Institut de Recherches Economiques et Fiscales

Faire un don

Nos ressources proviennent uniquement des dons privés !

anglais
Accueil » Le déni de démocratie des macronistes et de la gauche

Le déni de démocratie des macronistes et de la gauche

par
2 665 vues
Pendant longtemps et non toujours sans raison, le Front National devenu Rassemblement National a été suspecté de peu goûter la démocratie. Désormais, c’est la macronie et la gauche qui font preuve manifeste d’obstruction à la démocratie.

La mauvaise foi macroniste

Après avoir déclaré qu’il fallait absolument un accord sur le projet de loi « immigration » et avoir tout fait pour y parvenir dans sa négociation avec les élus LR, le gouvernement se renie. Le mercredi 20 décembre au matin, Emmanuel Macron déclarait en Conseil des ministres : il y a dans ce texte « des choses que je n’aime pas, mais qui ne sont pas contre nos valeurs ». Le soir même à la télévision, il justifie le compromis et l’ « assume totalement » parce qu’il est « utile aux Français », « conforme à nos valeurs » et efficace. Mais ce même mercredi, le président de la République saisit le Conseil constitutionnel pour qu’il puisse « statuer sur la conformité de tout ou partie de cette loi ».

Mme Borne, qui a bataillé dur pour la faire passer cette loi dit désormais qu’elle est fragile. Pour répondre à la demande des sénateurs LR afin qu’ils votent la loi, elle a promis de réviser sans délai l’aide médicale d’Etat –AME – dans une lettre adressée à M. Larcher le 18 décembre. Mais dès le 20 décembre elle déclare sur France Inter : « Il n’est pas question de supprimer l’aide médicale d’Etat ».

Pour sa part M. Gérald Darmanin a exécuté un numéro de guignol le mardi 19 décembre à l’Assemblée en s’énervant dans la pire des outrances contre le RN qui voulait voter « son » projet de loi. Comme si celui-ci lui appartenait ! Il se vante maintenant, avec Mme Borne, et ensemble avec la plus parfaite mauvaise foi, que ce projet de loi a été adopté sans les voix du RN ; alors que si le RN avait voté contre, il ne passait pas.  Savent-ils seulement compter ?

Le dévoiement de la démocratie

Ce projet de loi n’est pas parfait. Mais il va dans la bonne direction, y compris sur l’idée de pouvoir accueillir un certain nombre de migrants dont la France a besoin. Un pays ne peut pas vivre isolé, il respire avec des flux entrants et sortants. Mais il faut veiller à ce que ceux qui entrent ne le fassent pas pour de mauvaises raisons, pour profiter des aides publiques, pour propager des idées de haine… Le texte y veille mieux qu’auparavant.

Mais parce que le RN a voté cette loi, qui ne va pas totalement dans son sens d’ailleurs, il faudrait que tout à coup ladite loi soit mauvaise. Elle était la meilleure des lois avant le vote du RN, elle serait devenue la pire après. Le fait que le RN a voté cette loi la polluerait, la rendrait nuisible, pestiférée. Ceux qui s’en revendiqueraient désormais seraient contaminés par le RN, deviendraient infréquentables, des intouchables. Comme le président de Région Charles Millon était devenu un mauvais président après que des élus FN eurent voté son programme en mars 1998.

Pire, cette loi devrait être inappliquée. Ainsi, 32 départements dirigés par la gauche ont annoncé qu’ils n’appliqueraient pas la nouvelle règle selon laquelle les étrangers qui ne travaillent pas devront attendre trente mois avant d’être éligibles à une aide.

La démocratie verse ainsi dans l’anarchie avant de dériver vers une forme de tyrannie choisissant les bons élus et excluant les mauvais, acceptant certaines lois et en refusant d’autres. peut-être que le RN n’était pas fréquentable, mais il est sûr que la gauche et les macronistes deviennent dangereux. Ils n’ont jamais eu beaucoup d’idées fermes et claires  puisqu’ils n’en ont qu’ « en même temps », mais désormais, ils perdent leurs nerfs. En se réfugiant derrière le Conseil constitutionnel ils l’abaissent autant que la démocratie elle-même.

Le RN est un parti systématiquement antilibéral dont nous combattons le programme dans ses composantes étatiques, collectivistes et démagogiques et dans ses rapprochements avec des gouvernements irrespectueux de l’état de droit. Mais la démocratie consiste à convaincre plutôt qu’à exclure, à respecter la différence plutôt qu’à vouloir la supprimer. Elle permet de combattre ses adversaires, mais pas parce qu’ils sentent mauvais. Elle a vocation à accoucher de bonnes institutions et de règles justes dans l’exercice d’un débat loyal et permanent.

Quand le gouvernement s’enferme dans un entre-soi étroit et réducteur, quand il hait ceux qui ne pensent pas comme lui, quand il préfère exclure ses adversaires plutôt que de les rallier à sa politique, quand il pratique la duperie plutôt que de faire prévaloir l’intelligence… le peuple tout entier peut être inquiet de son avenir. Il serait temps que se dessine une alternative.

