Accueil » Sans brevets, il y aura sûrement moins d’innovation

Sans brevets, il y aura sûrement moins d’innovation

par Nicolas Lecaussin

Selon un sondage repris par l’organisation gauchisante Oxfam (quelle coïncidence !), 63 % des Français seraient favorables à une levée des brevets pharmaceutiques. Les sondés estiment que les laboratoires pharmaceutiques devraient partager leurs technologies avec d’autres. Environ 70 % des sondés estiment que ce partage devrait être obligatoire. Le sondage ne concerne pas uniquement le vaccin anti-Covid, mais les vaccins en général.

Rappelons aux sondés que les coûts en recherche et développement de ces produits (vaccins, médicaments) sont particulièrement élevés pour l’industrie pharmaceutique, car ces entreprises prennent de gros risques, souvent sur plusieurs décennies. En effet, seule, une petite quantité de médicaments et de vaccins reçoit l’autorisation des pouvoirs publics, et de très nombreux médicaments commercialisés ne permettent pas toujours de recouvrir les coûts de leur investissement. Puis, il ne faut pas négliger la satisfaction personnelle du chercheur la nécessaire rétribution de son talent et de son travail qui se fait aussi grâce aux brevets déposés. En sachant que n’importe qui pourrait s’emparer des résultats de plusieurs années de travail, aurait-il encore envie de continuer ? Si l’innovation est tellement importante et rapide aujourd’hui, c’est aussi et surtout grâce aux brevets.

Vous pouvez aussi aimer

7 commentaires

Ba 7 mars 2021 - 9:17

Point de vue non conforme au libéralisme
M. Lecaussin, avez-vous lu le livre La propriété industrielle, de Stephan Kinsella ?
L’ensemble de vos objections à la disparition des brevets est traité dans ce livre de référence. Tout libéral doit avoir lu ce livre.
Le point de vue libéral sur les brevets, c’est qu’ils n’ont aucune raison d’être car ils sont contraires au droit de propriété, donc contraire au droit naturel. Et aucun dégât sur l’innovation ne résulte de l’absence de brevets. L’exemple emblématique est le développement des logiciels.
L’industrie pharmaceutique n’a rien de différent. Et vous ne pouvez pas prendre prétexte des surcoûts énormes imposés à l’industrie pharmaceutique du fait des exigences des États, pour défendre l’existence des brevets.

Répondre
Nicolas Lecaussin 7 mars 2021 - 9:53

Point de vue non conforme au libéralisme
Cher Monsieur, combien de brevets a déposé Stephan Kinsella ? Blague à part, c’est vous qui affirmez que c’est le point de vue libéral… Pour moi, le point de vue libéral c’est que le brevet c’est la propriété et l’innovation. Je connais trop de personnes qui ont déposé des brevets et qui, grâce à ça, ont fait énormément pour le libéralisme. Il faut laisser un peu de côté la théorie et faire confiance à la pratique. Pour ce qui est des laboratoires pharmaceutiques, Pfizer par exemple, existe depuis 1849. Sans les brevets, il est très probable, qu’il n’existerait même pas aujourd’hui…
Cordialement

Répondre
Philippe_ 8 mars 2021 - 10:16

Un point de vue d’inventeur
En tant qu’inventeur et ayant déjà accordé des licences d’exploitation, je suis assez d’accord avec la suppression des brevets. Les brevets ne profitent qu’aux gros industriels, pas aux petites entreprises. M. Lecaussin, avez-vous déjà déposé un brevet ? Connaissez-vous les coûts énormes des extensions ? Et les frais de rédaction — les brevets sont généralement rédigés par des cabinets spécialisés en propriété industrielle ? De traduction ? Pour les gros de l’industrie, ce n’est pas un problème. Vous prenez exemple de Pfizer, pour ma part je prends exemple sur des PMI que je connais. Et pour ces petites entreprises, ces coûts sont rédhibitoires.

Or ce qui se passe aujourd’hui, c’est que les brevets sont utilisés par les gros de l’industrie pour faire plier les petits avec des actions judiciaires incessantes et tellement dispendieuses que ça menace même leur existence (ce qui est d’ailleurs le but de ces attaques). Regardez ce qui se passe chez Apple où c’est une guerre juridique permanente entre détenteurs de brevets, où les gros avalent les petits.
Non, le brevet n’est pas (ou plus) le droit à la propriété d’une découverte en échange d’une publication/révélation, mais le droit d’attaquer les concurrents les plus fragiles, c’est-à-dire les plus petits. Les brevets favorisent aujourd’hui la création de monopoles.

Je suis totalement d’accord pour la suppression du système des brevets et son remplacement par le droit d’auteur comme pour les logiciels. Le droit d’auteur est aussi un droit de propriété. Ça dynamiserait les PME et PMI qui, pour la plupart, n’ont pas les moyens de déposer des brevets à l’international.

Répondre
Nicolas Lecaussin 8 mars 2021 - 10:26

Un point de vue d’inventeur
Cher Monsieur, j’ai connu et travaillé avec des personnes qui ont déposé des brevets et qui ont financé, grâce aux brevets, des think tanks libéraux. Je vois que vous êtes néanmoins d’accord pour les ..droits d’auteurs. Je vous l’accorde, il est plus facile et plus intéressant de déposer des brevets ailleurs, aux Etats-Unis par exemple, qu’en France. Vous parlez des grands mais avant de devenir grands ils étaient petits…
Bien à vous

Répondre
PhB 14 mars 2021 - 5:43

Le brevet ne profite généralement pas au chercheur
Contrairement aux Etats Unis, en France quand vous êtes salariés de l’Industrie ou de la Recherche et que vous déposez un brevet, c’est l’Entreprise où l’entité à laquelle vous appartenez qui touchera les droits.
Dans mon entreprise avec certains collègues, nous avons été amené à déposer des brevets, démarche fastidieuse en plus, sans n’avoir de retour financier. Il a fallu se battre avec les partenaires sociaux pour que soit établie une petite règle de gratification: qui elle est unique : un « one shot ». Bref une aumône. Je suis d’accord avec la suppression des brevets et leur remplacement par des droits d’auteurs, gratifiant les concernés physiquement.
PhB

Répondre
PhB 14 mars 2021 - 5:45

Pas d’accord: en France les déposants sont spoliés
Contrairement aux Etats Unis, en France quand vous êtes salariés de l’Industrie ou de la Recherche et que vous déposez un brevet,
c’est l’Entreprise où l’entité à laquelle vous appartenez qui touchera les droits.
Dans mon entreprise avec certains collègues, nous avons été amené à déposer des brevets, démarche fastidieuse en plus,
sans n’avoir de retour financier. Il a fallu se battre avec les partenaires sociaux pour que soit établie une petite règle
de gratification: versement qui a été unique : un « one shot ». Bref une aumône. Je suis d’accord avec la suppression des brevets
et leur remplacement par des droits d’auteurs, gratifiant les concernés physiquement.
PhB

Répondre
Nicolas Lecaussin 14 mars 2021 - 6:14

Pas d’accord: en France les déposants sont spoliés
Cher Monsieur, je connais plein de cas comme le vôtre, en effet. Mais il faut changer le système, pas supprimer les brevets. Faire comme aux Etats-Unis, comme en Israel, etc…
Cordialement

Répondre

Laissez un commentaire