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L’aventure libérale de Liz Truss est-elle déjà terminée ?

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A peine désignée, celle qui se voulait la nouvelle Margaret Thatcher n’est déjà plus que l’ombre d’elle-même. Liz Truss s’est vue contrainte de se séparer de son ministre des Finances, Kwasi Kwarteng, pour tenter d’endiguer la tempête engendrée par son programme électoral. Pour essayer de sauver sa tête, et le reste de son gouvernement, la Première ministre a nommé Jeremy Hunt nouveau chancelier de l’Échiquier. Plus consensuel et surtout moins libéral, ce dernier a commencé par supprimer la grande majorité des 45 milliards de livres de baisses d’impôts qui avait été annoncées le 23 septembre et les nouvelles politiques mises en place devraient rapporter quelque 32 milliards de livres d’ici 2027.

Si le programme qui a porté Truss au 10 Downing Street peut être qualifié de libéral, les mesures qu’elle a prises ont été partielles et précipitées. Face à la baisse des recettes, il fallait proposer le plan d’une baisse toute aussi importante des dépenses de l’Etat, associé à des réformes structurelles. Cela n’ayant pas été fait, c’était l’assurance d’une forte aggravation de la dette publique et c’est justement ce qui a inquiété les investisseurs et les marchés financiers. Liz Truss n’a pas su donner à l’importance du « moins d’Etat » thatchérien la place suffisante dans ses propositions de réformes.

Comme le font remarquer Les Echos du 18 octobre : « Liz Truss a tenté de faire, non pas du Margaret Thatcher, mais du Ronald Reagan [mais] la livre sterling n’est pas le dollar, devise de réserve mondiale ». La Première ministre n’a pas la possibilité, comme l’avait le président américain, de faire autant porter ses mesures par le déficit public et la planche à billet.

Toujours est-il que, comme l’écrit le Wall Street Journal dans son éditorial, « Le péché politique de Truss a été de précipiter un plan économique de l’offre dans un pays et avec un parti conservateur qui ne le comprenait pas, puis de ne pas avoir réussi à le persuader. » La perte de confiance des Anglais dans l’exécutif britannique place aujourd’hui ce dernier dans une situation particulièrement précaire et certains misent déjà sur un changement à la tête du gouvernement d’ici la fin de l’année. C’est probablement ici que se termine la grande réforme libérale promise par les conservateurs et ils risquent, d’ailleurs, d’en payer le prix aux prochaines élections.

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1 commenter

Obeguyx 19 octobre 2022 - 10:46

Comme quoi, y’a pas qu’en France …

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