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Guerre et Barbarie

Si vis pacem para bellum

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Il existe des bibliothèques entières pour nous éclairer sur cette dramatique interrogation : une guerre peut-elle se dérouler sans quelque crime, sans quelque barbarie ?

A juste titre des autorités qualifiées de « morales » ont demandé aux Israéliens de ne pas verser dans la barbarie : l’Organisation des Nations unies, le pape François. Porter atteinte à la santé et à la vie de la population civile qui vit dans la bande de Gaza en coupant eau et électricité est en effet contraire à toutes les règles mondialement acceptées et au principe même du respect des droits de l’homme.

Il a été fait remarquer, à juste titre aussi, que d’une part les crimes les plus odieux ont été le fait du Hamas, et que d’autre part la Seconde Guerre mondiale s’est terminée avec l’anéantissement de Dresde et les bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki.

On peut trouver une issue au problème en définissant les principes d’une « guerre juste ». Théologiens, philosophes, historiens, juristes et même économistes ont évoqué tous les critères possibles. Il est habituel de distinguer la guerre d’agression et la guerre de défense : les Israéliens ne peuvent rester sans réaction face à l’invasion du Hamas. Il ne s’agit pas de se venger avec haine, il s’agit de mettre fin à la barbarie. Il est également habituel de dire que si l’on veut garder la paix il faut préparer la guerre, cela ferait même partie du domaine régalien des Etats. Mais l’Etat d’Israël lui-même n’a pas rempli correctement sa mission, peut-être les considérations politiques et économiques de court terme ont-elles occulté ou ralenti la défense nationale.

Je me permets de réduire le débat à un choix simple : se défendre et pour ce faire dissuader les ennemis potentiels de passer à l’attaque, ou attendre les conflits pour réagir. Ce qui me semble à l’origine de la guerre actuelle c’est le désarmement militaire mais aussi le désarmement moral qui caractérisent les pays libres depuis maintenant si longtemps, et sans aucun doute depuis le début de ce 21ème siècle.

Le désarmement militaire est d’autant plus incroyable que la course aux armements et l’apparition de nouvelles techniques a été extrêmement rapide depuis vingt ans, il faut remonter à la Seconde Guerre mondiale pour observer des changements aussi profonds. Mais la course est ruineuse, et elle entre en conflit avec les autres dépenses publiques que l’Etat Providence veut assumer, « quoi qu’il en coûte » (il est bien plus cher de lutter contre le réchauffement climatique que contre les barbares français ou étrangers, le budget de l’armée française et de plusieurs autres nations dites libres est ridicule).

Quant au désarmement moral, il est total. Les valeurs de liberté, responsabilité, propriété et dignité ne sont plus enseignées ni pratiquées. Paradoxalement on accuse le système capitaliste de développer l’individualisme, alors que le marché est la base de la concorde et du service mutuel, mais on a éliminé les supports du marché que sont la concurrence et la stabilité monétaire pour pratiquer le protectionnisme et la fausse monnaie. On devrait aussi penser à la façon dont la jeunesse est éduquée et instruite, et aux chances d’une vie honnête et épanouissante. Le matérialisme a vaincu le spiritualisme. En 1983 Reagan a mis en place une stratégie de dissuasion avec l’Initiative de Défense stratégique (appelée Star Wars par les médias) , il a voulu assumer les responsabilités américaines dans la guerre froide contre l’URSS, mais parallèlement les « divisions du pape » jadis ridiculisées par Staline sont venues soulever les Polonais contre l’occupant soviétique, Jean Paul II dès 1981 prépare la chute du mur de Berlin dix ans plus tard.

Dans la guerre actuelle, nous devons comprendre les leçons de nos erreurs, mais surtout travailler à « tressaillir », à sortir des pièges de l’indifférence, de la résignation, de l’égoïsme et du loisir. Comme les Israéliens nous devons nous mobiliser, lever l’armée de réserve de la société civile, nous devons sonner le réveil de la liberté.

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6 commentaires

Nicolas Carras 14 octobre 2023 - 2:00

 » Il ne s’agit pas de se venger avec haine »

Qui peut rester sans haine, directement face à une telle barbarie, victime d’une telle barbarie ? Des enfants ont été décapités, des gens torturés durant des heures, des gens ont été démembrés, brulés. Des femmes ont été violées.

La haine est inévitablement au rendez-vous Monsieur Jacques Garello. Et ne pas confondre, avoir la haine, et être un être haineux.

Bien à vous

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Mathieu Réau 14 octobre 2023 - 5:29

La chute de l’URSS a très peu à voir avec la politique de Ronald Reagan et beaucoup plus à voir avec ses fragilités propres.

Sur le plan financier, l’Union est exsangue après dix ans de guerre meurtrière en Afghanistan. Là-dessus, le choc pétrolier des années 80, commandité par la CIA (seul élément que l’on peut donc imputer directement à l’Occident dans la chute de l’URSS), provoque l’effondrement de ses entrées de devises étrangères. On pense souvent que c’est la course aux armements contre Reagan qui a ruiné l’Union Soviétique mais, en réalité, elle était déjà ruinée avant. Ce qui pousse immédiatement Gorbatchev à essayer de négocier, pas de concourir. Et même Reagan finira par mettre la pédale douce sur ses investissements militaires après que la crise des Euromissiles ait faillé déclencher une guerre.

