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Note de lecture : La religion écologiste, de Christian Gérondeau

vendredi 4 juin 2021, par Alain Mathieu

La semaine dernière, le livre récent de Steven Koonin, conseiller climat d’Obama et climatologue réputé, a été ainsi résumé par l’IREF : les modèles informatiques utilisés par le GIEC pour prévoir le climat sont trop loin de la réalité, et trop dépendants d’hypothèses arbitraires, pour être fiables ; l’influence des émissions humaines de CO2 sur le climat est, et restera, faible ; chercher à réduire ces émissions, c’est poursuivre une « chimère ».

Dans son livre Steven Koonin ne répondait pas à la question : pourquoi ces vérités sont-elles ignorées de tous les media et de la quasi-totalité des dirigeants politiques ?
Le livre de Christian Gérondeau y répond avec maestria.

Pour lui, les dirigeants du GIEC ont lancé des « appels ouverts » aux scientifiques du monde entier pour qu’ils leur soumettent des « scénarios » informatiques d’évolution du climat. Ils ont publié les résultats de 164 scénarios, et choisi le scénario le plus extrême. Ils ont conclu que, sans intervention pour les réduire, les émissions humaines de CO2 causeront un réchauffement catastrophique de l’atmosphère terrestre. Ils ont proposé une solution pour les réduire : « Il serait possible que près de 80 % de l’approvisionnement énergétique mondial soient assurés par les énergies renouvelables en 2050 » (communiqué du 9 mai 2011). Depuis lors, cette conclusion et cette solution sont considérées comme paroles d’Evangile par les media. Elles sont la base de l’Accord de Paris de 2015 et des politiques appliquées par les pays développés.

Pour arriver à ce « processus de désinformation qu’on peut qualifier de professionnel » , « une escroquerie intellectuelle supérieure à celle de Lyssenko en Russie », par laquelle « jamais autant d’hommes n’auront été trompés par si peu », il a fallu l’action résolue de trois hommes : un météorologue suédois, Bert Bolin, président du GIEC de 1988 à 1997, appuyé par Olof Palme, premier ministre suédois ; un Canadien, Maurice Strong, secrétaire général adjoint des Nations-Unies, créateur d’un nouveau département des Nations-Unies, le Programme pour l’Environnement, et organisateur, avec des ONG, du sommet de Rio qui aboutit à la Convention des Nations-Unies sur le changement climatique ; un Américain, James Hansen, directeur d’un département de la NASA, qui avec son ami Al Gore organisa une séance du Sénat américain assurant le lancement du GIEC.

Ces trois hommes ont été aidés par des responsables d’ONG : Sven Teske, de Greenpeace, auteur du scénario extrême choisi par le GIEC, financé par l’industrie photovoltaïque ; Adim Steiner, directeur général de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature, qui regroupe un millier d’ONG ; un économiste britannique, Nicholas Stern ; et un ex-jésuite allemand, Ottmar Edenhofer, qui voulait « redistribuer la richesse du monde par la voie de la politique climatique ». Ils étaient tous mus par une idéologie rousseauiste : la conviction de la nocivité du genre humain. Ils étaient les victimes d’une « semi-cécité écologique », qui ne voit que la moitié négative d’une situation.

Comme l’avaient été avant eux Rachel Carson, qui fit interdire le DDT pendant 30 ans, en principe pour sauver les oiseaux, le Club de Rome, qui en 1972 assurait que le pétrole serait épuisé en l’an 2000, et Paul Ehrlich, qui prévoyait une explosion catastrophique de la population mondiale.

Leur action a été soutenue par des dirigeants politiques : Margaret Thatcher, qui voulait fermer des mines de charbon ; Ronald Reagan, qui préférait les savants aux écologistes ; Richard Nixon, créateur de l’Environment Protection Agency. Sans oublier ceux qui étaient en quête des voix des écologistes : Tony Blair, Barack Obama, François Hollande, Angela Merkel, Emmanuel Macron, etc. La science et la politique sont maintenant corrompues par l’idéologie.

