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Les failles du système Macron :
des éoliennes au consulat de LA

Hulot s’en va. On pourrait s’en réjouir si on ne connaissait pas l’histoire de la vieille de Syracuse que raconte Valerius Maximus (historien du 1er siècle après JC), sur Denys, un des tyrans de Syracuse, que tous détestaient. Denys apprit pourtant qu’une vieille femme priait chaque jour pour lui. Surpris, il la fit venir et l’interrogea sur ses motifs. Par quel bienfait avait-il pu mériter ses prières ? “J’ai, dit-elle, une raison bien particulière d’agir ainsi. Quand j’étais jeune, nous avions un tyran redoutable et je désirais en être débarrassée. Il fut tué ; mais un autre plus terrible encore s’empara de la citadelle. Je regardai encore comme un grand bonheur de voir finir sa domination. Tu es devenu notre troisième maître et nous t’avons trouvé plus dur que les deux premiers. C’est pourquoi, dans la crainte que ta mort n’amène à ta place un successeur encore pire, j’offre ma vie aux dieux pour ta conservation.”

Peut-être en va-t-il de même pour Emmanuel Macron qui nous évite la France insoumise ou le Rassemblement national, pensent beaucoup de « vieilles femmes ».

Et pourtant le système Macron se délite. Hulot lui-même n’aurait-il pas commencé sa carrière ministérielle en rendant service à la famille Macron ? C’est lui en effet qui, à peine nommé, a décidé, au cœur de l’été 2017, quand les Français ne s’occupaient guère de l’actualité, la suspension du projet d’installation de 40 éoliennes en pleine mer, sur le banc de sable entre le Touquet et Berck. Une décision en forme d’enterrement définitif pour laquelle militait Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron (cf. La Voix du Nord du 10/08/2017) ! Une décision pourtant surprenante quand on sait que partout ailleurs les projets d’éoliennes en mer, aussi perturbateurs et quasi inutiles que celui du Touquet, sont maintenus contre vents et marées malgré l’opposition très majoritaire des populations locales qui s’expriment dans les enquêtes publiques.

Sur la mer proche de Brégançon on a d’ailleurs vu cet été M. Macron faire du jet ski sur une zone où il est strictement interdit, afin de préserver la biodiversité marine (Cf. Valeurs Actuelles du 30/08/2018). M. Macron ne respecterait donc pas l’état de droit dont il impose aux autres les dictats. Pas plus que sa ministre de la Culture, Mme Nyssen, l’icône culturelle des premiers mois de gouvernement, dont la maison d’édition, fait l’objet de saisines pour avoir construit à tout va sans autorisation, tant dans le midi qu’à Paris.

Mais des faveurs peuvent être obtenues sans être affilié à la famille présidentielle. Il suffit d’écrire un livre élogieux ( Un personnage de roman, Julliard, 2017) comme l’a fait l’écrivain Philippe Besson, désormais nommé consul de France à Los Angeles, un poste très convoité.

L’affaire Benalla n’était qu’un symptôme d’un pouvoir trop personnel. Les dérives délictuelles d’un petit employé de sécurité présomptueux et sans scrupule ne peuvent être exclues, mais c‘est l’amitié du président avec cet homme, sa proximité et la protection indue dont il a fait l’objet qui ont le plus choqué.

D’ailleurs on peut s’interroger sur le nombre de cas de favoritisme au sommet de l’Etat quand on apprend la nomination d’Agnès Saal comme haut commissaire à l’Egalité, la diversité et la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère de la Culture. Agnès Saal avait pourtant défrayé la chronique lorsqu’on avait découvert qu’elle se faisait rembourser des notes considérables de taxi pour elle et ses enfants alors qu’elle était directrice de l’INA ou précédemment du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou. Elle a été condamnée par le tribunal de Créteil, le 11 avril 2016, pour détournement de biens publics, à rembourser les notes indues à l’INA et à verser 150 jours-amende à 30 euros ; condamnée aussi par le tribunal correctionnel de Paris le 15 avril 2016, pour les mêmes détournements au Centre Pompidou, à trois mois de prison avec sursis et 3000€ d’amende. Agnès Saal est néanmoins aujourd’hui récompensée par une nomination à un poste qui devrait pourtant exiger encore plus de moralité que d’autres !

Où est donc l’Etat de droit ? Et la République exemplaire ? Quand le souverain se dispense d’obéir aux lois qu’il promulgue, le despotisme n’est pas loin. Comment peut-on être crédible et exigeant quand le copinage semble devenir familier du pouvoir, quand l’intérêt et/ou les sentiments personnels ont une chance de l’emporter sur la raison et la vertu pour décider d’une politique ? Et la question peut se poser : la politique de restriction budgétaire ne vise-t-elle pas essentiellement les familles et les retraités parce que M. Macron n’a pas eu d’enfants et qu’il est encore jeune ? Les projets manquent désormais de la fiabilité nécessaire à leur succès. Il est trop facile d’accuser la conjoncture et l’air du temps pour expliquer que le déficit et la dette publique devront augmenter, que le nombre de fonctionnaires ne peut pas baisser malgré les promesses, que les engagements doivent être reportés à l’égard des entreprises, que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu risque d’être un grand capharnaüm… A vouloir tout faire en même temps, on prend le risque de tout rater. A vouloir tout faire seul, on prend le risque de se tromper. Quand l’Etat veut s’occuper de tout, il y a toutes les chances pour qu’il s’en occupe mal. Viendra un jour où même la vielle femme de Syracuse ne pourra plus prier pour Emmanuel.

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