Institut de Recherches Economiques et Fiscales

Faire un don

Nos ressources proviennent uniquement des dons privés !

anglais
Accueil » Fourniture de munitions à l’Ukraine : parions sur la flexibilité du marché et la coopération entre économies libres

Fourniture de munitions à l’Ukraine : parions sur la flexibilité du marché et la coopération entre économies libres

par
572 vues

L’économiste Paul Krugman, qui se définit comme un « liberal » (au sens américain de « partisan de l’interventionnisme étatique dans la vie économique »), revient dans un article du New York Times (traduit en français dans le dernier numéro de Challenges) sur la pénurie d’obus d’artillerie qui existe en Occident depuis trois ans. Une situation d’autant plus critique que les besoins de l’Ukraine en munitions excéderaient ce que l’Occident est actuellement capable de produire. Pour Krugman, la question essentielle n’est pas tant « combien les pays occidentaux dépensent pour aider militairement l’Ukraine ? », mais « comment fournir le type de matériel militaire dont l’Ukraine a précisément besoin ? » Le fait que ces munitions soient si difficiles à trouver révèlerait selon lui une faiblesse de nos économies occidentales : « celles-ci, écrit-il, sont loin d’être aussi souples que beaucoup de gens, moi compris, ne le pensaient », et peineraient ainsi à se réorienter lorsque les circonstances l’imposent. Mais que faut-il en conclure ? Que l’État devrait intervenir davantage pour redéfinir la production de matériel militaire en fonction des besoins spécifiques de l’Ukraine ? Permettons-nous ici un petit rappel historique.

L’historien Arthur Herman a montré dans son livre Freedom’s Forge (2012) comment la victoire des Alliés lors de la Deuxième Guerre mondiale peut être attribuée pour une large part au dynamisme et à la flexibilité extraordinaires de l’économie américaine. En 1940, l’armée américaine était… la 18e armée mondiale. Afin de faire de l’Amérique une puissance militaire de premier ordre, le président F. D. Roosevelt choisit de faire confiance à un homme d’affaires, le président de General Motors, Bill Knudsen. Celui-ci demanda alors à plusieurs grands industriels (parmi lesquels K. T. Keller, président de Chrysler, et Henry John Kaiser, qui devait inventer les « Liberty ships ») s’ils pensaient être capables de produire navires de guerre, avions militaires, chars et munitions en nombre suffisant – ce alors qu’ils n’en avaient jamais fabriqués ! En un temps record, l’économie américaine est devenue une véritable économie de guerre, produisant environ 280 000 avions de guerre, 8 800 navires de guerre, 90 000 chars et 41 milliards de cartouches.

N’oublions donc jamais cette leçon de l’histoire : en temps de crise, le volontarisme étatique est nécessaire pour passer commande, mais la capacité de production repose essentiellement sur l’adaptabilité du marché. De même qu’il faut faire confiance à la coopération entre économies libres. (Le même magazine Challenges nous apprend ainsi que la Corée du Sud va prêter aux États-Unis 500 000 obus d’artillerie, « ce qui pourrait donner à Washington, lit-on, une plus grande souplesse pour fournir des munitions à l’Ukraine ».)

Abonnez-vous à la Lettre des libertés !

Vous pouvez aussi aimer

Laissez un commentaire

2 commentaires

pierre-georges thomas 17 avril 2023 - 9:08

Tout n’est pas du domaine capitalistique! je pense qu’il faut avoir des notions de ce qu’est une munition d’artillerie ou un obus de char! croire que le marché est adaptabler c’est méconnaitre notamment l’histoire! en 1914 nous avons(et les enemis aussi) étré confrontés rapidement à une pénurie d’obus bien que nos stocks de l’époque n’avaient rien à voir avec la situation actuelle, cela était du notamment au fait que nous pensions à des guerres courtes! pour y remédier la fourniture d’obus a été « délocalisée à de nombreuses firmes privées nons spécialisées dont Renault etc! le résulktat en a été un nombre impression nant d’obus explosant dans les tubes avec comme conséquences outre le destruction du tube mais aussi ce qui est plus important nombre d emorts et de mutilations, car ce n’est pas parce que l’on est industriel que l’on est comp »étent! depuis des années les experts prédisaient la fin des guerres haute intensite donc nos armées ont vu leur format réduit! (deja officier dans les années 90 et debut 2000 je rigolais de voir que nos livres blancs de la defense ne prenaient comme hypotheses non pas la realité mais le format decide par le politique de nos armées et nous pensions (eux pas moi!) que nous aurion 6 à 8 mois pour nous adapter à une crise majeure seulement voila on a détruit notre outil! un obus de nos jour c’est quelque chose de complexe, nous avions un atrelier de chargement à Sa&lbris que l’on a ferme dans les années 90 (avec primes de depart etc) et au moins un des chaines de chargement a et(e vendue je crois à la Chine! mais pourquoi faire des obus puisque vu leur pri:x et le nombre de canons (Entre autee 72 Cesar) ce n’est pas en tirant quelques obus par an que l’on peut justifier d’une induisterie privée!!! (et c’est pareil pour les US..Nous avons au total 171 mortiers de 120mm dont sans doute 40% en mainteance et tous dans l’artillerie de mon temps nous avions une section mortiers lourds en regiment para donc le chef de corps n’avait pâs besoins de passer par la division pour demander un appui (en theorie! bref comme le disait Zemour nous avons 3 jours d emunitions pour un combat haute intensite (3 unites de feu) mais de toutes manieres nous n’avions deja pas dans les années 90 la capacite de le steranspoorter tous aux unites engagees .. On peut à la limite passer de smarches mais lorsque le conflit uktrainien sera fin i ce sera comme pour les masques avec le COVID les usines fermeront, en outre ilmaginons que nous decidions d’avoir en stock deux mois de stock haute intensite, nous n’aurions meme pas les capacites de stockage! les quelques armées occidentales qui restent ont été dimensionnées pour donner des baffes à des gueux en guenilles (type sahel) et déja là on voit vite les limites! au debut de l’intervention au mali on a fait des bourses aux rangers pour pouvoir equiper nos soldats car ce type de souliers s’use vite, nos soldats achetent sur leurs deniers une partie des equipements (chez Welkit notamment) mais ce n’est pas nouveau deja en 90 en Yougoslavie nous n’avions pas de carte routiere (1 à deux par convoi! j’avais achete la mienne..
déja dans les anné’es 90 vu le prix des missiles les 3 regiment d’artillerie sol air equipes de Hawks n’avaient chaque née qu’une seule batterie qui tirait en réel à Biscarosse les autres venaient voir! (ce type de formation a d’ailleurs failli nous couter cher au Tchad lorsque la batterie hawck a du tirer sur un bombardier libyen (dans les années 80 deja)

Le probleme n’est pas le marche, mais la politique que veut on mis a part les mouvements de bras!
Si je me base sur le s informations l’effort de defense que nous allons faire sera totalement insuffisant pour nos armées et des progeammes vont être retradés!

Répondre
maxens 24 avril 2023 - 8:18

On a abandonné les secteurs régaliens: Santé, armé, police, justice, en préférant distribuer des aides sociales à vue électoraliste. Tôt ou tard, on paiera cette hérésie

Répondre