Donald Trump devait annoncer ses nouveaux droits de douane mercredi soir, vers 22 h de Paris, de nature, sauf coup de théâtre, à généraliser sa guerre commerciale avec la plupart des partenaires des Etats-Unis. “C’est le jour de la libération en Amérique”, a lancé le président américain mercredi sur son réseau Truth Social. “Ce n’est pas le jour de la libération. C’est le jour de la récession”, a répliqué le chef de file des élus démocrates à la chambre des représentants, Hakeem Jeffries.
Il est vrai que ces droits de douanes vont mécaniquement se traduire par un renchérissement des produits importés, dont une réduction du pouvoir d’achat des ménages américains, ou des entreprises achetant à l’étranger des composants, matières premières et produits semi-finis, sauf quand un équivalent produit aux Etats-Unis existe à un prix et qualité équivalent à celui pratiqué par les importateurs avant l’instauration des droits de douanes, ce qui est très peu fréquent ; quand un ménage ou une entreprise américaine achète à l’étranger il y a généralement une raison rationale.
Plusieurs options circulaient dans la presse ces dernières heures. Les Etats-Unis imposeront-ils une taxe unique de 20% sur toutes les importations, à rebours de la justification comme quoi il s’agirait de tarifs « réciproques », équivalent à ceux pratiqués sur les exportations américaines ? Ou bien des droits de douane variables selon les pays de provenance des marchandises ? La première option correspond à un niveau sans précédent aux Etats-Unis depuis un siècle !
L’impact pourrait être phénoménal. En 2024, les importations des Etats-Unis ont atteint quelque 3.300 milliards de dollars. “Ca ne sera pas bon pour ceux qui imposent des droits de douane ni pour ceux qui ripostent”, a assuré mercredi la dirigeante de la Banque centrale européenne Christine Lagarde. Toutefois, la plupart des pays occidentaux exportant vers les Etats-Unis ont assuré que s’ils comptent répliquer, ce qui semble inévitable sur le plan politique pour sauver la face, ce sera avec mesure. Londres n’entend pas “se précipiter” pour riposter, a dit la ministre des Finances britannique Rachel Reeves, rappelant que l’enjeu pour les Britanniques était de conclure “un bon accord” bilatéral avec les Etats-Unis, permettant d’échapper aux taxes douanières. De son côté, l’Union européenne promet de répliquer “avant la fin du mois d’avril”, mais de manière « réfléchie ». Au Mexique, particulièrement vulnérable puisque plus de 80% de ses exportations partent aux États-Unis, la présidente Claudia Sheinbaum, a souligné “Nous avons choisi d’attendre de voir ce qu’ils présenteront et nous continuerons par ailleurs à dialoguer”.
La plupart des économistes jugent illusoire la vision de Donald Trump d’une Amérique auto-suffisante dans l’économie mondialisée du XXIème siècle, avec ses chaînes de production éclatées dans plusieurs pays.
2 commentaires
“…La plupart des économistes jugent illusoire la vision de Donald Trump d’une Amérique auto-suffisante…” ! Le problème des “économistes” est qu’il sont très doués pour prévoir et expliquer… Le passé ! N’est pas BASTIAT qui veut.
Nous allons assister à une reprise de l’inflation , à une réduction de la demande pour cause de hausses de prix et vraisemblablement à un départ de récession de part et d’autre de l’Atlantique . Une baisse des taux tentera vraisemblablement de répondre à cette orientation et il faut craindre une croissance de la masse monétaire destinée à relancer la machine . Si la masse monétaire croît durablement plus vite que la valeur ajoutée produite nous pouvons prévoir le pire .
Relire la dernière étude de Christian Saint-Etienne sur le sujet , il est probablement le Frédéric Bastiat des temps modernes , loin du microcosme keynésien qui n’est plus de circonstance.