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Crise du lait et émission « Cash Investigation » :
incompétence journalistique ou malhonnêteté intellectuelle ?

Alors que la société Lactalis est éclaboussée par une affaire sanitaire et que certains producteurs se restructurent difficilement avec la fin des quotas laitiers, Élise Lucet a offert aux téléspectateurs une véritable leçon de populisme journalistique. « Produits laitiers : où va l’argent du beurre ? », c’est le titre qu’a donné la journaliste de la télévision d’État à son reportage diffusé mardi dernier sur France 2. Tour d’horizon des raccourcis avec la réalité.

Lactalis : scandale du secret ou discrétion légitime ?

La première entreprise à être la cible des critiques du reportage est Lactalis, leader mondial de l’industrie laitière. La société est accusée de ne pas publier ses comptes alors que la loi l’y oblige. Contrairement à ce qu’Élise Lucet fait dire au ministre de l’Agriculture qui semble mal connaître son dossier, la société n’est pas « au-dessus des lois ». En effet, d’après Europe 1, une instruction judiciaire est en cours[1]. Le Tribunal de commerce de Laval, censé publier les comptes, fait face à un conflit d’intérêts à cause de son vice président qui est aussi un cadre dirigeant de Lactalis. C’est donc en raison de cette relation incestueuse d’affaires (que Cash Investigation prétend avoir découverte) que le Tribunal n’aurait pas réagi à l’absence de publication.

Au-delà du problème judiciaire et administratif, une question de légitimité se pose. En quoi la publication des comptes d’une société devrait-elle être rendue obligatoire envers ceux qui ne détiennent pas de parts ? Les actionnaires peuvent vouloir rester discrets sur leurs opérations, notamment vis-à-vis de la concurrence. C’est à eux de faire leur arbitrage entre transparence et discrétion}. Si des éleveurs estiment que la multinationale engrange trop de bénéfices et qu’elle devrait publier ses comptes, ils devraient être libres de clore leur contrat avec cette société et de vendre leur production à un concurrent. De la même manière, il n’est pas scandaleux que Lactalis mette fin à ses relations librement contractualisées avec Régis Mainguy, producteur laitier qui avait dénigré publiquement la société sur la même chaîne d’État. On apprend d’ailleurs dans le reportage que cet éleveur vend désormais son lait à un autre collecteur.

Sodiaal : simplifications et tromperies sur les chiffres

La seconde entreprise à se retrouver dans le collimateur de Cash Investigation est la coopérative Sodiaal. Regroupant 20 000 éleveurs, elle est aussi l’un des leaders du marché français de la transformation. Présentant une minorité d’adhérents insatisfaits de la chute des prix répercutés par la coopérative, et sans montrer ceux qui ont su s’adapter, Élise Lucet tente de dénoncer le montage juridique mis en place par ce groupe et ses marques. Cette fois-ci, la société revendique la transparence avec ses adhérents. Sodiaal détaille les nombreuses confusions et les erreurs de chiffres dans un document en réponse aux allégations de Cash Investigation[2].

La journaliste explique ensuite que « quand on complexifie les choses plus personne n’y comprend rien ». Ce n’est pas parce que la gouvernance d’une coopérative peut paraître compliquée que c’est complexifié. Dénigrer la réalité du marché en caricaturant ses mécanismes de prix ne peut que travestir la réalité. De plus, les adhérents insatisfaits des choix de la coopérative peuvent les dénoncer lors des élections internes et des assemblées générales. S’ils ne parviennent pas à rassembler une majorité autour d’eux, ils pourraient toujours faire le choix de quitter leur coopérative et de vendre à un collecteur concurrent, voire de créer une nouvelle coopérative si il n y a pas de concurrent dans leur bassin de production.

Le fond du problème : le prix du lait

Après plusieurs dizaines d’années de dirigisme européen, le marché a été partiellement libéralisé par la fin des quotas laitiers. Les prix européens, jusqu’alors artificiellement surévalués par rapport aux cours mondiaux, maintenaient en activité bon nombre d’exploitations peu compétitives tout en pénalisant le pouvoir d’achat du consommateur. L’ouverture du marché a entraîné des restructurations, des faillites ou des reconversions de dizaines de milliers d’exploitants, à l’image de la ferme de Dominique Barbe présentée dans le reportage et dont le mari s’est suicidé. L’État et les syndicats ont soutenu une politique de déni en faisant croire que tous les exploitants allaient pouvoir maintenir leurs activités sous perfusion de subventions. Ce comportement irresponsable des pouvoirs publics a permis une illusion de soutenabilité qui a entraîné une véritable crise sociale qui pénalise aujourd’hui l’ensemble de la filière.

