et Australie rattrapés par la réalité

Face à l’échec de leurs stratégies tournées vers l’éolien, les dirigeants de ces deux pays souhaitent revenir à plus de raison. En Australie, le dernier plan (Clean Energy Target) a été abandonné. En Allemagne, c’est la Cour fédérale des comptes qui a souligné les faiblesses et les incohérences de la stratégie suivie : la surcharge payée par les consommateurs aurait triplé depuis 2010, le prix moyen de l’électricité pour les entreprises aurait augmenté de 60%. Le gouvernement allemand aurait « une visibilité insuffisante des conséquences financières de la transition énergétique ». Enfin, la France finalement repousse aussi ses objectifs antinucléaires, et pour cause, ils sont irréalistes, les plans sont bâtis sur des projections absurdes qui considèrent que la consommation aura été divisée par 2 en 2050 grâce à une meilleure isolation.

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Messages (1)

Et si l'électricité allemande était au vrai prix

le 21 novembre, 12:03 par Roger

Il est de notoriété publique (rapport de la Cour des Comptes) que le prix de l'électricité nucléaire en France n'est pas le bon prix. Le coût du démantèlement est largement sous-évalué. Le coût de la gestion des déchets est laissé aux générations futures. Le coût de la maintenance et de remplacement des centrales nucléaires n'est pas pris en compte.
EDF a des dettes astronomiques.
EDF a obtenu le marché des EPR anglais à un prix de production garanti supérieur à 100€/MWh.
Laisser entendre que seules les énergies renouvelables sont subventionnées en passant sous silence les énormes subventions au développement de la filière nucléaire est de la malhonnêteté intellectuelle. D'ailleurs François Roussely ancien PDG d'EDF a dit que sans subvention le nucléaire ne serait pas compétitif.

26 novembre, 23:48 - LIB

Il est vrai que le prix de revente de l'électricité en France ne reflète pas les coûts engagées par EDF pour produire de l'électricité (présent et futur).

Mais il faut pas non plus oublier que EDF est une entité étatique qui est très, très mal géré et je pèse mes mots, et cela depuis des décennies.

Le personnel qui y travaille est légion et avec un salaire plus élevé que le marché (pour connaitre quelqu'un qui travaille et qui touche un très bon salaire rapport qualifications/travaille, pour faire simple salaire d'un bac +3 voir +5 pour un boulot dont le bac n'est pas nécessaire). "Rapport cours des comptes 2010 sur la rémunération chez EDF."

L'état se comporte aussi comme un fonds de pension avec ses entreprises. Quand les caisses d'EDF étaient pleines il tapait dedans sans se gêner.

Il faudrait sans doute allez beaucoup plus loin pour montrer que le nucléaire est avantageux ou non. De plus des entreprises privées commencent à mettre au point des réacteurs de nouvelle génération avec des coûts nettement plus faible qu'un EPR qui est un pur fiasco pour les 2 grands fleurons Français .

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