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ASCOVAL : 350 000 euros d’argent public par emploi !

Dans la légende antique, les Danaïdes furent condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau troué. Il en ira de même désormais pour les contribuables avec Ascoval. Cette histoire sans fin est celle de l’obsession idéologique du gouvernement. Décidée par le jugement de la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg ce jeudi 2 mai 2019 en faveur de British Steel, la reprise d’Ascoval représente un financement public français de 47 millions d’euros de fonds publics apportés par l’Etat (25 millions d’euros), la région Hauts-de-France (12 millions d’euros) et Valenciennes Métropole (10 millions d’euros). Mais au surplus, les fonds que doit apporter British Steel, soit 47,5 millions d’euros, risquent bien d’être payés par le contribuable anglais. En effet, aussitôt la décision du tribunal connue, British Steel a fait savoir qu’elle était elle-même au bord de la faillite et attendait une aide de l’ordre de 100 millions d’euros de la part du gouvernement anglais.

Ascoval ayant 271 salariés repris dans ce plan de sauvetage susceptible d’être mis en œuvre par British Steel, le coût de l’opération pour chaque emploi sauvé sera de 173 432 € à la charge du contribuable français et peut-être un peu plus à la charge du contribuable anglais : environ 350 000€ d’argent public par emploi au total, n’est-ce pas un scandale d’Etat ? Certes, les Etats français et anglais ne consentent que des prêts qui seront remboursés si l’entreprise est sauvée et redevient profitable. Mais avec des « si », on mettrait facilement Paris en bouteille ! Il est hautement probable que le plan ne réussira pas, que les emplois seront perdus tout comme l’argent des contribuables !

Ce désastre est le résultat d’une obsession du gouvernement français. Créée en 1975 par Vallourec, l’aciérie qui fabrique des tubes d’aciers spéciaux à Saint Saulve avait déjà dû fermer son laminoir fin 2015. Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, avait alors assuré devant les salariés de l’aciérie qu’« il n’y aura(it) aucune fermeture de site et aucun départ contraint ». En février 2016, pour éviter la faillite de Vallourec, l’État met en place un plan de restructuration intégrant une recapitalisation d’un milliard d’euros opérée avec Bpifrance et le groupe japonais NSSMC (Nippon Steel Sumitomo). Pour le site de Saint-Saulve, Valourec trouve courant 2016 un repreneur : Ascometal, qui prend une participation de 60 % dans la nouvelle société Ascoval appelée à exploiter le site et ses 320 salariés d’alors. Mais Ascometal dont le sauvetage avait antérieurement été assuré par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, est elle-même mise en redressement judiciaire en décembre 2017. Un suisse Schmolz+Bickenback (S+B) reprend en janvier 2018 Ascometal, mais pas Ascoval. « Nous maintiendrons l’activité d’Ascoval à Saint-Saulve », promet néanmoins Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, en janvier 2018 en exécution des engagements du président de la République. Un nouveau projet de sauvetage est bâti avec de l’argent public pour une reprise par le groupe Altifort qui obtient l’accord du tribunal, mais pas les financements privés nécessaires. C’est donc en désespoir de cause qu’une proposition de British Steel, propriété du fonds d’investissement Greybull Capital, est enfin retenue.

C’est l’alliance de l’aveugle et du paralytique. Il y a peu de chances que ça produise une entreprise en bonne santé. Aussitôt Bruno Le Maire a pourtant crié cocorico : « Ascoval est aussi la preuve que la France a un avenir industriel. » Faut-il donc comprendre que l’avenir industriel de la France est un désastre ? C’est bien possible si le gouvernement est tout entier à l’unisson, comme il faut le craindre, de Bruno Le Maire qui, dit-il encore, « ne croit pas à la « destruction créatrice » dans l’industrie ». Pourtant, si seuls les canards boiteux se sont intéressés à Ascoval, c’est bien sans doute que cette entreprise n’était plus adaptée au marché et il eut mieux valu qu’elle disparaisse et laisse place à d’autres entreprises plus dynamiques. En s’acharnant à sauver l’existant plutôt que de favoriser la créativité française, notre minsitre va devenir conservateur d’un musée de dinosaures, d’entreprises obsolètes et non profitables renflouées sans cesse par un Etat qui s’y épuisera. C’est la France toute entière qui s’en appauvrira car cette politique coûteuse pour tous empêchera en même temps le mouvement nécessairement incessant de régénération du tissu industriel français.

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