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La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

mercredi 16 juin 2021, par Thierry Benne

Une annonce aguichante : un euro de cotisation ouvre strictement le même droit à pension pour tous. Une réforme systémique qui impose la généralisation du calcul par points, un régime unifié à terme avec la fin des injustices comme celle des régimes spéciaux. Bref un beau coup de com’ même si, pour que la justice soit vraiment "juste », il aurait fallu aligner le calcul des droits à pension sur les seules cotisations salariales relativement homogènes tous secteurs confondus, alors que les cotisations patronales de natures intrinsèquement différentes sont rigoureusement incomparables entre le secteur public et le secteur privé.

I – L’ABANDON DU CHANTIER

Quatre ans après qu’en reste-t-il ? Plus de trois ans de discussions et de palabres stériles, trois ans d’annonces contradictoires, de volte-face, d’opacité brouillonne. Un Commissaire aux Retraites largement désavoué peu de temps après qu’il soit devenu Haut-Commissaire (la Roche Tarpéienne…) pour des raisons qui n’étaient pas toutes techniques. La succession bricolée dans l’urgence et dévolue ensuite à un nouveau Secrétaire d’État, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas illuminé l’institution. Des débats parlementaires mal engagés devant l’Assemblée Nationale, où le parti dominant a largement abusé de sa majorité en concourant ainsi à l’échec de la Commission spéciale chargée de l’examen du projet, avant que le Premier Ministre E. Philippe lui-même ne recoure en dernier ressort à l’article 49-3 de la Constitution pour mettre un point final à une première lecture devenue passablement chaotique. Survient alors durant plus d’un an la pause obligée due à la brutale aggravation de la Covid. Soucieux cependant de mener à bien ce qu’il avait présenté comme la réforme-phare de son quinquennat, le Président E. Macron vient d’annoncer tout de go au début de son tour de France qu’il fallait absolument relancer la réforme des retraites, mais qu’elle ne pourrait être reprise en l’état. Des propos qui signent l’arrêt d’un projet mal né et qui sonnent comme un désaveu pour tous ceux qui de près ou de loin ont eu à y participer, entre autres :

- le Président de la République en tête dont la maîtrise d’œuvre a été pour le moins chancelante ;

- son Premier Ministre E. Philippe qui, avec la géniale trouvaille de l’âge-pivot, a su rajouter non pas la goutte, mais le verre plein d’eau qui ferait inévitablement déborder le vase ;

- le Commissaire J-P. Delevoye, dont on s’est aperçu qu’il avait certes beaucoup réuni, beaucoup conféré, beaucoup communiqué, mais qu’en réalité il n’avait en plus de deux ans rien négocié du tout ;

- et enfin le Secrétaire d’État L. Pietraszewski, dont l’ennui est demeuré tel en son poste qu’il s’est cru obligé de prendre la tête de liste de la République En Marche en vue de la prochaine élection régionale des Hauts-de-France.

II – DES ERREURS À LA PELLE

En réalité, cette réforme avortée coche pratiquement toutes les cases d’une anthologie de ce qu’il ne fallait pas faire. En commençant par le début, il ne suffit pas que trois ou quatre économistes de renom, fussent-ils proches du Président, griffonnent sommairement sur un coin de table l’esquisse d’une réforme des retraites qui privilégierait désormais l’approche par points, pour que d’un coup le projet prenne corps. Il eût fallu d’abord débattre avec toutes les parties intéressées, syndicats de salariés et organisations patronales, mais aussi la collectivité des retraités et non pas seulement quelques associations bien en vue. Il eût fallu aussi entendre attentivement leurs revendications, les étudier posément, les discuter sereinement, puis enfin négocier pied à pied en s’assurant que l’avancée du projet ne perdait jamais de vue ni sa faisabilité, ni son équilibre financier. C’est ainsi que tout au long de cette démarche, on aurait dû veiller à l’établissement originel et à l’actualisation régulière d’un plan-masse financier qui détaille toutes les recettes et toutes les dépenses actées, afin de pouvoir lors du cadrage final du projet présenter des chiffres convaincants, connus et acceptés de tous et qui garantissent l’équilibre global de la réforme, avec des prévisions sérieuses tant pour l’indispensable période de transition, qu’une fois atteint le régime de croisière.

