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En crise, la Chine joue la carte nationaliste et militaire

par Nicolas Lecaussin

La rhétorique menaçante du Parti communiste chinois à l’égard de l’Amérique est de plus en plus virulente. Les autorités de Pékin viennent pratiquement d’ordonner à Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, de ne pas se rendre au Taïwan en visite officielle. Cette attitude n’est pas anodine.  L’économie chinoise semble de plus en plus fragile, il n’est donc pas surprenant que le président Xi Jinping choisisse le discours nationaliste pour détourner l’attention.

Officiellement, en début d’année, Pékin s’est fixé un objectif de croissance du PIB de 5,5 % en 2022, ce qui est modeste par rapport aux normes historiques. Même le Parti semble admettre que le pays n’atteindra pas cet objectif, car la croissance n’était que de 2,5 % au premier semestre. Pour une économie de la taille de la Chine, avec des centaines de millions de citoyens encore dans la pauvreté, c’est l’équivalent d’une récession.

Il est vrai que le ralentissement de la croissance est mondial, mais Xi Jinping a aggravé la situation. Un des problèmes est sa politique de «zéro-Covid», que Pékin veut absolument poursuivre. Cela impose des confinements spontanés et des exigences de test très sévères partout où le Covid-19 est détecté. Les fermetures sont une contrainte très dure pour les Chinois ordinaires et un danger pour les chaînes d’approvisionnement mondiales passant par la Chine. Les entreprises étrangères reconsidèrent d’ailleurs leurs investissements, tandis que les entreprises locales souffrent.

De plus, l’implosion immobilière de la Chine se poursuit également. La répression de la spéculation immobilière qui a commencé en 2020 s’est transformée en une crise plus grave. Une longue liste de promoteurs privés ont fait défaut sur leurs dettes, et la chute des valeurs foncières nuit aux gouvernements locaux qui dépendent de la vente de terrains pour générer des revenus.

Pékin semble vouloir planifier aussi une autre explosion des dépenses pour des travaux publics. Les estimations vont jusqu’à 1 000 milliards de dollars, dont une grande partie est financée par les des emprunts du gouvernement. Cela pourrait faire chuter le PIB pendant un certain temps, au prix d’une dette encore plus importante. Xi Jinping brigue un troisième mandat à la tête du pays cette année. Une économie faible ne lui laisse que le choix du nationalisme et celui, encore plus grave, des actions militaires.

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