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M. Trump a raison contre la Chine qui doit changer

Le président américain a souvent de la suite dans les idées et concernant sa guerre commerciale contre la Chine, ses arguments sont justes. La Chine ne respecte pas les règles du commerce international, ses entreprises sont dans leur très grande majorité détenues et subventionnées par l’Etat, le pays se moque de la propriété intellectuelle et s‘adonne au vol des brevets sans le moindre état d’âme. Ces pratiques ont toujours été la marque déposée des pays communistes et la Chine ne les a jamais abandonnées. Notre pays en est aussi victime. Une enquête du Figaro réalisée l’année dernière montre très bien la manière dont l’espionnage économique chinois vise la France qui devrait d’ailleurs soutenir Trump dans ses initiatives.

L’Etat, le parti et les entreprises sont interdépendants en Chine. Même dans le secteur à forte croissance des technologies de l’information, des sociétés comme Tencent ont été soumises à une surveillance accrue de la part du gouvernement et à une « réforme de la propriété mixte », les incitant à investir d’importantes sommes dans des géants en difficulté. La part de l’État dans l’investissement total, en diminution constante pendant la majeure partie des années 2000, s’est stabilisée depuis 2012 entre 35% et 40% environ. De plus, selon la Banque mondiale, les taux moyens des droits de douane appliqués sur les produits commerciaux représentent 1.66 % pour l’Amérique contre 3.83 % pour la Chine (1.79 % pour l’Europe). Concernant la propriété intellectuelle, ce que la Chine a volé aux Etats-Unis représente pour ces derniers une perte estimée entre 225 et 600 milliards de dollars. En 2017, le citoyen chinois Kevin Dong Liuwas a été arrêté pour avoir tenté de voler des secrets commerciaux et informatiques à Medrobotics, dans le Massachusetts. La technologie robotique de la société, qui n’était pas brevetée au moment du vol, pourrait devenir un jour de la plus haute importance dans la recherche médicale. En 2012, une enquête du House Intelligence Committee révéla le comportement « peu respectueux des droits de propriété intellectuelle » de la société chinoise Huawei à l’égard de la concurrence. Entre autres actions illégales, Huawei a volé le code informatique créé et breveté par Cisco en Californie, en le copiant électroniquement et en l’insérant dans ses propres produits. Cisco est aussi un important contractant du département de la défense américaine.

En octobre 2018, le Département du Commerce américain a accusé la société chinoise Fujian Jinhua Integrated Circuit Co. d’avoir volé des secrets commerciaux à Micron, un fabricant de semi-conducteurs basé à Boise (Idaho). Micron produit jusqu’à un quart des circuits intégrés de mémoire dynamique à accès aléatoire du monde, qui sont utilisés dans les ordinateurs personnels et qui ont d’importantes applications militaires. Le Département du Commerce a interdit la vente de toute technologie d’origine américaine à Jinhua.

La Chambre de commerce américaine basée en Chine a protesté auprès des autorités gouvernementales chinoises, qui exigent souvent, des entreprises américaine, la divulgation d’informations technologiques confidentielles en échange d’une autorisation de vendre sur le marché chinois. Plus de 20% des sociétés américaines opérant en Chine ont été « invitées » à transférer des technologies à des partenaires chinois au cours des trois dernières années.Il y a quelques jours, le président américain a porté à 25 % les droits de douane sur des produits en provenance de Chine d’une valeur de 200 Mds de dollars. Il a aussi empêché la société Huawei d’avoir accès au marché américain. Il sait pertinemment que c’est bien la Chine qui a besoin du marché occidental pour écouler ses produits. Les dirigeants chinois le savent aussi et ils céderont probablement tôt ou tard. Les changements imposés par Trump dans les pratiques commerciales chinoises pourraient d’ailleurs pousser le pays vers une libéralisation et des réformes plus audacieuses de son économie. A condition que les apparatchiks chinois se rendent compte qu’ils ne peuvent pas continuer avec les mêmes pratiques datant de l’époque communiste.

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