III – L’ÉCHEC EN MARCHE

Or c’est seulement lors du dépôt du projet de loi sur le bureau de l’Assemblée Nationale qu’on s’aperçut que – selon les dires mêmes du Conseil d’État - le projet était à ce point lacunaire que sa lecture ne permettait pas à la Haute Assemblée de se prononcer valablement sur la réforme. Dès le début des débats, l’opposition protesta que le projet naviguait quasiment sans véritable étude d’impact, pourtant obligatoire pour une réforme de cette importance. Certes l’Exécutif piqué au vif poussa les feux pour bâcler rapidement un document-fleuve, mais son volume, comme son retard de communication excluaient à eux seuls tout travail législatif sérieux. Par ailleurs, l’interrogation cruciale sur l’équilibre global de la réforme n’était toujours pas levée. L’arrogance du parti majoritaire et l’intransigeance de la Présidente de la Commission spéciale chargée de l’examen du projet firent le reste, en favorisant le foisonnement déraisonnable des amendements, de concert avec le déchainement des corporatismes, pour aboutir finalement au constat d’échec de ladite commission. Rappelons quand même que tout ce beau monde avait trouvé parfaitement normal que le Conseil d’Administration de la future Caisse Nationale de Retraite Universelle ne comporte pas la moindre représentation collective et élue des retraités. Ce qui est quand même un comble d’exclure avec 18 millions de retraités, rien moins que le quart de la population française et l’intégralité des pensionnés-vieillesse, lorsqu’on revendique un double caractère national et universel pour cette institution. Dès lors, il était clair que le projet avait perdu son cap et que désemparé, il ne se bornait plus qu’à errer à la corne de brume, avant que la progression foudroyante de la Covid ne lui procure opportunément ce répit qu’on appelle une trêve.

IV – UN IMMENSE GÂCHIS

De ce projet bâclé et peu glorieux, on peut regretter notamment :

- au- delà des milliers de tonnes de papier vainement imprimé, les dizaines - et probablement plus encore - de millions d’heures perdues de toute part, tant sans le secteur public que dans le secteur privé, à analyser et à débattre y compris au Parlement d’un projet inabouti, mal calé sur ses fondamentaux, à la logique fuyant et dont apparemment personne du côté du pouvoir n’avait eu la lucidité de pointer et encore moins de corriger les cruelles insuffisances et les nombreuses ambiguïtés ;

- la supercherie du Grand Débat National réduit en une simple collecte de données à dépouillement strictement statistique, sans tenir aucun compte de la teneur réelle des propositions des contributions les plus soigneusement rédigées, dont certaines présentaient pourtant un caractère pertinent ;

- la volonté systématique et en quelque sorte pathologique d’exclure les retraités de tous les endroits où ils pourraient être utiles et notamment quand leur expérience est irremplaçable (les actifs : que connaissent-ils exactement de la retraite ?). On notera que l’attention personnelle du Président de la République a été à plusieurs reprises attirée par écrit sur cette ségrégation, sans qu’il ait jamais daigné porter à cette question le moindre intérêt ;

- l’enchaînement des grèves et des manifestations qui, de toutes parts, ont sans doute coûté fort cher au pays en pénalisant sévèrement et durant de longs mois l’activité nationale, l’ensemble des usagers et des entreprises étant une nouvelle fois pris en otages ;

- les incertitudes de la réforme, qui n’ont sans doute pas pesé pour rien dans l’obstination des Gilets Jaunes ;

- la perte de confiance à l’étranger en la capacité de la France à se réformer et à ne serait-ce qu’amorcer un meilleur contrôle de ses dépenses publiques ;

- la dévalorisation de la procédure constitutionnelle de l’article 49-3, lorsqu’elle ouvre sur le vote de force de projets de loi, dont le retrait ultérieur par leurs auteurs confirme la médiocrité ou la parfaite inanité.

