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L’entreprise, l’ingénieur et le pouvoir, par Olivier Zarrouati et Mario Le Glatin

L’Harmattan, juin 2021

vendredi 20 août 2021, par Jean-Philippe Delsol

Les patrons, ou plus souvent les anciens patrons racontent volontiers leur histoire, généralement pleine d’enseignements. L’exercice n’est pas facile car il peut devenir fastidieux pour le lecteur. Il n’en est rien avec le récit d’Olivier Zarrouati. Polytechnicien, celui-ci a été le dirigeant de la société Zodiac Aérospace pendant dix ans avant de pousser ses actionnaires à céder l’entreprise à Safran dans des conditions qu’il relate et où toute l’habileté du vendeur se déploie.

Cet ouvrage est donc une leçon de management qu’il donne à deux voix dans un dialogue très vivant avec Mario Le Glatin, jeune ingénieur aéronautique qui le connaît bien. Mais c’est avant tout une série de réflexions franches et pertinentes sur l’entreprise et son environnement.

Sans vergogne, mais non sans modération, il s’en réfère à la doctrine sociale de l’Eglise pour valoriser quelques maitres mots : confiance, courage, … Il insiste sur la subsidiarité qui doit conduire le chef à recruter plus compétent que lui quand il le peut, qui incite à laisser des espaces de liberté et d’initiative aux collaborateurs pour qu’ils puissent avoir la responsabilité de leur ouvrage : « Tout le monde y gagne, car chacun est grandi de pouvoir aller au bout de ce qu’il peut faire. La valeur de chaque tâche en est augmentée. Les postes de travail de l’entreprise gagnent en qualification, et leurs titulaires en dignité ». Un rappel de ce que disait déjà il y a plus d’un siècle le chrétien engagé qu’était le syndicaliste Hyacinthe Dubreuil, dont il s’inspire peut-être sans le citer.

Il vante le capitalisme familial et regrette les droits de succession confiscatoires qui entravent la transmission. Car les héritiers sont généralement conscients de leurs devoirs de passeurs de générations et d’accomplissement : « Pour un Lagardère qui dilapide l’œuvre du père, combien d’autres héritiers vivent honnêtement dans la seule ambition de transmettre mieux que ce qu’ils ont reçu ? ».

Il fustige le code du travail soucieux de détails inutiles plutôt que de l’essentiel qui doit permettre aux hommes de l’entreprise de vivre en confiance réciproque et dans la dignité. « Je souhaite, écrit-il à l’encontre de la doxa, à tous les salariés du monde de penser à leur œuvre pendant leurs temps de repos, car c’est là le signe qu’elle les grandit ». Il dénonce une égalité étouffée par des exigences administratives de ratios, quotas et autres plutôt que d’être favorisée dans la reconnaissance de l’intérêt commun de la diversité. Il s’insurge contre le comportement des syndicats français présomptueux et néanmoins endormis sous le bénéfice de la « présomption irréfragable de représentativité qu’ils se sont arrogée.

Il explique la nécessité du profit dont le dirigeant doit être obsédé, écrit-il, « non pas par avidité reptilienne du cash ou des bonnes notes, mais parce que chaque euro gagné, c’est de la R&D, c’est de l’investissement, c’est des talents, c’est de l’achat de parts de marché, et c’est donc de la durée ».

Il expose comment la Puissance publique peut perturber indument le marché et combien l’innovation, la concurrence, le service et le respect des parties prenantes sont importantes. Pour protéger l’entreprise, celle-ci a tout intérêt à édifier, quand elles sont possibles, des barrières d’entrée. Mais celles-ci ne permettent pas tout et ne sont jamais définitives, et les entreprises qui n’y veillent pas suffisamment en font la mauvaise expérience. C’est peut-être ce qui est arrivé à Zodiac Aérospace même si Olivier Zarrouati a réussi à sortir de la difficulté par la cession de l’entreprise à ceux qui devraient savoir la porter plus loin.

Le meilleur enseignement d’Olivier Zarrouati est peut-être que l’entreprise doit d’abord être attentive aux personnes qui y contribuent et que la technique ne doit pas faire disparaître le discernement. Un bel ouvrage.

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Vos commentaires

  • Le 21 août à 06:46, par zelectron En réponse à : L’entreprise, l’ingénieur et le pouvoir, par Olivier Zarrouati et Mario Le Glatin

    Olivier Zarrouati a bien fait de céder Zodiac Aérospace (peu considérée par Bercy) à Safran qui au contraire peut faire plier le fisc. D’autres équipes d’ingénieurs qui allaient enrichir l’entreprise assurèrent la pérennité au moins pour un temps des activités "Zodiac" avec malheureusement les financiers qui s’en mêlent,.

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