Ignorant les éleveurs français qui ont réussi à prendre le tournant de la compétitivité, Cash Investigation présente un cas particulier pour le généraliser. La journaliste part à la rencontre d’un fermier qui détient 50 vaches. Il a fait un investissement en capital qui se révèle être un gouffre financier suite à la baisse des cours du lait. Présenter cet échec lié à une exploitation probablement trop petite pour le matériel investi ne justifie pas une généralisation à tout un secteur.

La journaliste aborde bien le cœur du problème relatif au prix du lait. Mais là encore, elle se fourvoie en présentant les évolutions des prix sans les corriger de l’inflation. L’IREF a donc refait les calculs en valeur réelle (sur la base des chiffres avancés par l’Observatoire des prix et des marges[3]). L’augmentation du prix du lait au détail entre 2001 et 2016 est alors beaucoup moins importante que celle de la valeur nominale (6 % au lieu de 22 %).

Evolution du prix du lait en valeur nominale et répartition de la marge (en euros)

Evolution du prix du lait en valeur nominale et répartition de la marge (en euros)

Evolution du prix du lait en valeur réelle (base 2001) et répartition de la marge (en euros)

Evolution du prix du lait en valeur réelle (base 2001) et répartition de la marge (en euros)

Ces évolutions posent néanmoins des questions. Comment se fait-il que le prix de la matière première ayant diminué ente 2014 et 2016, cette baisse ne se répercute pas sur le prix payé par le consommateur final ? La part du prix revenant à l’industrie et à la distribution ayant sensiblement augmenté (respectivement + 21 % et + 62 % entre 2001 et 2016), il pourrait être intéressant d’évaluer les éventuelles entraves à la concurrence dans la chaîne de transformation et de vente au détail. Une entente sur les prix des yaourts entre la plupart des transformateurs de la filière entre 2006 et 2012 a par exemple été découverte[4]. Concernant la grande distribution, quatre centrales d’achats concentrent plus de 90 % du marché national. Il aurait été pertinent d’enquêter sur les potentielles barrières à l’entrée permettant la mise en place d’oligopoles des acteurs en place : restrictions aux importations et à l’installation de supermarchés, barrières réglementaires et sanitaires, licences, agréments …

De la même manière, Cash Investigation aurait pu enquêter sur les freins auxquels les producteurs laitiers sont confrontés dans leurs processus de restructuration et d’adaptation au marché mondial. Les difficultés réglementaires et procédurières que rencontrent certains entrepreneurs tels que Matthieu Ramery qui a été le premier à vouloir établir une « ferme des 1000 vaches »[5], les multiples commissions et organismes parapublics tels que les CDOA[6], les SDDS[7], les SAFER[8], les chambres d’agriculture ou les interprofessions pourraient expliquer en partie le manque d’adaptabilité des structures de production françaises par rapport à la concurrence internationale. Le manque de concentration des fermes françaises pourrait expliquer le rapport de force entre l’amont et l’aval de la filière. L’IREF prépare d’ailleurs une étude complète sur la technostructure administrative entourant le secteur agricole, dont la date de sortie est prévue fin février.

La Nouvelle-Zélande : un biais anti-productiviste et de nouvelles erreurs de calcul

Cash Investigation ne limite pas la caricature au cas français. La Nouvelle-Zélande est aussi visée. Ce gros exportateur agroalimentaire mondial démontre pourtant qu’il est possible d’allier la compétitivité à l’absence de dirigisme public et de redistribution forcée. La production agricole néo-zélandaise n’est quasiment pas subventionnée depuis les années 1980[9]. Les agriculteurs ont su se restructurer et agrandir leurs fermes pour faire des gains de productivité via des économies d’échelle. Les troupeaux du pays comptent 420 vaches laitières en moyenne[10], contre une cinquantaine de têtes en France.