Visiblement, la stratégie gouvernementale a été plus qu’hésitante et tout au long de son parcours, le projet a donné une impression de flottement, avec l’avènement final d’un immense gâchis dû tout autant à l’impréparation qu’à l’arrogance du pouvoir, comme à celles d’une majorité qui a fait semblant pendant trois ans de maîtriser parfaitement une réforme, qu’en réalité personne n’avait sérieusement préparée, examinée, ni planifiée. Et la déception est d’autant plus grande, que de nombreux électeurs avaient choisi le Président Macron précisément pour le côté rassurant de son expertise financière. On vient tout juste de s’apercevoir que l’excellence dans le domaine des fusions-acquisitions ne garantit nullement la réussite d’une réforme aussi ambitieuse et aussi complexe que celle des retraites.

V – CONCLUSION

Puisse ce grave échec instruire le pouvoir, qui se dit prêt à lancer la saison 2 de sa réforme dès avant la prochaine échéance présidentielle et notamment :

- l’engager à ne plus confondre les simples auditions des partenaires sociaux et des autres avec des discussions approfondies, ni ces discussions avec les négociations subséquentes qui doivent clore les échanges ;

- l’obliger à considérer la collectivité des retraités - et non pas seulement certains d’entre eux- comme ses interlocuteurs obligés en raison même de l’expérience qu’ils sont seuls à avoir et parce qu’un système de retraite sans retraités ne veut rien dire ;

- le conduire à admettre les amendements de bon sens, même lorsqu’ils ne viennent pas de sa majorité ;

- l’amener à se soucier dès le début et non pas simplement in fine des équilibres financiers en cause ;

- l’inciter enfin à construire patiemment une véritable étude d’impact pour éviter de fournir in extremis une somme indigeste destinée à saturer le lecteur et à décourager toute approche critique de sa part.

- enfin, s’abstenir d’ajouter à la dernière minute une clause-surprise non négociée, telle que l’âge-pivot, qui questionne la cohérence du projet tout entier en déséquilibrant tout à la fois sa présentation et sa discussion.

Et enfin, alors que les équilibres financiers ont été mis à mal par la Covid, il faudra pour prévenir un second échec, qui serait cette fois dirimant, repenser entièrement toute la réforme et accorder aux débats toute la durée indispensable, en s’interdisant la trompeuse facilité d’un rafistolage bricolé d’urgence et sous la pression. Il conviendra notamment de prendre le temps de projeter la réflexion nécessaire très au-delà de la prochaine échéance présidentielle, tout simplement parce qu’il s’agit cette fois, au-delà même des contraintes financières, de garantir aux retraités qu’ils seront désormais pleinement associés aux choix qui les concernent et que la dernière partie de leur vie se passera dans la dignité et en évitant la misère.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/La-reforme-des-retraites-ou-le-bilan-d-un-immense-gachis

Vos commentaires

  • Le 17 juin à 04:37, par Laurent46 En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    L’immense gâchis ne serait-ce pas Macron et même l’ensemble de la classe politique qui a de nos jours une organisation particulièrement mafieuse tout en étant déconnecté de la France réelle ?
    Pourra t-on longtemps encore résister à un tel gâchis sans réactions violentes ?
    Comment peut-on accumuler autant d’idioties ? est-ce la féminisation de la vie politique et de la société qui en est à l’origine ?
    Est-ce le niveau intellectuel qui en est la cause une tête bien pleine n’est pas forcément une tête bien faite.
    Est-ce la nouvelle culture des loisirs et de la fainéantise qui en sont la cause ?
    Dans tous les cas il y a un virus nommé "imbécillité" qui se propage aussi vite que le covid et qui malheureusement n’a pas de vaccin.