Quant à sa Guerre des Étoiles, n’oublions jamais qu’il ne s’agissait que d’un coup de bluff dont l’aboutissement n’était absolument pas réaliste dans les années 80. En effet, les premiers tests réussis de l’AirBorne Laser pensé pour être monté sur satellite ne seront effectués qu’en 2010 (avant d’être rangés dans les tiroirs sans fond du Pentagone).

Sur le plan politique, soixante-dix ans de totalitarisme russe ont usé la patience des pays-satellites de sorte que, sitôt que Gorbatchev, qui espère refonder l’Union sur un modèle plus libéral, leur ouvre la porte, ceux-ci se précipitent pour partir. Dès lors, l’Union Soviétique n’a plus lieu d’être et il ne reste qu’une quinzaine d’États désormais indépendants les uns des autres et à peu près tous ruinés (qui seront, d’ailleurs, aussitôt la proie de l’Occident).

Ce n’est rien de plus que la faillite d’un modèle politico-économique, essentiellement basé sur la coercition. Les États-Unis, franchement, n’y sont pas pour grand-chose, et Reagan encore moins.

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Nicolas Lecaussin 14 octobre 2023 - 6:45

L’URSS et le communisme sont tombés pare que le totalitarisme meurt toujours et les peuples aspirent vers la liberté. Reagan a accéléré la chute car il a rompu avec la « détente » et a clairement dit qu’il fallait vaincre l’empire du mal. Et les Etats-Unis sont le symbole de la liberté, ce qui a fait garder l’espoir à l’Est.

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Nicolas Carras 14 octobre 2023 - 7:08

Mathieu Réau : « La chute de l’URSS a très peu à voir avec la politique de Ronald Reagan »

Reagan a fait beaucoup pour que l’URSS s’effondre. Je vous invite à lire Guy Millière à ce sujet.

— « …

Une réécriture de l’histoire scandaleuse s’opère en Europe occidentale. Elle est logique et significative : non seulement reconnaitre que l’Europe doit immensément aux Etats-Unis est devenu quasiment impossible, et dire qu’un Président conservateur américain peut être un visionnaire et un très grand stratège est inconcevable, mais l’Europe choisit l’apaisement servile devant les totalitarismes d’aujourd’hui, et Reagan n’a jamais été du côté de l’apaisement servile. Il doit donc être oublié. L’Europe occidentale en 1989 était gorbarchevienne. Elle n’a pas changé depuis.

Le fait que l’Allemagne ait refusé qu’une statue de Reagan soit installée près de l’endroit où se trouvait le mur est consternant. Une statue de Reagan a, en conséquence, été installée sur la terrasse de l’ambassade des Etats-Unis, en territoire américain. L’Allemagne contemporaine ne sera jamais à la hauteur de Ronald Reagan. » – Guy Millière – Ne réécrivez pas l’histoire pour plaire aux socialistes ! C’est Ronald Reagan qui a fait tomber le mur de Berlin

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o.icaros 27 octobre 2023 - 10:15

La guerre est le plus vieux métier du monde et non la prostitution qui suppose une société avancée et urbanisée ou en début d’urbanisation avec des échanges monétaires. C’est par la guerre que nos pays se sont formés. Maintenant que nous avons stabilisés nos frontières, nous avons déclaré la guerre interdite. Ce n’est pas plus mal que la guerre soit interdite mais on oublie une chose. C’est que nous vivons tous à la même époque mais tous les peuples n’ont pas le même âge. Ce que nous avons fait il y a longtemps, ils veulent le faire aujourd’hui et ça nous choque. Dans le conflit présent, la question qu’on peut se poser c’est de se demander si un pays meurtri à droit de se venger. Quelle est la différence entre une action militaire et un règlement de comptes. Vu de chez nous, on pourrait répondre non, dans aucun cas la vengeance ne doit être tolérée. Personnellement, je ne sais pas, je ne veux pas avoir un avis tranché sur tout. Si la France avait subi une telle agression, je suis certaine qu’elle aurait refusé la vengeance et préféré à oeil pour oeil, dent pour dent, de grandes manifestations pour condamner de la manière la plus ferme des agissements inadmissibles. N’est-ce pas ce qu’elle avait fait au Liban suite à l’attaque du Drakkar? Pour sauver la face, elle avait envoyé deux trois bombes dans une région montagneuse déserte, après avoir informé le « gouvernement » libanais de son action. Un berger, qu’on avait oublié d’alerter avait trouvé la mort. Dommage collatéral. Sa famille a dû être indemnisée.

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o.icaros 27 octobre 2023 - 3:19

« Il a été fait remarquer, à juste titre aussi, que d’une part les crimes les plus odieux ont été le fait du Hamas, et que d’autre part la Seconde Guerre mondiale s’est terminée avec l’anéantissement de Dresde et les bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki. » Oui, mais ça, c’était avant! On n’est plus dans l’avant ou dans le pendant, mais dans l’après, l’après du « plus jamais ça ». Mais tout le monde ne partage pas notre credo. Cela dit, je m’interroge sur l’opération israélienne. Israël veut se débarrasser du Hamas. Ouais, on peut le comprendre, mais pour quel résultat? Pour chaque militant abattu, deux autres vont se lever et il faudra recommencer. On peut se éliminer des hommes mais pas des idées. On est retourné en 1948.

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