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La gauche pense que le statut de fonctionnaire est menacé en France

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Nous ne nous en étions pas rendu compte, mais le statut de la fonction publique serait gravement menacé en France.

Le 13 juillet 1983, le ministre communiste Anicet Le Pors faisait voter une loi sur le statut général des fonctionnaires, actualisant et renforçant les dispositions législatives précédentes (de 1946 et 1959). Dans une tribune parue il y a quelques jours, le même Le Pors – assisté de Marylise Lebranchu, ancienne ministre de la Fonction publique, de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT et de l’un de ses prédécesseurs Bernard Thibault, de Mathilde Panot et Boris Vallaud, présidents des groupes LFI et PS à l’Assemblée nationale, de Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, du communiste Fabien Roussel, d’Annie Ernaux, notre dernier prix Nobel de littérature, et bien d’autres – affirme que le statut général des fonctionnaires est menacé par des « années de néo-libéralisme » et d’austérité !

Pour les signataires de la tribune, les services publics et la fonction publique « sont des atouts précieux » et même « un bien irremplaçable » que la loi du 6 août 2019 – qui a notamment réduit un peu le pouvoir des syndicats et élargi les possibilités de recours aux contractuels – met en péril. Cette loi serait un « outil permettant tous les reculs ». Ils demandent donc son abrogation.

Si seulement le statut de la fonction publique était vraiment menacé, nous n’aurions qu’à nous réjouir. Car il est un véritable boulet – embauche à vie, avancement à l’ancienneté, etc. – qui empêche une gestion efficiente des ressources humaines et, par-là, des services publics. Il est nécessaire de le restreindre aux fonctions régaliennes de l’État.

D’ailleurs, si le statut est dénigré aujourd’hui, ce n’est pas tant par les politiques – la droite fort critique sur la loi de 1983 n’a jamais osé l’abroger – que par les jeunes. Ils boudent les emplois publics, le statut étant devenu pour eux un véritable repoussoir. Ils ne veulent plus être enfermés à vie dans un carcan, mais rêvent d’indépendance.

C’est peut-être faute de candidats que la fonction publique sera contrainte de s’alléger, de recruter en dehors du statut et de confier de plus en plus de missions au privé. Comme quoi il ne faut pas toujours désespérer de la jeunesse…

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3 commentaires

Oncpicsou 10 juillet 2023 - 7:18

Gauche, en terme de métier, signifie « tordu » une fois de plus elle tord la réalité par de fausses affirmations.
Ce qui met le statut de fonctionnaire en danger c’est son inefficacité, la charge écrasante qu’il fait peser sur les finances et la compétitivité du pays ainsi que sur le pouvoir d’achat du privé.
Avec deux fois moins de fonctionnaires pour faire le même travail (je n’exagère pas) elle ne serait pas en danger.
Il est urgent de « dégauchir  » la France et de la libérer des mensonges de cette ideologie INHUMAINE.

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Duf 10 juillet 2023 - 8:29

Vieux débat que celui qui entoure le statut de la fonction publique. Dans un monde idéal c’est sans aucun doute le statut le plus adapté à une société équilibrée. Hélas le monde n’est pas parfait puisqu’il est le fruit de volontés politiques souvent partisanes et d’intérêts individuels faits de petits privilèges. Aujourd’hui nous avons la fonction publique parmi les plus chères et les moins performantes. A l’évidence, ce modèle ne fonctionne pas dans notre société telle qu’elle est à ce jour. Modifier la société serait long et politiquement peu propice à la durée de vie des politiques donc ces derniers vont opter sur l’équilibre CDI – CDD au profit des CDD. ce n’est que le fruit de nos comportements individuels.

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Maellys93 10 juillet 2023 - 9:27

Encore une illustration de l’INCURIE (une de + ) de la génération «boomer»!!!

Cette génération a toujours rêvé d’avoir ses enfants et ses petits enfants dans l’administration de l’État, des collectivités locales et dans tous ces « machins technocratiques » qui gravitent autour !

C’est bien elle qui a mis au pouvoir en 1981 et a confirmé en 1988 les personnes que vous citez dans votre article.

Les « papy-boomers » portent une grande responsabilité de l’inefficacité et de l’explosion des coûts de fonctionnement du service public que nous constatons actuellement !

Honte à cette génération!

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