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Conférences sur les retraites, répartition, capitalisation : on tourne en rond

mercredi 6 octobre 2021, par François Turenne

Le mercredi 29 septembre se tenait, à la Maison de la Chimie, plusieurs tables rondes sur la question des retraites. L’organisateur de ces rencontres, Groupama, cherche à s’installer sur le marché de l’épargne retraite, individuelle aussi bien que collective. Les acteurs présents étaient issus de divers milieux : syndicats, assureurs, députés, économistes et des membres du Conseil d’orientation des retraites (COR). Les débats ont beaucoup porté sur les modalités de réforme de notre système par répartition. Inutile de dire que la plupart des intervenants se sont appliqués à ne montrer que les points négatifs d’un éventuel passage de la répartition à la capitalisation.

Pourtant, une étude d’Odoxa montre que les Français sont prêts à épargner pour leur retraite

La première conférence a donné la parole au président de l’institut de sondage Odoxa, Gaël Slimane. Il venait présenter les résultats d’une enquête, commandée par Groupama, sur la vision que les Français ont de l’épargne retraite. Les résultats sont très positifs. Premier constat, 67% des Français épargnent pour leur retraite. Ils sont 37 % à déplorer de ne pas mettre assez de côté chaque mois, et 37% aimeraient épargner mais ne peuvent pas.

Second constat, 59% des Français ne font pas confiance au système de répartition actuel. Plus parmi ls sondés, 71%, craignent de ne pas avoir une pension digne lorsqu’ils partiront à la retraite. Ils n’ont, en effet, aucune visibilité sur ce qu’ils toucheront. En outre, ils craignent que le système ne s’effondre ou ne change totalement d’ici là. Près de 7 Français sur 10 déplorent le manque de transparence et d’informations sur le fonctionnement du système des retraites, complexe et illisible avec ses dizaines de caisses. Ils pensent, à 39%, qu’ils devront partir à 64 ans pour bénéficier d’une pension à taux plein dans les conditions actuelles. Ils sont donc assez pessimistes sur leur avenir.

L’étude montre aussi qu’ils sont prévoyants, 48% des non-retraités préparant déjà leurs vieux jours ; plus tôt, donc, que leurs aînés déjà retraités, 34 ans contre 44 ans. Les actifs d’aujourd’hui épargnent en moyenne 220 euros par mois contre 148 euros pour les générations précédentes, et ils déclarent qu’ils souhaiteraient porter cette somme, en moyenne, à 313 euros chaque mois.

L’entreprise a un rôle important à jouer : 75% des Français interrogés considèrent qu’un dispositif d’épargne retraite est un plus, qui améliore l’image d’une société et contribue à fidéliser ses salariés.

Les acteurs renâclent à remettre totalement en cause la répartition

Les deux dernières tables rondes étaient elles aussi intéressantes. L’une portait sur la place de l’entreprise dans la préparation de l’épargne des salariés, l’autre abordait les tendances d’avenir.

Sur la question de la place des entreprises, étaient conviés le secrétaire national de la CFDT qui a négocié la réforme des retraites, un vice-président de la CPME, la DRH du groupe AFNOR et le directeur Epargne et Retraites d’entreprises de Groupama Gan Vie. Ils étaient tous largement d’accord, l’entreprise doit beaucoup plus s’impliquer dans l’épargne retraite de ses salariés. Le secrétaire national de la CFDT a vanté les mérites d’un système universel à points. Il a souligné que l’épargne n’est pas une pension de retraite et a alerté sur les dangers de la capitalisation. La DRH d’AFNOR a chanté les louanges du système par répartition, parfait selon elle.
Oubliant manifestement que notre système par répartition se fait au prix de prélèvements sociaux très importants, autour de 30 à 35% du salaire net d’un salarié (charges sociales patronales et salariales additionnées). Les dépenses sociales de retraite représentaient 13,5% du PIB en 2019, soit plus de 3 points de plus que l’Allemagne. La DRH d’Afnor paraissait ignorer que dans les pays qui ont adopté, partiellement ou complètement, un système par capitalisation, les actifs et les retraités sont plus riches que chez nous.

