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Avions Rafale et Suez : deux bonnes nouvelles

jeudi 1er avril 2021, par Patrick Simon

Voici deux bonnes nouvelles. La première concerne le canal de Suez. L’énorme porte-conteneur qui bloquait le canal a été remis à flot, en libérant ainsi le passage à la queue des navires qui attendaient derrière lui. Cet évènement de mer a mis sous le feu des projecteurs ce qui est à la fois une fragilité et une force du commerce maritime mondial.

L’idée de percer un canal à l’isthme du Suez fut celle de Ferdinand de Lesseps

C’est une fragilité en ce sens que 10% de ce commerce passe par le canal de Suez. Cela permet d’éviter de faire le tour de l’Afrique par le Cap de Bonne Espérance, ce qui coûte beaucoup plus cher en combustible que les taxes de péage du canal de Suez. C’est ainsi que passent les cargaisons en vrac de pétrole, de charbon et autres minerais ou matières premières en provenance d’Arabie, des Emirats, ou d’Australie (pour le charbon). C’est ainsi que passent les cargaisons de riz et autres céréales ou de sucre en provenance des pays du Sud Est asiatique ou de produits finis en provenance des usines de Chine. Mais il suffit d’un incident pour enrayer la machine et faire monter le prix de certaines denrées.

C’est aussi une force qui permet de mettre à la portée de tous et pour un prix raisonnable (le transport maritime est moins cher que les autres transports aérien, routier, ferroviaire) des marchandises autrefois très éloignées et de ce fait inaccessibles jusque-là. Le commerce maritime mondial permet désormais de les rendre atteignables malgré la distance grâce au génie créatif humain (construction de gros navires, invention du conteneur, technique de la réfrigération, ports modernes et bien équipés de grues, etc …). N’oublions pas que l’idée de percer un canal à l’isthme du Suez fut celle de Ferdinand de Lesseps, un diplomate français qui avait pris l’idée à un de ses ingénieurs (Linant) et à quelques autres et que la compagnie Suez (qui fait aujourd’hui bien d’autres choses) est née de ces initiatives.

Vente de Rafales à la Grèce : succès de Dassault sans l’intervention de l’Etat

La deuxième bonne nouvelle concerne également le transport mais il s’agit ici du transport aérien militaire. En effet le 25 janvier 2021 le groupe Dassault a vendu aux forces armées grecques 18 avions Rafale. Le marché porte sur un total de près de deux milliards et demi d’euros. Il s’explique essentiellement par la politique agressive du président Erdogan qui se manifeste à plusieurs égards. : l’intervention illégale de la Turquie sur des zones maritimes économiques exclusives (dites ZEE) grecques et chypriotes pour explorer le sous-sol riche en gaz au moyen d’un bateau chercheur et en vue d’exploitation, accord de la Turquie avec le gouvernement libyen visant à découper la Méditerranée en deux sans respecter la souveraineté grecque, utilisation des djihadistes de l’Etat islamique, etc.

Emmanuel Macron n’a pas cherché à intervenir (tant mieux) et a laissé se conclure ces accords de livraison avec Dassault. On voit là l’efficacité de notre pays lorsqu’il adopte une politique conforme à ses intérêts au lieu de se fondre dans la masse européenne et de défendre des idées générales et abstraites au nom de l’universalisme. "Si la Grèce a voulu le Rafale, c’est parce qu’elle a voulu un système d’armes souverain. Ce même choix a été fait par l’Egypte, le Qatar et l’Inde" [1]. En résumé, on peut dire que le succès est ici celui de Dassault, résultat de nombreuses décennies de prédominance française dans le domaine aérien.

Patrick SIMON est l’Ancien Président de l’Association Française du Droit Maritime (AFDM).

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Avions-Rafale-et-Suez-deux-bonnes-nouvelles

[1Erwan de Kerjean - Les Rafales grecs, succès français, échec de Macron - "Le Spectacle du Monde" no. 4

Vos commentaires

  • Le 2 avril à 06:46, par MATTON En réponse à : Avions Rafale et Suez : deux bonnes nouvelles

    "L’idée de percer un canal à l’isthme du Suez fut celle de Ferdinand de Lesseps"... Non ! C’est Louis Maurice Adolphe Linant de Bellefonds, officier de marine natif de Lorient, explorateur et directeur général des travaux publics de Méhémet Ali Pacha, vice roi d’Égypte, qui en a eu l’idée et qui est intervenu dès 1830 auprès du consul de France puis de Ferdinand de Lesseps. En plus de l’idée, c’est lui qui en a réalisé toutes les études de faisabilité, notamment la compatibilité relative aux niveaux de marées respectifs entre les deux mers. Pa contre c’est effectivement Lesseps qui s’est approprié l’idée et le projet et toute la reconnaissance de la France... Linant n’a même pas une rue à son nom dans son pays d’origine... Pour mémoire, en marge de cette affaire de canal c’est aussi grâce à lui que les pyramides sont encore debout, car il a aussi réussi à convaincre Méhémet Ali de ne pas utiliser les pyramides comme carrières de pierre pour la construction du canal...

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