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« Printemps de la ruralité » : Rachida Dati veut faire pousser la culture dans les champs

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Les ministres cherchent toujours à laisser une trace au sein de leur ministère. Hélas, elle n’est que très rarement marquante. En général, il s’agit de dépenses supplémentaires pour financer une nouvelle politique publique, d’organisation d’événements en grande pompe, de célébrations bien médiatiques ou d’annonces bidons mais plutôt fracassantes. Rachida Dati n’a pas raté l’occasion. A peine nommée à la Culture, elle a claironné le lancement du « printemps de la ruralité », joli terme très pub – encore que le charme du mot « ruralité »  soit très incertain – pour une « concertation nationale », une de plus ! sur « l’offre culturelle en milieu rural ». Il est indispensable, cela saute aux yeux, de « repenser le cadre de vie de nos territoires » et de leur apporter un peu de ces engrais de l’esprit dont bénéficient les villes. Ruralité, égalité ! Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, elle dit avoir apprécié la mise en place du pass Culture qu’elle voudrait rendre plus accessible aux « publics toujours éloignés de la culture ».

Voilà un autre « grand débat » en vue, une nouvelle « grande refondation ». Ce qui risque d’en éberluer plus d’un. Quelle idée se fait donc Mme Dati de la campagne ? N’a-t-elle pas remarqué que ces agriculteurs, que l’on entend tous les jours depuis deux ou trois semaines, parlent bien de leur vie, de leur travail, s’expriment de manière précise, preuve qu’ils ne se laissent culturellement pas contaminer par nos prétendues élites ? N’a-t-elle jamais lu la presse régionale, consulté les programmes des cinémas, des théâtres, des salles de concert et de spectacles dans « nos territoires » ? Ignore-t-elle vraiment toutes ces associations (pourtant subventionnées pour beaucoup), ces cercles, qui organisent visites, conférences, rencontres, expositions, discussions de toutes sortes, voire débats philosophiques ? Il y a aussi dans tous les foyers la radio, la télé, qui offrent pléthore d’émissions de bonne, voire de haute tenue, certes rarement en prime time mais néanmoins facilement accessibles. Ceux qui restent « éloignés de la culture », c’est que la culture ne les intéresse pas et le gavage qu’envisage Mme Dati n’y changera pas grand-chose. Il est même carrément vexant pour les autres. Ce nouveau GBI (grand bazar inutile) créera un petit trou supplémentaire dans les dépenses publiques et ravira probablement les éditeurs de BD, les jongleurs de pommes et les intermittents du spectacle. Tous acteurs culturels dont les ruraux ne sauraient se passer.

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2 commentaires

DEL 6 février 2024 - 9:10

On voit bien que Rachida Dati est une femme de ville, si elle travaillait 9h à 10h par jour dans le monde rural, elle n’aurait pas envie de faire quoique ce soit d’autre le soir à part regarder la télé (quand il y a quelque chose d’intéressant) être devant son ordinateur ou écouter de la musique.

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BARBARAY 6 février 2024 - 1:15

Il est certain que dans les territoires, les ruraux ont autre chose à faire que s’intéresser aux états d’âme de tous ces politiciens et bureaucrates en mal de reconnaissance.
Et pendant que les parisiens se font lobotomiser par la « culture » de leur grande ville, ils ne viennent pas nous polluer avec leur SUV…..

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