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« Midterms »: l’insécurité favorise les républicains

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Si les électeurs américains n’ont pas la mémoire trop courte, ils se souviendront de juin 2020 lorsqu’ils iront voter pour les législatives de mi-mandat dans les prochains jours. Juin 2020 était l’époque où les démocrates, tirant parti de l’émotion suscitée par un odieux exemple de brutalité policière dans le Minnesota, applaudissaient les activistes désireux de réduire les budgets des forces de l’ordre dans tout le pays.

Durant l’été de « Black Lives Matter », les élus de gauche se succédaient sur les chaînes d’info acquises au Parti démocrate pour réclamer l’allocation à des dépenses sociales de milliards d’économies à faire dans les budgets de la police. Il fallait désarmer les flics et les faire accompagner par des psychologues sur les lieux d’intervention d’urgence, en cas de violences entre gangs ou de coups et blessures conjugales…Et les procureurs démocrates de promettre cet été-là de cesser de poursuivre les personnes coupables de « petits délits », au nom de l’égalité raciale.

Pour combattre le « racisme institutionnel » que Joe Biden proclamait alors, et pour corriger des injustices qui seraient héritées d’une Amérique fondée sur l’esclavage par des colons blancs privilégiés, il fallait réformer radicalement les méthodes et la culture des polices.

Aujourd’hui l’humeur du pays a changé. L’aggravation de la délinquance depuis deux ans alarme l’électeur , 69% jugeant la question « hautement importante ». À titre de comparaison, le droit à l’avortement, sujet de campagne favori des démocrates, n’est placé à ce niveau que par 62% des votants potentiels. Sur ce premier sujet, les républicains sont jugés par 52% les mieux préparés pour trouver des solutions. Les démocrates ne sont crédités que de 38%.

S’ils regagnent le contrôle du Congrès, les républicains ont promis de distribuer des incitations financières aux collectivités pour qu’elles recrutent 200.000 policiers. Ils s’engagent aussi à sévir contre les procureurs qui refusent de poursuivre les auteurs de « petits délits ». Cette promesse a toutefois des allures de posture électorale, en raison de l’indépendance des procureurs.

Exactement comme dans le cas de l’inflation, les démocrates et la Maison-Blanche ont pendant plus d’un an nié que la délinquance s’aggravait. Ce déni purement dogmatique était facilité par le retard de 2 ans des statistiques fiables et nationales sur la criminalité. Les indications solides recueillies maintenant auprès des polices des plus grandes métropoles pour 2021 et 2022, confirment  ce que les Américains ont constaté d’eux-mêmes: les vols, les agressions, les cambriolages et les violences dans les rues et les transports en commun augmentent encore nettement. En revanche, les homicides, dont le nombre a bondi d’au moins 20% en 2020, semblent reculer modestement.

En voyant que les chaînes de géants de la distribution comme Home Depot et Best Buy font disparaître de leurs étagères, pour mieux les stocker dans leurs arrières boutiques,  les articles les plus souvent volés, l’électeur comprend vite. Les opérateurs de magasins de vins et spiritueux de l’Oregon sont obligés de s’armer et de fermer les plus grandes portes de leurs magasins, car les voleurs entrent et se servent à leur guise: ils ont compris que la police de Portland par exemple ne se déplace plus pour ce genre de délit.

C’est bien le problème de l’intellectuel de gauche qui vit loin de la réalité: ce qui est pour lui un « petit délit », comme le vol de hauts parleurs de haut de gamme, de jeux vidéos ou de bouteilles de whisky, est une énorme problème qui coûte beaucoup d’argent à des commerçants indépendants aux ressources limitées.

En 2020 le narratif moralisateur des démocrates arguait que la seule manière d’honorer la mémoire des victimes des violences policières était de désarmer les flics. Dans ce contexte, les conservateurs étaient inaudibles et soupçonnés de racisme lorsqu’ils s’alarmaient des saccages et pillages de magasins, filmés en direct par les télévisions, commis par des hordes plus ou moins organisées comptant aussi des blancs, sans la moindre intervention policière.

Aujourd’hui nombre de ces commerces, propriété d’Américains de classe moyenne, souvent d’ethnies non-blanches, n’ont jamais rouvert. Pas plus que ne le feront les grandes enseignes de luxe du centre de San Francisco, Los Angeles ou Chicago, lassées de se faire piller par des bandes cagoulées qui revendaient ensuite leurs montres, bijoux et sacs à main sur des sites internet spécialisés.

Les démocrates qui continuent de prôner l’affaiblissement de la police sont aujourd’hui devenus invisibles. Joe Biden ose se présenter comme l’ami des forces de l’ordre, alors que pendant deux ans tout son discours a démoralisé les gens en uniforme et poussé des centaines d’entre eux à démissionner. Même les New Yorkais se sont débarrassés de leur maire woke, Bill de Blasio,  pour élire en juillet 2021 un ancien flic. Noir, agé de 62 ans, ancien capitaine, démocrate détesté par la gauche de la gauche, il est maintenant fier de faire installer deux caméras par voiture de métro dans la « Big Apple », où la délinquance est revenue.

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1 commenter

Obeguyx 14 octobre 2022 - 3:51

Très bon article. Les USA risquent bien de se fracturer avant la Russie. La planète vit un sacré « bord.. » !!!

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