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Croissance zéro et fin du quoi qu’il en coûte : vers une hausse massive des impôts ?

Jean-Philippe Delsol dans Atlantico

par Jean-Philippe Delsol
Au premier trimestre 2022, la croissance a été nulle et l’inflation poursuit sa hausse pour atteindre 4,8% sur un an, selon les données de l’Insee. Ces difficultés vont-elles contraindre le gouvernement à effectuer une hausse des impôts malgré les promesses d’Emmanuel Macron ?

Atlantico : Cette semaine, l’Insee a publié les chiffres de l’activité économique française et ils ne sont pas bons. Au premier trimestre 2022, la croissance a été nulle et l’inflation poursuit sa hausse pour atteindre 4,8% sur un an. Ce mur des réalités qui va s’élever face aux gouvernements va-t-il les obliger à effectuer une hausse des impôts ?

Jean-Philippe Delsol : Les chiffres ne sont pas bons parce qu’ils ne pouvaient pas être bons. Depuis trop longtemps, et notamment depuis cinq ans, la France augmente ses dépenses publiques en s’endettant. Dans son débat avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron a soutenu de manière éhontée que la dette publique avait augmenté durant son quinquennat exclusivement à cause de la Covid. Pourtant, la dette publique était de 2.275 Md€ en juin 2017, lors du début du mandat d’Emmanuel Macron, et déjà de 2433 Md€ fin mars 2020, avant la pandémie. Elle a augmenté ensuite pour s’établir à  2.834,4 Md€ fin 2021 et elle avoisinera les 3.000 Md€ fin 2022. Il y a donc eu une augmentation de la dette publique pendant son quinquennat de 625Md€ environ alors que M Le Maire indique que la facture du « quoi qu’il en coûte » a représenté 140 md€ depuis 2020. La réalité est que la France vit au-dessus de ses moyens. Elle s’endette pour baisser (un peu) les impôts et pour payer ses fonctionnaires. Et elle ne réduit pas ses dépenses. Sur la période 2019/2021, les dépense publiques ont augmenté de 10,7%. elles ont atteint près de 60% en France en 2021 contre 51, 5% en Allemagne. Ca ne peut pas durer. Et surtout ça affaiblit la France et les Français durablement.

Si nous sommes partis pour une récession avec des recettes fiscales en baisse, le gouvernement va-t-il être contraint à changer le projet de loi de finances pour 2022 ?

Jean-Philippe Delsol : Il y aura certainement des budgets rectificatifs. La question est celle de leur ampleur qui risque d’être importante. Bien sûr la guerre en Ukraine aura bon dos comme déjà la covid et elles ont fait ensemble les parfaits boucs émissaires du déficit budgétaire et de l’inflation. Le projet de budget 2022 prévoit déjà un déficit budgétaire de 155,1 Md€ correspondant pour 115,5 Md€ à un déficit de fonctionnement. Le besoin prévisionnel de financement de l’Etat est prévu à 298,9Md€ et sera sans doute supérieur suite à la guerre d’Ukraine. Il était de 260 Md€ en 2020 et de 285 Md€ en 2021. Mais ce budget est construit sur une hypothèse de croissance de 4% en 2022, ce qui aujourd’hui paraît déjà bien difficile à atteindre. Par ailleurs, la guerre et la pandémie n’ont fait qu’éclater une inflation préparée de longue date par le laxisme des politiques publiques et des banques centrales. L’invention du quantitative easing pour faire face à la crise des subprimes il y a douze ans a permis aux pays dépensiers de s’endetter toujours plus en faisant indirectement, via le système bancaire, refinancer leurs dettes par les banques centrales à des niveaux sans cesse plus élevés. Cette aubaine à court terme a un prix aujourd’hui. Il faut toujours rembourser ses dettes par plus d’impôt ou par l’inflation et souvent par les deux. Il faudra donc sans doute augmenter les impôts à l’encontre des promesse faites par M. Macron de les baisser encore.

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