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Le bilan financier de la dernière mandature d’Anne Hidalgo

par Romain Delisle
À la fin de la dernière mandature, Paris, collectivité à statut unique disposant des compétences communales et départementales, possédait le premier budget local français avec 10,1 Mds€ de dépenses (11,2 Mds€ en rajoutant les budgets annexes divers et variés) dont 8,2 Mds€ de fonctionnement et 1, 9 Mds€ d’investissements.

Pour une commune de 2,2 millions d’habitants employant 58 000 agents, la ville-lumière se caractérise par une situation financière pour le moins médiocre et d’ailleurs fort sévèrement étrillée par la Cour des comptes : insuffisance du niveau d’épargne, perte de marges de manœuvre financières, fortes charges de personnel, lourds investissements dont la soutenabilité demeure incertaine.

Aussi est-il nécessaire d’examiner en détail les finances de la ville la plus riche de France et d’étudier l’impact de la crise sanitaire sur la soutenabilité de sa trajectoire budgétaire.

Une Ville riche qui peine à assainir ses comptes

Les recettes de Paris, tout à la fois ville et département, n’ont que modérément augmenté pendant la période 2014-2019, passant de 6,606 Mds€ à 6,765 Mds€, soit 2,4 %. La collectivité a, en effet, subi une baisse de sa dotation générale de fonctionnement (DGF) de 610 M€ et dû augmenter ses contributions à la péréquation horizontale, c’est-à-dire au système de redistribution des ressources entre les collectivités, de 384 M€.

Dans le même temps, la ville a dû transférer sa fraction de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) à la région et à la métropole du Grand Paris (MGP) : même si les pertes ont fait l’objet de compensations, la commune reste privée du dynamisme de son rendement.

Toutefois, les produits de la fiscalité, 5,4 Mds€ avant la crise, soit 83 % des recettes, ont fortement augmenté, qu’il s’agisse des taxes foncières et d’habitation (+ 168 M€, en hausse de 8,2 %) ou des droits de mutation à titre onéreux (+ 499 M€), contribuant à réduire l’impact des mesures précédentes.

Pour rappel, les taux de taxe foncière (13,5 %), de taxe d’habitation (13,4 %) et de cotisation foncière des entreprises (16,5 %) sont assez bas à Paris alors que la masse de richesse produite par l’économie de la ville est importante. Son potentiel financier, indicateur comprenant le potentiel fiscal, la DGF et les péréquations horizontales et verticales rapportées au nombre d’habitants, est de 2 205 € pour le versant communes et de 925 € pour le versant département, contre une moyenne nationale respectivement de 1 594 et 609 €.

Au total, la perte de recettes s’élève à 1, 184 Mds€ pour 2020, celles-ci auraient donc été de 18,9 % supérieures en des interventions de l’Etat rognant sur le budget de la ville.

Face à cette situation, la mairie s’est contentée d’une augmentation de ses dépenses de 3,2 % en cinq ans, mais en tenant compte des transferts de compétences (à la MGP notamment), le chiffre grimpe à 6,5 % et même à 9,5 % en ce qui concerne la masse salariale.

De fait, l’épargne de la Ville de Paris, de 523 M€ en 2019 (avant la crise sanitaire), soit 7,7 % de ses produits de gestion, est structurellement faible comparée à celle de ses consœurs lyonnaise (18 %) et marseillaise (16,1 %). Comme le montre le graphique suivant, l’épargne de la Ville de Paris a toujours été inférieure à celle des deux autres métropoles :

Malgré cela, la mandature Hidalgo a souhaité poursuivre une onéreuse politique d’investissements (7 Mds€) autofinancée à seulement 47 %, dont 17 % par des cessions d’actifs et 12 % par l’épargne.

Sous la direction de l’actuelle maire de Paris, la dette a logiquement crû de 40 %, passant de 4,2 à 5,9 Mds€, fixant la capacité de désendettement de la ville à 11,3 ans, juste en dessous du seuil des 12 ans qui mènerait à la dégradation de la note de sa dette par les agences de notation.

Impact de la crise sanitaire et prospective

C’est un fait, Paris a été touchée de plein fouet par la crise sanitaire, du fait notamment de la baisse de la fréquentation touristique et de l’importance du secteur de l’hôtellerie restauration dans son économie. En 2020, la ville a perdu 6,7 % de ses recettes, descendues à 6,3 Mds€. Mécaniquement, l’épargne s’est effondrée à -9 M€ et la dette a progressé de 13 % à 6,6 Mds€. La taxe de séjour, la CVAE, les produits et redevances issus des services publics ont notamment été durement impactés. À l’horizon 2026, l’épargne brute de la capitale devrait repartir à la hausse avec la reprise, à 741 M€ ; la dette croissant de même à un niveau compris entre 7,9 et 8,9 Mds€.

Les charges de personnel sont passées de 2,2 Mds€ en 2014 à 2,4 Mds€ en 2019, une croissance de 211 M€ revenant à une augmentation annuelle moyenne de 1,84 % par an pendant la période, avec un accroissement de la masse salariale de 7,5 %, soit 3605 équivalents temps plein annuel travaillés (ETPT). En 2020, les dépenses de fonctionnement de la mairie s’élevaient à 2 929 € par habitant, contre seulement 2 469 € à Lyon et 2 450 € à Marseille, les charges de personnels suivant la même voie.

Le taux d’administration parisien est également plus élevé (23,3 équivalents temps plein pour 1000 habitants) que dans la cité phocéenne (18,6 ‰) ou dans la capitale des Gaules (18,4 ‰). Paris a, par exemple, maintenu la semaine de quatre jours et demi qui avait nécessité la création de plus de mille emplois d’agents publics.

Pourtant, le taux d’équipement de la Ville de Paris, exprimé en pourcentage d’affectation des recettes, est inférieur à celui des deux métropoles précitées.

Moins économe, endettée jusqu’au cou, sur-administrée et moins bien équipée, Paris, sale et peu sûre, fait fuir les jeunes ménages qui entrent dans la vie active et perd 12 500 habitants chaque année depuis 5 ans. Qui nous ramènera le Paris d’autrefois, cette ville que le monde entier nous envie ? Sans doute pas l’actuelle maire, plus préoccupée par l’agriculture urbaine que par l’hygiène des rues de la capitale.

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1 commenter

montesquieu 11 mai 2022 - 7:16

Dans une SA, une présidente aussi incompétente serait débarquée sans ménagement!
Hélas, Paris n’est pas une société privée.

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