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L’Etat culturel est de retour

Le président de la République a créé un nouvel organisme public pour faire « rayonner la culture française à l’étranger ». Pourtant, la France dépense au titre de la culture, 2 fois plus que l’Allemagne et 3 fois plus que le Royaume-Uni. Et, par habitant, 29 fois plus que les Etats-Unis.

On croyait que l’époque des dépenses publiques culturelles décidées par le Prince était révolue. On se trompait. Nicolas Sarkozy vient de créer le « Conseil pour la création artistique ». Selon l’Elysée, ce Conseil devrait être un « laboratoire d’idées, « impulser un changement de culture » et « proposer aux pouvoirs publics une nouvelle politique en faveur de la création artistique favorisant sa diffusion en France et à l’étranger ». Encore un machin administratif pourvu de fonctionnaires et biberonné à l’argent public. Pourtant, les dépenses publiques pour la culture sont largement plus élevées que dans les autres pays et les administrations pour « faire rayonner la culture française » sont légion.

Selon les chiffres de l’OCDE, la France consacre 1,5 % de son PIB à l’ensemble des activités culturelles et de loisirs contre seulement 0,7 % en Allemagne, 0,5 % au Royaume-Uni et 0,3 % aux Etats-Unis. La dépense publique par habitant dans le domaine de la culture est 29 fois plus élevée en France qu’aux Etats-Unis.

Le ministère de la Culture dispose de plus de 3 Mds d’euros et emploie environ 22 000 fonctionnaires qui choisissent les artistes, les programmes culturels et les institutions auxquelles sont attribuées les subventions.

Malgré les dépenses faramineuses, l’Etat est incapable de protéger son propre patrimoine

De plus, le ministère des Affaires Etrangères dispose de son propre budget culturel qui finance 148 groupes culturels et 26 centres de recherches. L’Association Cultures-France qui lui est rattachée bénéficie d’un budget de 29 millions d’euros pour faire « connaître la culture française à l’étranger », une mission que Sarkozy veut confier aussi à son nouveau « Conseil pour la création artistique ».

D’ailleurs, en 2007, la France a dépensé plus d’un milliard d’euro rien que pour la promotion de sa culture à l’étranger contre 680 millions euros pour l’Allemagne et 300 millions pour le Royaume-Uni. Notre réseau culturel à l’étranger (144 centres culturels, 220 Alliances françaises et 255 autres Alliances) coûte environ 375 millions d’euros par an. Par comparaison, le réseau espagnol des Instituts Cervantès coûte 89 millions d’euros par an, celui allemand des Goethe Institut, 180 millions et les British Council, 230 millions.

Avec toutes ces dépenses, avait-on vraiment besoin d’un nouvel organisme public financé par les contribuables ? Le comble c’est que, au même moment où Sarkozy annonçait la création de ce « Conseil », on découvrait que plus de 17 000 œuvres culturelles avaient disparu du patrimoine de l’Etat. Ce qui représente environ 12 % du total des œuvres culturelles appartenant à l’Etat et recensées jusqu’à ce jour. Avant de gaspiller encore plus d’argent public pour le « rayonnement à l’étranger », il vaudrait mieux que l’Etat fasse de l’ordre chez lui et retrouve ce qui appartient de fait aux contribuables.

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