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La perestroïka de Nicolas Sarkozy

mercredi 17 mars 2010, par Nicolas Lecaussin

Comme l’URSS entre 1985 et 1991, la France de Nicolas Sarkozy a vécu une perestroïka : on reconnaît qu’il faut réformer le système mais on essaie de le sauver. L’ennui c’est que le système n’est pas réformable. Il faut le changer. C’est la leçon que Nicolas LECAUSSIN tire des résultats des élections régionales. Cet article a été repris par le Wall Street Journal dans son édition du 18 mars.

La perestroïka (signifie en russe : reconstruction, restructuration) fut le nom donné aux réformes économiques et sociales de Mikhaïl Gorbatchev menées d’avril 1985 à décembre 1991 en Union soviétique. Ces réformes souvent brouillonnes ne s’accompagneront pas de vrais changements à l’intérieur de l’URSS. Elles ont surtout consisté à reconnaître la nécessité d’une plus grande transparence à l’intérieur du régime, d’une ouverture de l’économie mais elles ont été faites dans l’esprit de la continuité et de la sauvegarde du système soviétique. Or, le communisme ne peut pas être réformé. Il faut s’en débarrasser. C’est pareil pour l’étatisme français. Le pays ne sortira du marasme économique que grâce aux vrais changements économiques libéraux qui ont d’ailleurs été faits dans d’autres pays.

Nicolas Sarkozy semble ne pas avoir compris que la perestroïka ne marche pas. C’est ce qui ressort de sa longue interview accordée au Figaro Magazine du 12 mars dernier. « Universités, travail du dimanche, 35 heures, heures supplémentaires… nous ferons un audit de toutes les réformes pour les améliorer. Ensuite, au second semestre 2011, le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse, s’il le souhaite, délégiférer (sic) »… Encore une commission ? Encore un Rapport ? Le risque est grand de se retrouver avec un sentiment d’autosatisfaction avant de se préparer pour… les élections de 2012. Concernant les retraites, le président attend un – nouveau – rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) qui sera publié en avril prochain. A quoi bon ? Ne sait-on pas maintenant qu’il faut réformer le système de retraite ? Le dernier Rapport du COR (janvier) est arrivé aux mêmes conclusions que le Rapport Rocard de… 1991. Il serait temps de passer à l’action (le triptyque présenté l’an dernier par l’IREF sous la plume de Jacques Garello et Georges Lane mesurait le coût dramatique des atermoiements ; c’est aussi la conclusion du Rapport Objectif Croissance que vient de rendre public l’OCDE).

Sans réformes, pas de succès politiques

« Si l’on réfléchit aux qualités que doit réunir l’homme d’Etat en démocratie, écrit Jean-François Revel dans L’Absolutisme inefficace (Plon, 1992), on peut en énumérer cinq : avoir des convictions de fond et une vision d’ensemble personnelle ; maîtriser la tactique politicienne, savoir convaincre l’opinion ; posséder la capacité de décision (et de décision rapide) ; avoir le courage d’appliquer ce qui a été décidé (et de l’appliquer vite). (…) (Mais) pour qu’elles produisent leurs fruits, notre homme devra remplir une sixième condition qui, à vrai dire, ne lui appartient pas en propre, qui s’impose à lui malgré lui, qui constitue un salutaire obstacle extérieur à lui : il devra être obligé, non par son bon plaisir, toujours de mauvais conseil en ces matières, mais par la loi fondamentale, d’intégrer à son action les critiques, objections et contradictions formulées au sein des instances et dans les conditions prévues à cet effet par la Constitution. Sans cette sixième condition, le plus beau talent, le plus grand génie tombent en quelques années dans l’aveuglement arrogant et la passivité profiteuse. Cette sixième condition a précisément pour nom : démocratie ».

Certes, Nicolas Sarkozy, à la différence de son prédécesseur à la tête de l’Etat, a fait preuve de la plupart de ces qualités, surtout de la maîtrise de la communication avec l’opinion. Mais les qualités restantes sont les plus importantes. Qui peut dire avec certitude quelles sont les convictions et la vision qui le guident ? En a-t-il ? Ou est-il juste animé par la soif du pouvoir ? Sans de vraies réformes, le pays est retombé dans l’ornière de la gouvernance stérile, typique de la Vème République. La perestroïka ne marche pas et seule une politique radicale de changement pourrait éviter la défaite en 2012. Aux régionales, les électeurs ont rappelé que le gouvernement avait été élu pour réformer le pays.

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