Dans la ferme de M. Saunders, un système d’irrigation arrose une prairie qui permet de nourrir les vaches. Cash Investigation calcule le chiffre considérable de 2000 L d’eau nécessaire pour produire un litre de lait. Or ce calcul repose sur l’affirmation du fermier selon laquelle le système d’irrigation à pivot central a un débit de 35 litres par seconde en fonctionnement. L’équipe de Cash Investigation a alors multiplié ce débit par le nombre de secondes dans une journée pour estimer la consommation totale, puis la consommation par vache et par litre de lait. [Or le système ne fonctionne pas tous les jours en continu (il peut pleuvoir, le sol a une capacité de rétention d’eau limitée). Le résultat obtenu par ces mathématiciens en herbe est donc très surévalué car calculé sur 24 heures d’arrosage ininterrompu 365 jours par an.] (partie modifiée après publication suite à un commentaire du 24 janvier, voir ci-dessous).

Le reportage s’attarde ensuite sur les conséquences environnementales de la production néo-zélandaise de lait. On apprend qu’une rivière avoisinante est polluée aux nitrates, ce qui entraîne son eutrophisation. Cash Investigation conclut que le choix réside entre « développer encore les immenses élevages laitiers ou préserver l’environnement, c’est l’un ou l’autre ». Or toute activité économique génère des externalités négatives. Ce n’est pas propre à la Nouvelle-Zélande : en Bretagne, la question de la pollution de l’eau est aussi un sujet d’ampleur sanitaire et environnementale. Encore une fois, « c’est plus compliqué » et il faudrait sortir de la caricature. Le choix n’est pas binaire et un arbitrage peut être trouvé entre développement économique et impact environnemental grâce à la mise en place de systèmes de traitement ou de méthanisation des effluents par exemple.

Enfin, le reportage prétend que les agriculteurs néo-Zélandais sont très endettés, à hauteur de 50 milliards de dollars néo-Zélandais, soit 30 Md d’euros. Rapporté au cheptel, l’endettement s’élève à environ 4 600 €/vache[11]. En France, les exploitations sont en moyenne endettées à hauteur de 200 000 €[12], soit 4000 €/bête environ. L’endettement des producteurs néo-Zélandais est aussi élevé que celui des Français, alors que ces derniers sont en plus subventionnés. Donner le chiffre total de l’endettement pour « faire peur » sans prendre de recul relève simplement du populisme journalistique.

Elise Lucet sait tout : le « juste » prix du lait c’est 340 € pour 1 000 L

Que ce soit dans la bouche d’Élise Lucet, des syndicats ou du ministre de l’Agriculture, le discours ultra-dominant contient toujours les éléments de langage idéologiques suivants : « répartir correctement la valeur ajoutée », « calculer le prix en fonction du coût de production » et « maintenir les petites exploitations familiales ». Comme s’il était simple de trouver la bonne répartition de la valeur, de définir le coût production « normal » et la taille optimale d’une exploitation familiale. Élise Lucet, au mépris des mécanismes de marché et de la formation des prix, nous explique non seulement qu’il serait simple de déterminer de manière centralisée la bonne allocation des ressources, mais propose en plus de fixer tout simplement le prix à 340 € pour 1000 L de lait lors du débat de fin d’émission (« on va se mettre d’accord sur un prix »). Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ?

Le représentant de Lactalis tente justement de faire comprendre que le coût de production n’est pas le même entre une petite exploitation et la ferme des 1000 vaches et que la compétitivité de l’agriculture française sur les marchés internationaux est en jeu (elle s’est effondrée, passant derrière celles de l’Allemagne et des Pays-Bas). De toute façon « la maison mère de Yoplait, Sodiaal, semble davantage préoccupée par sa rentabilité financière que par ses adhérents ». Serait-ce dans l’intérêt des éleveurs que leur coopérative ne soit pas rentable ?

L’aveuglement concernant la compétitivité de l’agriculture française et les raisons du drame social que vivent bon nombre d’éleveurs est très préoccupant. Ce déni atteint même le représentant de Lactalis qui confirme à Élise Lucet que les éleveurs français ne sont ni trop nombreux ni trop chers. Il est déplorable que le bon sens économique ait disparu au profit d’une vision passéiste et anti-productiviste de l’agriculture.

