La guerre commerciale semble enclenchée entre les Etats-Unis et l’Union européenne, mais une certaine confusion règne, ce jeudi, sur les décisions prises par Donald Trump. Quelques heures après que le président américain a annoncé l’instauration, sans préciser quand, de droits de douanes de 25 % sur tous les produits européens, soit le niveau auquel les produits canadiens et mexicains devraient également être taxés à partir de début avril, divers dirigeants européens défendaient ce jeudi la nécessité de prendre des mesures équivalentes.
Le ministre français de l’Economie, Eric Lombard, avait affirmé que l’UE “ferait de même” si les produits européens étaient taxés à 25% à leur entrée aux Etats-Unis. Réaction qui peut se comprendre sur le plan du rapport de force, ou du « machisme » politique, mais qui risque de conduire à des surenchères et surtout à appauvrir les Européens en produits américains. Une alternative, courageuse, serait, dans la mesure où le protectionnisme consiste systématiquement à se tirer une balle dans le pied, de laisser Trump subir seul les conséquences néfastes de ce qu’il a déclenché, sous forme de regain d’inflation, dont il faut rappeler qu’elle était clairement un des deux sujets qui ont fait perdre Joe Biden.
D’ailleurs, les sondages indiquent que les Américains sont très circonspects, voire critiques, envers ces hausses de droits de douane. Selon un sondage Harris réalisé pour Bloomberg News, près de 60 % des adultes américains s’attendent à ce qu’ils entrainent une hausse des prix et 44 % d’entre eux estiment que les droits de douane seront probablement néfastes pour l’économie américaine, contre 31 % qui pensent qu’ils la stimuleront. Seule la moitié des Républicains interrogés ont déclaré que les droits de douane seraient un atout pour l’économie.
Par ailleurs, des journalistes ont demandé au président Trump s’il avait décidé d’imposer des droits de douane spécifiques à l’Union européenne. Le président a déclaré que ces droits s’élèveraient à 25 %, avant de se lancer dans des remarques confuses sur les droits de douane sur les automobiles et d’autres sujets. La proposition de Trump d’imposer des droits de douane de 25 % à l’UE est nouvelle, mais toutes les options sont envisagées pour déterminer si ces droits toucheraient toutes les exportations de l’Union ou seulement certains produits ou secteurs, et aucune décision n’a été prise, a précisé un membre de la Maison Blanche.
Outre les droits de douane imposés au Canada et au Mexique et les droits de douane réciproques à l’échelle mondiale, M. Trump a déjà promis des droits de douane sectoriels sur les importations de bois d’Å“uvre, d’automobiles, de semi-conducteurs et de médicaments, entre autres. Une fois de plus, il n’est pas clair si M. Trump faisait référence à ces droits de douane – dont il a déjà dit qu’ils s’élèveraient à 25 % – ou à une taxe supplémentaire sur les produits de l’UE. M. Trump a déclaré qu’il considérait l’UE comme « un cas différent » des autres situations, car il estimait que le groupe avait été « formé dans le but de baiser les États-Unis ».