  • Le 17 juin à 07:28, par BEAU En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    La réforme des retraites est un vaste sujet qui implique aussi bien un choix de société (la France qui travaille ou non) qu’une politique de nombreuses réformes qui visent les dépenses de l’Etat donc des choix politiques qui font (mal) fonctionner la société.
    Nous vivons plus vieux et en meilleure santé, ne nous en plaignons pas, cela a un coût et l’Etat n’a rien anticipé : en 1981, élection de Mitterrand qui s’est empressé de baisser l’âge de départ à la retraite (60 au lieu de 65 ans) alors que le trésor de guerre des caisses était déjà entamé et depuis le chômage n’a cessé d’augmenter.
    Macron et son gouvernement ne connaissent pas les Français et sont déconnectés de la réalité quotidienne et si leur projet de réforme des retraites visait à réduire les inégalités par contre en matière de financement : rien.

  • Le 17 juin à 09:01, par DELFOSSE En réponse à : Prise en compte des seules cotisations salariales

    L’introduction de l’article mentionne l’importance de ne prendre en compte que les seules cotisations salariales faute de quoi l’injustice du système français des retraites continuera de perdurer à cause de l’extrême diversité du niveau des cotisations patronales , surtout entre le monde du privé et le monde de l’administration.
    Très peu de Français comprennent de quoi il s’agit. Il est dommage que l’article n’est pas développé ce thème évoqué dans son introduction

  • Le 17 juin à 10:01, par Dudufe En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    Bref,que de pépins dans cette essai de réforme !

    Une fois de plus quelle précision chirurgicale de Thierry Benne dans les termes de cet article !

    Le pire point noir évoqué est l’absence des retraités dans ces instances.

    Bravo

  • Le 17 juin à 11:57, par zelectron En réponse à : Les retraites « réformées » ou le bilan d’une gigantesque manipulation

    les ponxionnaires se servent d’abord dont les personnels des caisses de retraites directeurs en tête, puis les élus, puis les ayants droits sans avoir cotisé, puis le remboursement des dettes après avoir spéculé, ce qui reste (ou pas) après avoir rogné jusqu’à l’os la valeur des points de retraite et amputé de taxes iniques (triple imposition ?) permet de servir avec parcimonie et erreurs (par inadvertance) la portion congrue . . . .

  • Le 17 juin à 12:00, par zelectron En réponse à : Les retraites « réformées » ou le bilan d’une gigantesque manipulation

    les ponxionnaires se servent d’abord dont les personnels des caisses de retraites directeurs en tête, puis les élus, puis les ayants droits sans avoir cotisé, puis le remboursement des dettes après avoir spéculé, ce qui reste (ou pas) après avoir rogné jusqu’à l’os la valeur des points de retraite et amputé de taxes iniques (triple imposition ?) permet de servir avec parcimonie et erreurs (par inadvertance) la portion congrue . . . .

  • Le 17 juin à 14:45, par PICOT En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    Bel article mais vous avez oublié un point important. Cette "réforme" doit absolument passer sous une forme ou sous une autre sinon la France ne bénéficiera pas des 40 milliards du "plan de relance" concocté par l’UE. Bruxelles nous ordonne aussi de diminuer les dépenses de santé, de modifier les règles du chômage etc...C’est l’UE qui commande et nos "gouvernants" actuels ne gouvernent rien du tout, ce ne sont que des courroies de transmission. Quant au système à "points" c’est un piège à crétins, ce que presque tout le monde a compris puisque c’est le gouvernement qui fixera la valeur du point. Et ne parlons même pas de la destruction des caisses de retraite des professions libérales qui, de ce fait, ne le seront plus.

  • Le 17 juin à 14:45, par PICOT En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    Bel article mais vous avez oublié un point important. Cette "réforme" doit absolument passer sous une forme ou sous une autre sinon la France ne bénéficiera pas des 40 milliards du "plan de relance" concocté par l’UE. Bruxelles nous ordonne aussi de diminuer les dépenses de santé, de modifier les règles du chômage etc...C’est l’UE qui commande et nos "gouvernants" actuels ne gouvernent rien du tout, ce ne sont que des courroies de transmission. Quant au système à "points" c’est un piège à crétins, ce que presque tout le monde a compris puisque c’est le gouvernement qui fixera la valeur du point. Et ne parlons même pas de la destruction des caisses de retraite des professions libérales qui, de ce fait, ne le seront plus.