Pour une liberté de la presse véritablement indépendante

La liberté de la presse ne dispense ni de contradicteurs ni d’honnêteté intellectuelle. Entre approximations et erreurs grossières, les éleveurs n’avaient pas besoin d’un tel populisme journalistique. Sans vouloir minimiser la situation désastreuse du secteur, l’IREF estime que le sujet aurait dû être traité avec beaucoup plus de sérieux et de rigueur. Il serait souhaitable qu’Élise Lucet, dont le salaire est payé par le financement forcé de la redevance audiovisuelle publique (25 000 €/mois) fasse des excuses publiques et rétablisse la vérité. Elle pourrait aussi embaucher un mathématicien et un expert-comptable.

Attaché à une liberté inconditionnelle de la presse, l’IREF milite pour la privatisation de France Télévisions[13]. Cela permettra au contribuable de choisir librement quel média il souhaite financer, et a fortiori, de ne pas subventionner l’incompétence et la malhonnêteté intellectuelle d’Élise Lucet et de son équipe.

Cet article a été envoyé par l’IREF à la rédaction de Cash Investigation.

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Messages (8)

Parfait !

le 23 janvier, 09:25 par I-Cube

Je suis de mon côté ce "dossier".
Et vos analyses recoupent les miennes, ce qui reste logique quand on veut aller jusqu'au bout.

Mais j'ai un autre ton : http://flibustier20260.blogspot.fr/ ...

Bien à vous !

I-Cube

- Répondre -

Quelle réalité sur l'industrie du lait ?

le 23 janvier, 10:43 par Conclusion

Effectivement j'étais surpris de l'émission à charge. Heureusement le conseillé en communication de Lactalis était dans la retenue, évidemment très en empathie avec les événements actuels touchants des enfants. D'ailleurs il a souligné son appui auprès des familles, son attitude était très sincère.Pour la vie économique de nos paysans,qu'ils dépendent pour la vente de leur lait, d'une coopérative, d'un groupe industriel,pour nous simples spectateurs une foule d'informations. Bien sûr notre regard acéré analyse, mais pour moi, je ne suis pas convaincu de la pensée dominante de ce reportage. Plusieurs facteurs sont en suspends... Personne n'oblige d'investir dans un secteur très concurrentiels. La fuite en avant d'agrandir sans cesse son activité pour survivre est une chimère À qui profite le crime ? Le crédit des banquiers ?beaucoup de questions sur ce sujet. Quelles orientations auraient du prendre nos paysans depuis la suppression des aides européennes et des divers (cota) eux aussi changés par l'Europe. Non rien n'est simple dans l'émission. Beaucoup de sujets qui méritent d'être abordés en profondeur et débattus sereinement. Pour l'audience je pense que beaucoup de personnes ont changé de chaîne TV..

23 janvier, 14:18 - claude

Je pense que Madame Lucet a , dans son ensemble, très bien traité le sujet. Nous sommes dans une situation d'oligopole en ce qui concerne le ramassage et le prix du lait. Et on ne change pas de production comme de chemise. Le prix du lait est nettement insuffisant pour que les agriculteurs vivent décemment, faut il rappeler qu'il y a 3 suicides tous les 2 jours (Chiffre MSA) et la grande presse ne s'en émeut pas !!! Alors que quelques suicides dans une entreprise ou une administration font la une des journaux pendant des jours. Elle a très bien montré que les prix du lait avait baissé alors que le prix des produit laitiers avaient augmenté laissant des marges plus importantes aux distributeurs et industriels ou coopératives de transformation, ce qui est anormal !!! La comptabilité d'une coopérative est quasi incontrôlable dans son détail par un agriculteur , il lui faudrait beaucoup de temps et une formation d'expert comptable, mais les pouvoirs publics devraient se pencher sur la question d'un prix minimum comme autrefois .

23 janvier, 17:43 - robert.vachy@hotmail.fr

Tout me parait bien compliqué ! Pour bien analyser le problème aucune information sur la qualité du lait selon la variété des conditions d'élevage (ferme à 1000vaches ?)
Peut-on réduire la gestion fermière à celle d'une entreprise industrielle ou commerciale ?
Peut-on négliger le rôle du monde paysan dans l'harmonie entre nature, environnement, sociologie, dans l'analyse purement économique et libérale ?
Mais j'arrête il y aurait tant à dire !
Quant à la journaliste on connaît son penchant politique pour lui reconnaître son manque d'objectivité !