Abonnez-vous à la Lettre des libertés !

Laissez un commentaire

11 commentaires

Roven 23 décembre 2023 - 9:16

Nous quittons la démocratie :
Un président (sans majuscule) donne l’exemple en passant outre au parlement à coups de 49-3 systématiques, en se comportant en chef du gouvernement alors qu’il n’est pas responsable devant l’assemblée, voire en chef de parti lorsqu’il délivre ses éléments de langage 1h30 dans une émission grand public, en contestant une loi qu’il a, « en même temps » poussée ! Le Général doit se retourner dans sa tombe.
Une assemblée au sein de laquelle les députés LFI jouent à guignol.
Des élus territoriaux qui refusent d’appliquer une loi qui leur déplaît…
L’exemple venant de haut, nos « élites » bravant le droit en permanence, ne nous étonnons pas qu’un jour le peuple reprenne la main, malheureusement par la seule voie qui lui restera ouverte, en l’absence d’une représentation : la violence…

Répondre
Bagnol 23 décembre 2023 - 10:21

Comme l’aberration de ce que nous font subir ces politicards véreux, ectoplasmes sans âme, est bien vue, analysée & décrite! A ceux-ci, on peut d’ailleurs joindre la poignée de « syndicalistes ». Tous détruisent notre pays pour conserver leurs privilèges en claironnant qu’ils sont « des chevaliers blancs » & n’ont d’autre objectif que « le Bien Commun ». Mais d’où sortent ces gens? Comment a t on pu en arriver là ? C comme si l’on avait remis notre pays à des fous!

Répondre
Philippe Payen 23 décembre 2023 - 11:12

Merci. On appréciera les commentaires teintés d’impertinence envers des tristes imbus de leurs privilèges qui pensent que bomber le torse avec l’air martial fait gagner des guerres.

Répondre
Michel 23 décembre 2023 - 11:26

Maintenant qu’ils comprennent que leur idéologie dictatoriale est dépassée par les succès du RN, la gauche applique les procédés qu’ils reprochaient auparavant justement au RN… Belle démonstration de leur définition de ce qu’est une démocratie: renier ce que la majorité de la population souhaite pourtant, en croyant que, parce que c’est la « gôôche », c’est forcément le bien !

Répondre
JANDEL 23 décembre 2023 - 11:29

La récente loi voudrait « accueillir un certain nombre de migrants dont la France a besoin »
Il faudrait plus de perspicacité et laisser agir le marché.
Supposons que les restaurateurs manquent de personnel. 2 hypothèses :
– Nous admettons des immigrés qui correspondent aux fonctions recherchées
– Nous n’admettons pas. Deux possibilités vont alors se présenter :
o Certains restaurateurs augmenteront les rémunérations de leurs employés. En corollaire, le prix des menus augmentera. Les clients iront moins au restaurant, mais dépenseront leurs revenus sur d’autres prestations. Il y aura une sélection naturelle des restaurants par la qualité de leurs prestations.
Cela contribuera à diminuer le chômage en France.
o D’autres restaurateurs n’augmenteront pas leurs prestations. Leur activité se réduira peut-être. Ils n’embaucheront pas, mais leur activité pourra subsister.
Du fait de ces 2 tendances, l’équilibre du marché finira par se faire.
Ce raisonnement peut se faire sur tous les secteurs économiques dans lesquels le besoin d’immigrés serait soi-disant nécessaire.
Conclusion : nous n’avons pas besoin de beaucoup d’immigrés.

Répondre
Lombled 23 décembre 2023 - 4:28

Notre république a viré sa cuti, c’est devenu une république bananière. De toutes façons les lois ne sont pas appliquées en ce qui concerne l’immigration depuis 30 ans.

Répondre
Pierre Decaillet 23 décembre 2023 - 6:20

Le déni de démocratie n’est plus, hélas, depuis longtemps un scoop.
C’est le moment de savoir si on accepte cette domination imposée ou si nous voulons retourner à une forme de démocratie, qui pour moi ne peut plus être « représentative », mais possiblement directe.

Répondre
Jervé Gourio 23 décembre 2023 - 6:25

Excellente réaction à des péripéties et palinodies qui déconsidèrent des dirigeants politiques chargés de responsabilités importantes.
Qui dans le personnel politique souscrit à cette analyse ? Pourraient-ils se manifester…en vue de recueillir nos suffrages futurs?

Répondre
Gilles Vedun 24 décembre 2023 - 10:27

Les grands enfants aussi aiment bien les histoires.

Bien à vous

Répondre
Hervé Gourio 24 décembre 2023 - 11:28

Excellente réaction à des péripéties et palinodies qui déconsidèrent des dirigeants politiques chargés de responsabilités importantes.
Qui dans le personnel politique souscrit à cette analyse ? Pourraient-ils se manifester…en vue de recueillir nos suffrages futurs?

Répondre
Jean-Louis Delphis 27 décembre 2023 - 12:02

Avant d’importer des migrants il faudrait peut-être mettre les Français au boulot car certains oublient ce que c’est…

Répondre