Christian Gérondeau explique l’absurdité du but de la « neutralité carbone » en 2050 : les énergies renouvelables ne pourront pas couvrir 80 % des besoins énergétiques mondiaux. Comme l’a prévu l’Agence Internationale de l’Energie, les besoins mondiaux d’énergie augmentent, notamment du fait des pays en voie de développement qui ont besoin de plus d’électricité et de mobilité. En raison de leur intermittence, les énergies renouvelables ne pourraient représenter au maximum que la moitié de la production d’électricité, qui elle-même ne représente que 20 % des besoins énergétiques mondiaux, les 80 % restants étant assurés par les hydrocarbures. Il est impossible que ces éventuels 10 % deviennent 80 % de la fourniture d’énergie. Les émissions de CO2, qui auraient dû être de 17 milliards de tonnes en 2019 d’après le GIEC, ont été le double.

L’Europe, menée par Angela Merkel et Emmanuel Macron, poursuit une politique de gaspillages inutile et suicidaire. La Russie, la Chine, l’Inde et tous les pays en voie de développement ont l’intelligence de ne pas se convertir à cette religion écologiste.

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Vos commentaires

  • Le 5 juin à 05:27, par Laurent46 En réponse à : Note de lecture : La religion écologiste, de Christian Gérondeau

    La vraie question est de savoir pourquoi autant d’hommes et de femmes de tout niveau social se laissent tromper à longueur d’année ! Est-ce la baisse du niveau général ou de la seule raison humaine qui fait de l’humain l’animal le plus stupide que l’humanité a sus créer ?

  • Le 5 juin à 05:43, par STHENEUR Eric En réponse à : Note de lecture : La religion écologiste, de Christian Gérondeau

    Le Rechauffement climatique est une réalité, il se produit tous les 125000 ans ne serait ce qu à l aire quaternaire, ces periodes s appellent des periodes interglaciaires la présente s appelle l Eémien, elles ont pour cause PRINCIPALE, absolument PAS l activité humaine mais bien davantage l orbite solaire oû l’orbite terrestre autour di soleil est plus circulaire qu’ elliptique et plus proche du soleil donc plus chaude...
    L humain a t il une part de responsabilité dans ce réchauffement ?
    Nos activités humaines ont probablement un effet cumulatif d autant plus regrettable qu’il tombe pile en phase avec un.pic interglaciaire
    L impact de la composante astronomique est de l ordre de 15-20° de yoyo entre périodes glaciaires et interglaciaires depuis 1Mio d’années, lors de la derniere grande periode glaciaire en Europe, le niveau des mers etait bien +- 100m plus bas mais il y avait 1 à 2 kms de glace au dessus de Paris et Londres...
    L incidence humaine sera peut-être entre +1
    et +5° au dessus des 15 à 20° dejà evoqués,...
    Lors du dernier pic interglaciaire il y a 125000 ans, l homme etait deja là mais n y etait pour rien, il s est adapté : nous sommes passés de l homme de Neanderthal à l Homo sapiens d aujourd hui...
    CQFD...
    Le niveau des mers etait 6 a 13m plus haut qu auj hui et non 100m comme on le lit sous la plume de ces nouveaux ayatollahs du catastrophisme climatique...
    Courage à chacun
    Grosses buses à chacune
    Eric S.
    Sceaux

  • Le 5 juin à 06:40, par Simon Choisy En réponse à : Un exemple

    L’ignorance autant que l’’hysterie qui s’emparent des débats écologiques est stupéfiante. En voulez vous un seul exemple simple et intestable ? Une voiture émet du CO2 qui est un gaz à effet de serre et non un polluant comme les nox, les particules, le Monoxyde de souffre, le benzène, etc. Demandez autour de vous si la voiture pollue indépendamment de sa consommation en carburant ? Réponse garantie ....