- Répondre -

Une bonne analyse mais pas toujours adaptée.

le 23 janvier, 15:28 par AP

Je vais essayer de faire bref, même si cela entraîne une analyse tronquée comme on peut le voir dans le paragraphe sur Lactalis et Sodial. Après je partage vos idées sur le "biais" donné au reportage.
Votre texte part d'un bon sentiment et en effet, il est nécessaire d'arrêter le French Bashing et d'essayer d'aller de l'avant sur ces questions agricoles.

***Néanmoins, quand je vois :
> "ils devraient être libres de clore leur contrat avec cette société et de vendre leur production à un concurrent"
> "il n’est pas scandaleux que Lactalis mette fin à ses relations librement contractualisées avec Régis Mainguy"

=> Je ne peux que m'offusquer. Ce constat est tout à fait valable sur des filières moins "plastiques" que celle du lait. Par exemple, en céréale votre commentaire parait tout à fait pertinent. Mais en lait la concurrence n'existe quasiment pas en France, et c'est bien dommage. Le modèle est à revoir pour que votre analyse se tienne.

=> Avez-vous déjà lu un contrat entre un producteur et Lactalis ?
Dans les grandes lignes, l'éleveur s'engage sur une durée de 5 ans à livrer un volume donné (qu'il doit atteindre et non dépasser sous peine de pénalités).
En retour, son collecteur s'engage à lui collecter son lait tous les deux jours sans aucun jalon quant au prix qui sera payé à la fin du mois (en cours). Est-ce logique en terme de visibilité et de partage du risque ?

=> Aussi, sur l'arrêt du contrat, il est tout à fait normal que cela entraîne des sanctions. Néanmoins cela peut laisser penser que l'on ne peut commenter la relation contractuelle, si l'on est partie prenante ducontrat. Dans un autre secteurs cela est tout à fait normal. Dans le cas présent c'est plus "compréhensible", les contrats ont été imposés sans possibilité d'échange entre éleveurs et Lactalis. Prenez l'exemple des OP Lactalis qui ne parviennent pas, elles non plus, à s'entendre avec l'entreprise.

***En conclusion, la filière française est enlisée dans un système désormais révolu. Par avancer de manière plus sereine et pérenne, il faut tout reprendre à zéro :
> formation des éleveurs
> conseils
> financement
> structuration de la filières
> contraites
> etc

A votre disposition pour échanger

25 janvier, 11:42 - Laurent Pahpy

Merci pour votre commentaire.

Je partage votre analyse sur le manque de concurrence qui implique des contrats très difficiles à tenir pour les éleveurs.

Cependant, ces difficultés pourraient selon moi s'expliquer par deux raisons (qui ne sont pas incompatibles) :
1. "sur"centralisation de la transformation grâce à des barrières à l'entrée légales qui impliquent moins de concurrence et qui entrainent une position oligopolistique des acteurs en place
2. "sur"atomisation de la production due aux restrictions légales quant à la concentration des fermes françaises. Des plus grosses fermes permettent d'être à la fois plus compétitif et de donner plus de pouvoir de négociation face au collecteur.

J'aurais tendance à pencher vers la seconde explication dans la mesure où les fermes françaises sont 4 à 5 fois plus petites que les fermes néo-zélandaises. De plus, en NZ, une coopérative (Fonterra) est en position ultradominante (plus de 90 % du marché), ce qui en fait un marché encore plus concentré qu'en France tout en étant plus compétitif.

A votre disposition pour échanger, par mail laurent@pahpy.com, twitter @LaurentPahpy

- Répondre -

La vérité est demandée

le 23 janvier, 18:18 par GIRAULT

Puisque casch investigation aurait largement menti dans cette émission, osez un vrai débat télévisé, votre silence serait un aveux de malhonnêteté de votre part.
J'attends une réponse

- Répondre -

Crise du lait

le 23 janvier, 19:25 par Mesnil

Vous-mêmes en écrivant votre article sur le reportage d‘Elise Lucet avez une analyse plutôt étroite de la situation et en tout cas très « mondialiste ». A trop écouter des gens comme vous, on passerait la France par pertes et profits au bénéfice de pays en voie de développement ou de grosses sociétés qui au bout du compte aboutiront à la ruine de notre société. Mais, c’est bien le but recherché.

