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Vers un renouveau des relations entre l’Amérique et l’Afrique ?

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Mohamed Moutii note dans un récent article que les dirigeants africains entendent désormais pouvoir accéder aux capitaux américains, plutôt que de recevoir passivement des aides. Plus généralement, le continent africain veut s’ouvrir de plus en plus sur le reste du monde.

La Chine a compris très tôt comment l’ouverture grandissante de l’Afrique aux capitaux et aux échanges constituait pour elle une occasion pour continuer d’étendre son influence. Ainsi le commerce de la Chine avec l’Afrique a atteint 254 milliards de dollars en 2022. Par contraste, les échanges bilatéraux de marchandises entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne s’élevaient à 44,8 milliards de dollars en 2021. La Chine investit en outre massivement dans des projets d’infrastructures, comme la ligne ferroviaire Standard Gauge Railway, reliant Mombasa et Nairobi, inaugurée en 2017.

Ainsi que le dit fort justement Mohamed Moutii, le fait que l’Afrique veuille accroître les échanges commerciaux et attirer les capitaux constitue une fenêtre d’opportunité tant pour l’Amérique que pour les pays africains. Selon Afrobarometer, environ 70 % des Africains ont une préférence pour la démocratie et un système de gouvernement transparent. En soutenant plus activement les démocrates africains, les États-Unis agiraient aussi conformément à leurs intérêts, et rééquilibreraient sans doute le rapport de force avec la Chine.

Il faut continuer à encourager le libre-échange, non seulement entre pays africains, mais aussi entre l’Afrique et les pays d’autres continents. La mise en place d’une zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) va ainsi dans le bon sens. Mais il reste encore beaucoup à faire. En 2020, l’organisation Freedom House rappelait qu’il existe toujours une majorité de pays en Afrique « partiellement libres » (Côte d’Ivoire, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal…), ou « non libres » (Algérie, Angola, Cameroun, Chad, Djibouti, Égypte, Éthiopie, Gabon, Maroc, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Somalie, Soudan, Sud-Soudan, Zambie…). Or il ne peut y avoir de prospérité durable sans confiance préalable des acteurs économiques dans les institutions, et sans un État de droit qui garantisse le respect des contrats.

Pour continuer à voir le commerce croître et à attirer des investissements, il est impératif de garantir l’État de droit, de faciliter la possibilité pour les innovateurs de créer une entreprise, et d’assurer le respect des droits de propriété. Américains – et Occidentaux plus généralement – ne peuvent se substituer aux dirigeants africains dans la réalisation de ces objectifs, mais ils peuvent les encourager à emprunter cette voie.

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1 commenter

GNA46 23 mars 2023 - 5:17

Finalement, ça valait le coup que Mc Rond aille s’encanailler là-bas pendant quelques jours, et aux frais du con-tribuable, pour, soi-disant, renouer avec nos « Amis » africains qui n’aiment que nous. Et on voit bien le résultat effectivement.

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