Sur les tendances d’avenir, le président du COR a exposé des prévisions alarmistes sur l’avenir de notre système si aucune réforme n’était faite. Il a rappelé que si le nombre d’actifs continuait à diminuer, le taux de remplacement pourrait chuter de manière drastique, de 77% en moyenne aujourd’hui à 44% en 2070. Sur ce point, son intervention était pertinente. Mais il a ensuite mis en avant le fait que les Allemands partent plus tard à la retraite et que leur taux de remplacement des retraités est inférieur au nôtre. Une allégation surprenante puisque les Allemands ont fait le choix de s’ouvrir de plus en plus à la capitalisation tout en assurant la pérennité financière de leur système de base par répartition. En France, les pensions de retraite sont financées de manière artificielle par l’endettement.

La députée LREM est intervenue sans maîtriser son dossier et a multiplié les approximations. Le président du Cercle des économistes, d’obédience libérale, a fait la démonstration que sans capitalisation le système ne pourra tenir très longtemps. Il a plaidé pour la mise en place de contrats d’épargne collective basés sur au moins trente ans, car la durée « lisse » en quelque sorte le risque. Un argument que l’on entend rarement dans les conférences et encore moins dans le débat public alors que ce type de contrats permet des gains annuels très intéressants, souvent supérieurs à 5%. Enfin il a rappelé la nécessité d’éduquer les Français à la finance et à l’économie afin qu’ils soient plus à même d’orienter leurs placements vers des acteurs de l’économie française.

Pour conclure, le président du COR a justement affirmé que la préparation de la retraite relève de décisions personnelles, que chaque Français devrait être libre de choisir entre capitalisation et répartition, et que le système par répartition devrait être ouvert à la concurrence. Rappelons l’exemple du Chili qui, dans les années 80, le gouvernement avait laissé ce choix aux citoyens, pour assurer une transition entre les deux systèmes. Les Chiliens avaient d’ailleurs massivement choisi la capitalisation : le rapport coût/bénéfice très élevé ne laissait guère de place au doute !

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Vos commentaires

  • Le 7 octobre à 08:19, par Ghislaine FEDYCKI En réponse à : Conférences sur les retraites, répartition, capitalisation : on tourne en rond

    ET POURQUOI ON TOURNE EN ROND ????
    nous n’avons même plus le TEMPS de réfléchir !!!!!
    foin de ce TEMPS de l’image et du son qui transmet de l’INUTILE
    Plus que jamais REGARDEZ VOTRE ROUTE sans culpabilité !!!! avec VOS VALEURS et sachez lire les mots hélas on en ajoute mais pas de solutions !!!
    que des mensonges par ORGUEIL
    l’homme n’est pas issu de l’économie !!!
    décroissance et bien encore faut il savoir ce que cela veut dire dans ce monde pourri par l’ARGENT voit les jouets nons en avions peu mais où ensommes nous ???

  • Le 7 octobre à 08:21, par Obeguyx En réponse à : Conférences sur les retraites, répartition, capitalisation : on tourne en rond

    Cherchez à qui profite le crime et vous saurez pourquoi rien ne bouge. Au niveau des retraites comme ailleurs. Je vais finir par croire que la "racaille" n’est pas là où on croit !.

  • Le 10 octobre à 16:35, par Montenay En réponse à : Conférences sur les retraites, répartition, capitalisation : on tourne en rond

    Encore une fois tout ce que l’on reproche à la répartition, et notamment le déséquilibre entre actifs et inactifs, pèse aussi sur l’épargne : ce n’est pas le montant de l’épargne qui compte mais ce qu’on peut acheter avec . Et on ne peut acheter que ce qui est produit. Si il y a proportionnellement moins de producteurs, il y aura moins de choses à acheter quel que soit le montant de la pension ou de l’épargne restante. Revoir : https://www.yvesmontenay.fr/2019/08/06/la-retraite-par-capitalisation-peut-elle-vraiment-saffranchir-de-la-demographie/

    La seule solution est de travailler plus longtemps, c’est juste une cotisation ou d’épargne ne change pas grand-chose. Globalement bien sûr, individuellement ça dépendra de l’habilité ou de la chance de chacun. C’est probablement la raison psychologique de l’attachement à la répartition, qui est un système égalitariste

    Vous voyez bien que je ne suis pas opposé à la capitalisation, mais il ne faut pas lui donner des qualités qu’elle n’a pas

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