- Répondre -

Liberté de choix

le 24 janvier, 07:56 par @broncy2

L’industrie laitière n’est pas parfaite mais les producteurs dont je fais partie n’ont pas toujours fait les bon choix. La coopérative SODIAAL propose plusieurs alternatives de production : produire du volume, au prix du marché international (prix B) ou faire des choix totalement différents (le bio payé jusqu’à 500€/1000litres). Il me semble que la charge contre SODIAAL n’est absolument pas justifiée et totalement démesurée.

- Répondre -

la règlementation sur l'irrigation doit être "un peu" différente de la notre

le 24 janvier, 13:58 par l'irriguant fou

d'accord avec une grosse majorité de votre article, mais pas sur l'irrigation en NZ. Le système de pivot que l'on voit dans le reportage de notre chère et tendre Elise, est effectivement fait pour tourner 24/24 et s'est d'ailleurs sont principal intérêt par rapport à tous les autres systèmes d'irrigation, l'irrigation de nuit est nettement plus efficace. 35 litres/sec pour ce pivot qui arrose 75 ha, cela correspond à 28 mm d'eau d'irrigation apportée par semaine en tournant 24/24, on est juste dans les bons ratios et c'est donc tout de même 3000 m3/jr. par contre pour le milliard de litre/an, il faudrait qu'ils arrosent 11 mois sur douze. ça fait un peu ! quand aux 2000 litres/litre de lait, j'ai complètement décroché

25 janvier, 13:03 - Laurent Pahpy

Merci pour votre commentaire.

En effet, je dois des excuses aux lecteurs de l'IREF, votre observation sur l'irrigation est tout à fait juste. Nous allons corriger l'article.

Le système d'irrigation à pivot central doit probablement fonctionner la nuit comme vous l'indiquez. Votre calcul de 28 mm/semaine donne 1500 mm/an. Or, d'après ce papier https://www.grassland.org.nz/public ..., l'irrigation annuelle pour cette technologie tourne plutôt autour de 200 à 400 mm/an, avec un extrême moins de 1000 mm/an. L'hypothèse de calcul de Cash Investigation d'une irrigation continue 24h/24 365 jours par an à 35 L/s semble donc clairement abusive (il pleut, le sol à une capacité de rétention limitée, ...).

Si on prend la moyenne indiquée par le papier (300 mm/an) et si on estime à environ 500 le nombre de vaches sur la prairie de 76 ha de M. Saunders (je ne les ai pas comptées une par une dans la vidéo, mais il y en a plusieurs centaines) pour une production moyenne de 8000 L/vache/an, on obtient :

(0,3 * 760 000 * 1000) / (500 * 8 000) = 57 L d'eau pour 1 L de lait.

Même avec une marge d'erreur à +- 100% on est très loin des 2000 L d'eau pour 1 L de lait avancés par l'équipe d'Élise Lucet.

A votre disposition pour échanger, par mail laurent@pahpy.com, twitter @LaurentPahpy

- Répondre -

Cash investigation.

le 31 janvier, 09:36 par Berthou Pierrick

Madame, Monsieur.
Je suis producteur de lait à Quimperlé.
Je viens de lire votre article sur l'émission cash investigation, votre analyse est tout simplement honteuse. Il est possible que Mme Lucet ait été parfois approximative, mais elle n'est pas plus malhonnête que vous !À la lecture de votre article , nous comprenons que vous ne savez pas de quoi vous parlez, pour le coup je vous trouve tout simplement incompétent. Si le coeur vous en dit ,et, si vous osez vous frottez à un producteur de lait qui vit au quotidien la crise actuelle et celle qui arrive,je serai ravi d'échanger avec vous , afin d'éclairer votre lanterne. Je ne doute pas qu'à l'issue vous de notre échange votre vision de la situation aura notablement changée.
Très respectueusement.
Berthou Pierrick.

31 janvier, 11:01 - Laurent Pahpy

Monsieur,

N'hésitez pas à critiquer l'article sur le fond ou à me contacter par mail laurent@pahpy.com. Je serais ravi d'échanger avec vous.

Cordialement,
Laurent Pahpy

28 février, 17:01 - lys

Super article, permettant d'avoir une autre vision de la situation par rapport à d'autres pays ou le secteur est prospère.

Est-ce que lorsque vous échangez, cela peut apporter des modifications à votre étude économique au vu du message ci-dessus ?

Cordialement

- Répondre -

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