  • Le 5 juin à 15:25, par Casanova En réponse à : CO2 et financiarisation

    Personnellement j’ai commencé à m’intéresser aux problèmes climatiques au milieu des années 90, alors que, j’essayais de comprendre les mécanismes de la dérive spéculative financière. Ça a fait « tilt » et bien qu’à l’époque, la bibliothèque internet ne soit qu’à l’état d’embryon je me suis mis à l’affut des informations diffusées à ce sujet via la presse scientifique. Mais l’élément déclencheur a été le fait que la finance se soit emparée, suite au protocole de Kyoto, de la titrisation des droits à polluer.
    Depuis les années 2000, le marché carbone des droits à polluer n’est plus là pour « encadrer » la pollution, il est devenu une extension du domaine de la finance. Voir l’ouvrage d’Aurélien Bernier, « Le climat otage de la finance ».
    On peut schématiser le fonctionnement du marché du carbone de la façon suivante : les ’industries X et l’industrie Y, se voient attribuer sans frais, par le gouvernement, des permis d’émission de GES pour l’année. Ceux-ci correspondent à une estimation du nombre de tonnes d’équivalent carbone (MT CO2e) devant être produit en un an, par type d’industrie, nombre qui est censé être diminué graduellement d’une année à l’autre. Supposons que l’industrie X a réussi à réduire ses émissions sous le niveau permis (en modifiant ses procédés ou en raison d’une baisse de production), elle pourra vendre l’excédent à l’entreprise Y, qui elle souhaite dépasser le niveau permis. C’est l’offre et la demande qui fixe le prix.
    Les différents marchés du carbone - il y en a 17 en tout - découlent des mécanismes de flexibilité prévus par le protocole de Kyoto. Ces mesures étaient essentiellement destinées à réduire l’impact des engagements pris par les pays industrialisés en faveur du climat. Outre le mécanisme d’échange de permis, décrit précédemment, citons aussi le mécanisme de développement propre (MDP), qui permet l’achat de crédits de compensation issus de projets visant la réduction des GES dans les pays du Sud.
    Le parti pris de nos gouvernements pour la bourse du carbone n’a pas de quoi surprendre. L’idée de laisser un système calqué sur le modèle financier réguler les émissions de carbone est alléchante, car cela revient, pour les pouvoirs publics, à s’en délester tout en donnant à l’électorat l’impression d’agir pour contrer les changements climatiques.
    Non seulement inefficace pour réduire la production de GES, le marché du carbone est aussi nuisible de plusieurs manières. Il entraîne une ruée sans précédent sur les terres et les ressources du Sud par la finance internationale, qui voit dans les crédits de compensation une occasion d’affaire à saisir.
    Cette financiarisation se fait au détriment des populations locales, qui non seulement n’en bénéficient pas, mais se voient privées de leurs moyens de subsistance et parfois chassé manu militari des territoires qu’elles occupaient depuis des générations. Le documentaire « La ruée vers le carbone, réalisé par Amy Miller, est d’ailleurs éloquent à ce sujet.
    Le marché du carbone est mal réglementé et facile à frauder, puisque les instances chargées d’en assurer le fonctionnement se basent sur les données fournies par l’industrie pour estimer le nombre de tonnes d’équivalent carbone (MT CO2e) produites ou économisées par un projet donné.
    Il importerai de recadrer le débat entourant le marché du carbone. Car ce qui se cache derrière ce système complexe aux visées prétendument vertes, c’est ni plus ni moins que la marchandisation de l’atmosphère. Il s’agit d’un problème d’ordre moral qui nous concerne toutes et tous. C’est pourquoi il faut à tout prix éviter que les termes de ce débat soient monopolisés par les experts tous azimuts. Il faut refuser ce système qui, en se généralisant et s’étendant à la biodiversité, à l’eau et aux services écosystémiques, accentue de manière exponentielle la privatisation de la nature. Spéculer sur la nature pour la sauver est une fausse bonne idée.

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