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La réélection de Viktor Orban devrait ravir les politiques interventionnistes

par Nicolas Lecaussin

Viktor Orban commence son quatrième mandat en remportant 53% des voix pour sa coalition et 135 sièges sur 199 au Parlement. Le résultat montre clairement que le programme de M. Orban convient à une grande partie de l’électorat hongrois. A l’IREF, nous avons applaudi ses mesures de liberté fiscale prises en 2010 avec une flat tax à 16% et une diminution du poids de la fonction publique. Un pari audacieux alors que la Hongrie avait une énorme dette extérieure et que sa notation financière était revue à la baisse. Nous avons aussi dit que la Hongrie devrait être libre d’avoir des positions conservatrices face à une Europe trop libertarienne du point de vue sociétal. Mais M. Orban a beaucoup changé depuis. Avant ces élections, les partis d’opposition et les candidats ont eu beaucoup de mal à apparaître à la télévision publique et dans d’autres médias qui reçoivent d’importants revenus publicitaires du gouvernement Orban. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a surveillé les élections, a trouvé que des affiches financées par les contribuables avec la photo de M. Orban ressemblaient à des messages de campagne. Les messages sur les factures de services publics concernant les faibles prix de l’énergie reprenaient un thème clé de la campagne d’Orban.

Plus encore, Viktor Orban a augmenté les dépenses publiques de 5 milliards d’euros à l’approche des élections. En octobre dernier, il a accordé un 13e mois de pension à tous les retraités du pays. Les familles avec enfants bénéficieront d’une réduction de l’impôt sur le revenu d’une valeur totale de 1,7 milliard d’euros et les membres des forces armées recevront six mois de salaire supplémentaires pour un coût de 500 millions d’euros, tandis que les travailleurs de moins de 25 ans ne paieront plus d’impôt sur le revenu quel que soit leur revenu. Ce alors que le déficit budgétaire du pays a grimpé à 8,1% du PIB en 2020.

La Hongrie de M. Orban a aussi été, en 2020, l’un des pays avec le taux de mortalité dû au Covid parmi les plus élevés au monde. Ce qui a poussé M. Orban à mettre en place, parmi les premiers, un pass sanitaire et à imposer la vaccination. Avec ses qualités et ses défauts, il reste un interlocuteur essentiel à l’est de l’Europe. Il n’en reste pas moins qu’il faut espérer qu’il desserre les contraintes qu’il impose aux libertés des Hongrois.

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3 commentaires

Obeguyx 6 avril 2022 - 10:04

No comment !!!

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portiche 6 avril 2022 - 8:51

Je vis en Hongrie et donc me permet de nuancer un peu vos propos . La reduction des impôts sur le revenu pour les familles avec enfants s’inscrit dans une politique favorable à la natalité . Face à la baisse démographique Orban choisit de favoriser la natalité plutôt que recourir à l’immigration extra européenne comme le préconise et l’organise l’UE. Quant à la crise sanitaire , il n’y a pas de passe sanitaire ni obligation vaccinale en Hongrie. Enfin, du point de vue de la morale et de la protection des enfants, Orban interdit la promotion LGBT dans les écoles .

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Nicolas Lecaussin 7 avril 2022 - 8:46

Mon article fait allusion au printemps 2021 et au Certificat immunitaire. Orban a été l’un des premiers à le mettre en place. Comme il a été aussi l’un des premiers à lancer la vaccination des adolescents. Et il a imposé la vaccination à certaines catégories socio-professionnelles. https://fr.irefeurope.org/publications/les-pendules-a-lheure/article/pass-sanitaire-et-vaccination-quand-macron-imite-orban/
Cordialement,
NL

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