  • Le 17 juin à 18:58, par Thierry BENNE En réponse à : @ PICOT

    LES RETRAITES MOBILISENT NÉCESSAIREMENT TROIS ACTEURS : DES SALARIÉS, DES PATRONS ET DES RETRAITÉS. UNE VRAIE RÉFORME DES RETRAITES NE PEUT DONC SE CONCEVOIR SANS LA PARTICIPATION OFFICIELLE ET COLLECTIVE DES RETRAITÉS À PARITÉ AVEC LES DEUX AUTRES PARTENAIRES SOCIAUX.

    Bien entendu, le fait que "la mère des réformes" ait piteusement avorté d’un projet bancale dès le début (cf. notamment mon autre réponse @ Delfosse) ne signifie nullement qu’il faille renoncer à concevoir, à préparer, à discuter et à négocier les bases d’une nouvelle réforme, celle-là sérieuse et courageuse. Mais avouez que le titre de l’article l’obligeait à privilégier une démarche rétrospectivement critique, sans vouloir risquer d’esquisser un avenir encore largement flottant.

    Je ne me sens pas en effet l’autorité, ni la légitimité de vouloir brider l’inventivité de nos gouvernants, de nos politiques et de nos syndicats qui, tous ensemble, nous ont parfaitement montré en trois ans tout ce qu’ils savaient faire à la fois en.matière d’usines à gaz et de déni de démocratie. Comme ils ne manqueront certainement pas d’écarter une nouvelle fois de leurs échanges les retraités qu’ils considèrent comme des pestiférés (l’apartheid n’existe plus en Afrique du Sud, mais il prospère en France !), ils pourront ainsi choisir avec délectation et parmi toutes les options, celle qui sera la plus complexe, la moins juste, la plus incertaine, en laissant sournoisement glisser les pensions moyennes vers les seuils de pauvreté.

    Mais, n’est-ce pas et c’est une consolation, comme aucune réforme ne peut se réaliser du jour au lendemain, ce qu’une loi a fait, la suivante peut le défaire...

  • Le 18 juin à 07:28, par Thierry BENNE En réponse à : @ DELFOSSE

    L’ART ET LES LIMITES DE LA PRESTIDIGITATION...

    Votre demande de précision quant à l’intérêt de prendre les seules cotisations salariales comme clef de répartition des futures pensions est tout à fait pertinente. Voici précisément de quoi il s’agit.

    La grosse malice du slogan macronien : "un euro de cotisation donne le même droit à pension à tout le monde, indépendamment du régime auquel il cotise" consistait tout simplement à mélanger sans le dire cotisations salariales et cotisations patronales pour donner l’illusion d’une nouvelle égalité.

    Or il n’en est rien, parce que si dans la quasi-totalité des régimes les cotisations salariales tournent autour d’un taux moyen de 11% (11,31% dans le secteur privé, 11,10% dans le secteur public) de la rémunération retenue comme base, il n’en va pas du tout de même quant aux cotisations patronales qui varient de 16,46% (secteur privé) à 126,07% (fonction publique d’État militaire) de cette même rémunération. Ce qui veut dire qu’à retenir le slogan précité un militaire qui cotise au total avec son employeur à 137,17% de sa rémunération cotisable aurait vocation à une pension presque 5 fois (4,94 exactement) supérieure à celle d’un salarié du privé, dont la cotisation totale incluant celle de l’employeur n’excède pas 27,77%, ce qui est évidemment absurde.

    Curieusement et bien que j’ai été l’un des seuls (sinon le seul) à dénoncer très tôt et à plusieurs reprises cette grossière mystification, elle n’a apparemment. choqué personne, ni chez les gouvernants, ni chez les politiques, ni chez les syndicats, ni chez les journalistes, ni chez tous ceux qui, en rangs serrés, ont envahi les plateaux de télévision ou les débats radiodiffusés. Pourtant, il était évident qu’une réforme qui partait sur de telles bases était complètement pipée, à moins de reconnaître - ce qui était politiquement difficile- que son annonce était parfaitement dolosive.

