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Ce n’est pas à l’État de définir ce qu’est le bien-être

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Le dernier hors-série de Science&Vie, intitulé « Regards sur notre planète » dresse un état des lieux du monde actuel à travers un ensemble de 90 cartes et infographies. L’une d’elles (p. 36-37) montre que trois pays ou régions placent le « bien-être de la population » avant la croissance du PIB, à savoir la Nouvelle-Zélande, l’Islande et l’Écosse. C’est qu’il existe aujourd’hui un partenariat inter-gouvernemental – certes, actuellement minoritaire dans le monde, mais appelé, n’en doutons pas, à s’élargir dans les années à venir – baptisé WEGo, ou « Well-being Economy Governments », et dont la mission consiste à favoriser – comme l’indique son site internet – « le partage d’expertise et de pratiques politiques transférables pour faire avancer (l’)ambition commune de construire des économies du bien-être ». Une alliance dont la création remonte au Forum mondial de l’OCDE à Incheon, en Corée du Sud, en 2018. En clair, pour ces pays (ceux mentionnés par Science&Vie, auxquels s’ajoutent le Pays de Galles, la Finlande et le Canada), le développement des sociétés du XXIe siècle ne peut plus reposer sur des critères purement économiques, mais doit aussi intégrer le « bien-être humain et écologique ». Les États voient donc ici une formidable aubaine pour accroître davantage leur sphère d’intervention : « Le rôle du gouvernement dans la transformation du fonctionnement de nos économies ne peut être sous-estimé, indique ainsi Katherine Trebeck, co-fondatrice de WEAll (Well-being Economy Alliance).

Non contents de s’en tenir à leurs fonctions strictement régaliennes, renâclant toujours à laisser aux individus la pleine marge de manœuvre économique qui devrait pourtant leur revenir, de plus en plus de gouvernements prétendent donc maintenant définir ce qu’est le bien-être, et ainsi réorienter la vie économique dans son ensemble ! Mais le bien-être est une notion subjective : il ne peut y avoir de bien-être qu’individuel, et parler de « bien-être collectif » relève du non-sens. Si la France venait à adhérer à cette alliance (mais notre politique économique n’est-elle pas un peu du même ordre que celle des pays qui la composent ?), les conséquences en seraient facilement prévisibles : plus de dépenses publiques, de bureaucrates, de normes et de réglementations…

Sciences&Vie ajoute que « des approches similaires sont suivies dans le monde entier » : ainsi, en Bolivie, « pays qui s’engage par exemple à répartir les ressources naturelles de manière équitable », Or ce pays, le 167e plus libre au monde sur le plan économique en 2023 selon Heritage Foundation, se caractérise notamment par sa pauvreté diffuse, son secteur public hypertrophié, et une importante corruption, ce alors qu’il possède une des plus grandes réserves de lithium au monde. Si le « bien-être collectif » passe par une répartition « équitable » de ce genre, mieux vaut sans doute s’abstenir d’emprunter cette voie…

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2 commentaires

Oncpicsou 11 juin 2023 - 8:58

… à commencer par le bien être des assistés, des politiques et des fonctionnaires évidement!!

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Jean-Aymar de Sékonla 12 juin 2023 - 3:41

Quand j’ai lu que l’état voulait s’occuper de mon bien-être, j’ai commencé à me sentir mal…
C’est bien au nom du bien-être de l’homme que l’horreur communiste s’est abattue sur L’URSS ?

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