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Privatisation de Channel 4 : l’industrie des médias britanniques en panique

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Channel 4, chaîne de télévision britannique de service public, est en discussion avec le gouvernement pour trouver de nouveaux modes de financement, et ainsi éviter la privatisation. Selon Michelle Donelan, secrétaire d’État à la Culture, la diminution du nombre de téléspectateurs pourrait poser un problème à long terme. L’avènement du streaming remet en cause le modèle des sociétés de télévision traditionnelles, trop souvent en décalage avec un paysage médiatique concurrentiel et en constante évolution.
Bien que Channel 4 connaisse une croissance comparable à celle de Netflix et Amazon Prime Video, le modèle économique du groupe repose principalement sur des recettes publicitaires. Pour éviter la privatisation, le groupe envisage de vendre le siège social de Londres, et de développer son service de streaming dans le monde entier. Une solution écartée dans le passé.
La privatisation de la chaîne a été envisagée par les différents gouvernements depuis sa création en 1982, mais a toujours été exclue à cause de l’impact qu’elle aurait sur la programmation et le secteur de la télévision indépendante. Pourtant, la mise en concurrence aurait pu rapporter plus d’un milliard de livres sterling au gouvernement. Une somme qui aurait pu ensuite être réinvestie dans la production indépendante.
Sans surprise, l’industrie des médias britanniques s’y oppose frontalement et brandit l’étendard de la “souveraineté nationale”. Une privatisation impliquerait de redoubler d’efforts pour être à la hauteur des exigences des téléspectateurs – comme le font les services mondiaux de streaming tels que Netflix, Amazon Prime Video, ou encore Disney + dans le divertissement.
Des exigences auxquelles l’éditeur-diffuseur ne semble pas répondre : un rapport de 2016 avait souligné que « les recettes probables étaient faibles et les avantages revendiqués largement illusoires » en cas de privatisation. Autrement dit, la survie de Channel 4 est peu probable dans un environnement concurrentiel. Le statut de “service public” serait-il devenu l’ultime paravent pour justifier l’existence de chaînes de télévision de piètre qualité ? Même si le groupe ne dépend pas des fonds du contribuable, le statut protecteur des médias publics se défend difficilement : le marché de l’information est un marché comme un autre, et l’Etat n’a jamais été le garant historique d’une information inconditionnellement fiable ou détachée de toute influence extérieure.

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