    Inversement, les taux salariaux étant quasiment identiques, il auraient aisément pu servir de clef à une répartition claire et juste, qui distinguait la constitution égalitaire des droits à pension sur la base des cotisations salariales , de leur financement par des contributions patronales fort inégalitaires qu’on aurait tenté de rapprocher par la suite . Il aurait suffi d’unifier les bases de cotisations retenues, notamment en y intégrant les primes de la fonction publique. Bien trop simple pour des esprits qui ne cherchent pour la plupart qu’à préserver leurs avantages, en noyant leur ignorance dans une complexité que bien peu de parlementaires sont. capables de démêler.

    Attention pourtant, cette réponse ne vaut telle quelle que pour les salariés et sa transposition pour les indépendants nécessiterait évidemment quelques précautions et quelques aménagements supplémentaires.

  • Le 19 juin à 21:53, par DOUMENG En réponse à : Et si on utilisait l’existant ?

    J’ai bien compris le souhait du Gouvernement de réaliser une retraite basée sur une capitalisation par points !
    En fait la majorité des professions ont à disposition une caisse complémentaire basée sur ce type de capitalisation !
    Pourquoi ne pas partir sur un transfert vers ces caisses complémentaires de cotisations en abaissant tous les ans le plafond de la caisse primaire ?
    Ou en versant un pourcentage des cotisations "retraite" actuelles, transférées tous les ans, progressivement pour atteindre 100%, sur 20,30,40 ans...
    Cela devrait poser quelques problèmes, mais nous avons les cerveaux pour trouver des solutions...
    Simple, trop simple, utopiste ????

  • Le 20 juin à 11:23, par Roland Mayet En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    Dans l’administration française, en majorité de gauche, il y a plein de "têtes bien pleines" mais assez peu de "têtes bien faites", avec du bon sens, qui ne s’acquière dans aucune école, qui fait partie de l’inné d’un individu.

  • Le 21 juin à 14:59, par Fedycki ghislaine En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    que se passe t il pour laisser ces situations se dégrader ???
    avec Michel DEBRE il y avait bon sens et réalité
    1 il est inévitable que toute invention change et donc la formation continue était de bon aloi
    2 avant de critiquer le coté paternel des patrons il faudrait voir que certains ont programmer une élévation positive et un attachement a l’entreprise (Merlin Gerin)

    3 pourquoi déstabiliser le monde médical en niant la hiérarchie et le nivellement par le bas est une mauvaise évaluation en médecine il faut toujours apprendre
    40 ans de cotisations c’était possible pour nous ! et les carrières longues aussi vu que nous n’avions pas la folie d’être tous des ELITES !!! et même que les posés dans le confort d’un bureau sont débordés !!! maintenant trop de systèmes en oubliant la règle de base un contrat est un contrat, une cotisation une cotisation !!! il est grand temps de regarder la base !!! un bon boulanger, une nounou, et un programme scolaire primaire mais entier !!! on est RICHE de son expérience et la violence n’est pas constructive !!!

  • Le 28 juin à 12:09, par Bonnes En réponse à : La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

    On parle des retraités sans les interroger !
    On parle de n’avoir qu’un seul type de retraite, faisons le TOUT DE SUITE ! Pas de régimes spéciaux, cela est intolérable.
    On parle de retraite à points, sur la durée du travail, c’est du vol pour ceux qui avait un calcul sur les 25 meilleures années, c’est automatiquement une baisse des pensions.
    On parle du financement des retraites, alors qu’une solution serait d’avoir le plein emploi avec 0 (zéro) chômeur, cela impliquera des cotisations en masse pour les retraites et la sécurité sociale.

    TOUS LES MOYENS devraient être pour éradiquer le chômage et par conséquence le manque de cotisations sociales.

    Il faudrait aussi que nos "élus" (peu élus avec l’abstention) qui ont une vie agréable pensent à ceux qui sont fatigués de conditions de travail de pire en pire, de trajets longs, de salaires de plus en plus bas. Et qui ne veulent plus travailler 37,5 ans, puis 41,5 ans puis 43,5 ans ....

    Donc il faut un référendum ! Des actions plein emploi !

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