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L’agence Fitch sanctionne l’étatisme et l’absence de réformes en France

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C’était prévisible. L’agence de notation financière internationale Fitch a annoncé avoir abaissé la note de la France à « AA-« . Nombreux sont les médias et les commentateurs qui voient dans cette dégradation la conséquence des manifestations contre la réforme des retraites ou tout simplement le résultat direct de cette réforme. En réalité, Fitch sanctionne l’absence de réformes en France et le poids de l’Etat. Ses constats sont évidents. Fitch s’attend à ce que la dette des administrations publiques rapportée au PIB reste sur une tendance à la hausse, reflétant des déficits budgétaires relativement importants et des progrès modestes en matière d’assainissement budgétaire. Elle prévoit un déficit budgétaire de 5,0 % du PIB cette année, supérieur au niveau de 4,7 % de 2022 en raison d’une « croissance économique plus faible et d’une hausse des dépenses indexées sur l’inflation ».  Il devrait retomber à 4,7 % l’an prochain avec la suppression progressive des mesures de soutien à l’énergie. L’assainissement budgétaire au cours des années précédant la pandémie a été faible, malgré une période de croissance plus forte, et « la plupart des mesures d’assainissement visant à atteindre les objectifs de dépenses réelles à moyen terme restent à préciser ». Autrement dit, le gouvernement a été incapable de mettre en place un vrai programme de réformes.

Hausse des dépenses et trajectoire incertaine des revenus à court terme. À moyen et long terme, l’adoption récente de la réforme des retraites sera modérément positive, générant des économies brutes annuelles de 17,7 milliards d’euros d’ici 2030 (0,6 % du PIB). La dette publique générale s’élevait à 111,6 % du PIB à la fin de 2022, la plus élevée des pays notés « AA » et plus du double de la médiane « AA » de 48,4 %. Les prévisions de Fitch concernant la dette publique de la France la place sur une trajectoire ascendante régulière à 114,3 % du PIB d’ici fin 2027, soit environ 17 points au-dessus du niveau d’avant la pandémie. L’augmentation des charges d’intérêts rendra l’assainissement budgétaire plus difficile. Ces charges ont déjà fortement augmenté l’an dernier, de 15,2 milliards d’euros ou 0,6 % du PIB. La réforme des retraites est largement insuffisante et aucune réforme de l’Etat, aucune baisse des dépenses publiques n’est en vue. Il y a quelques jours, selon Eurostat, la France a confirmé son statut de championne des dépenses publiques : 58,1 % du PIB, alors que ces dépenses s’élèvent en moyenne (en 2022) à 50,8 % du PIB dans la zone euro et à 49,8 % du PIB dans l’Union européenne. En Allemagne, ces dépenses représentent 49.7 % du PIB, soit 8.4 points de moins que dans notre pays. La dégradation de la France n’est donc pas du tout une surprise. La seule façon d’y remédier, c’est d’appliquer la devise « moins d’Etat et moins de dépenses publiques. »

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5 commentaires

Laurent46 1 mai 2023 - 4:45

OU peut-être simplement le comportement de Macron et de sa clique qui sont méprisé à travers le monde par tous les leurs qui ne se gênent plus de le faire savoir.
la solution était de démettre toute cette incompétence mais une d’autres du même niveau préfère les beaux costumes et cravates pour certains, le guenilles pour d’autres ce qui montre déjà le niveau de la relève !

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Patrice 2 mai 2023 - 8:54

« qui sont méprisé à travers le monde par tous les leurs qui »…
« démettre toute cette incompétence mais une d’autres… »
Euh…Gé pas tou con pris

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Roven 1 mai 2023 - 6:51

La dégradation de la note de Fitch tient non seulement à l’excès croissant de la dépense publique française, mais encore :
– au fait que celle-ci ne génère pas d’investissement qui pourrait faire remonter notre production. Bien au contraire, nous empruntons à terme pour financer des dépenses courantes immédiates et nous refinançons la dette que nous ne pouvons solder par d’autres emprunts… Bravo les chèques à tout va pour que le bon peuple aime son napoléon le nano…
– au fait que le consentement à l’impôt, garant des remboursements de la dette, commence à craquer, d’où la tentative de communication actuelle pour nous faire adhérer au gaspillage public !

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maxens 1 mai 2023 - 7:09

Si ce n’est pas déjà trop tard, le régalien, le régalien, le régalien, et pour les autres postes: chacun se démerde, arrêtons de se croire un pays riche

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Astérix 1 mai 2023 - 7:10

Ce n’est que le début de dégradations successives par les agences de notation. Il s’agit non pas d’un épisode mais d’un problème de fond de la France. Rien de surprenant compte tenu de la gestion lamentable du pays depuis des années, mais avec une sorte de record sous Macron et sa clique !
Continuons !

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