Wednesday, January 19, 2022
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Thierry Wolton : Penser le communisme (Grasset)

par Alexandre Calinescu

Après les trois tomes de la monumentale Histoire mondiale du communisme, Thierry Wolton nous propose une méditation sur les origines, les causes et les conséquences du phénomène communiste. Si l’Histoire mondiale du communisme a surtout impressionné par la richesse des données, Wolton fait cette fois preuve d’une remarquable capacité de synthèse : la démonstration est claire, d’une rigueur irréprochable, les arguments sont d’une clarté convaincante. Sa démarche vaut d’autant plus la peine que l’auteur sait bien (il revient plusieurs fois dans le livre sur ce point) qu’il s’agit actuellement, dans le cas du communisme, d’une amnésie volontaire, qui prolonge l’aveuglement de ceux qui ont été trompés, au siècle dernier, par les faux idéaux de la doctrine qui promettait un « avenir radieux ».

Thierry Wolton reconstitue avec minutie les étapes qui ont précédé l’établissement de la doctrine communiste bâtie sur la théorie de Marx qui prétendait offrir la clé miraculeuse à travers laquelle l’histoire peut non seulement être expliquée, mais aussi contrôlée, dirigée. Ensuite, il rappelle que de nombreux comportements politiques sont restés imprégnés des réflexes que les communistes imposaient autrefois. Politiciens, militants et idéologues s’autoproclament comme faisant partie du camp du bien, ce qui leur permet de diaboliser les « forces du mal ». Les liens avec le communisme sont évidents dans le cas du nouveau terrorisme intellectuel – l’indigénisme, le néo-féminisme, l’idéologie « progressiste », l’écologisme délirant mais aussi l’islamisme. Le communisme et l’islam ont en commun la volonté de proposer le même avenir « radieux » à tous, avec des règles universelles censées les guider tout au long de la vie, sous l’autorité d’une même idéologie ou d’Allah.

Pourquoi l’idée communiste survit-elle encore, se demande Wolton dans cet essai, pourquoi ne nous sommes-nous pas complètement et radicalement séparés du passé ? Il y a plusieurs explications, certaines inspirées de la psychanalyse : on évite de parler d’idéal perdu car il nous est très difficile d’évoquer une personne proche qui a récemment disparu ; l’absent (le disparu) nous apparaît, rétrospectivement, meilleur, plus grand qu’il ne l’était en réalité ; nous sommes tentés de blâmer les autres – en l’occurrence le capitalisme et le libéralisme. L’utopie reste donc présente, l’une des conséquences étant la banalisation des crimes du communisme. N’oublions pas non plus qu’il existe encore des États communistes….

Lucide, n’oubliant aucun sujet « délicat », le livre met – selon l’aveu de l’auteur – le point d’aboutissement des recherches que Wolton, pendant des décennies, a consacrées au communisme. La manière exemplaire dont il s’est investi dans cette mission pas du tout confortable mérite toute notre admiration.

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