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L’été pourri des républicains

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L’été 2023 se révèle bien cruel pour les républicains. Alors que les primaires pour désigner leur candidat aux élections de 2024, s’organisent, les vents contraires aux intérêts des candidats du « Grand Old Party » (GOP) soufflent de plus en plus fort.

Les bonnes nouvelles données par l’économie américaine viennent tout d’abord contredire les prédictions républicaines de récession. Leurs mises en garde depuis deux ans d’une catastrophe déclenchée par une inflation hors de contrôle et l’explosion des dépenses publiques décidée par le président Biden et ses alliés, font moins peur aujourd’hui.

Non pas que l’inflation soit vaincue. Le ralentissement de la hausse des prix autour de 5% n’est pas suffisant. Mais par rapport aux 9% de l’été 2022, l’Américain moyen se sent relativement mieux. La remontée des indices de confiance des consommateurs le démontre. Leur soulagement repose aussi sur des signes de redressement de leur pouvoir d’achat. Le pic de pessimisme aux États-Unis l’an dernier, et qui avait fait croire que les républicains remporteraient largement les élections législatives de mi-mandat, est passé pour le moment.

Quant à la récession, elle arrivera peut-être à l’automne ou durant l’hiver ? Mais sa plausibilité est remise en question par la bonne tenue de l’embauche, par une consommation qui résiste mieux que prévu et par les effets euphorisants d’une explosion de dépenses publiques, notamment sous prétexte d’accélérer la transition de l’économie américaine vers un modèle moins vorace en carbone. Tout cela se fait aux dépens de la dette publique : le déficit budgétaire passera de 5, 3% du PIB cette année à 6, 1% l’an prochain, selon le Bureau du budget du Congrès. En cas de récession, les 6% seront facilement dépassés.

Mais il y a bien longtemps que l’opinion américaine ne s’inquiète plus des déficits publics. Même Donald Trump ne s’en souciait pas. Joe Biden axe sa campagne sur le succès de sa politique économique, baptisée « Bidenomics ». Les sondages montrent certes un grand scepticisme à l’égard de cette politique, mais les républicains ne semblent pas en profiter. Début août seulement 29% des Américains sont satisfaits du travail de leur président et  41% sont encore mécontents, selon le sondage quotidien de Rasmussen, généralement considéré comme plus sévère à l’égard des démocrates. Pour autant, il y a un an, le taux de satisfaction à l’égard de Joe Biden n’était que de 18%, contre 44% de mécontents.

La popularité de Trump est une malédiction

Dans ce contexte économique moins porteur de mécontentement, le Parti républicain est plus handicapé que jamais par la paradoxale popularité de Donald Trump. Ce dernier est assiégé d’inculpations, dont certaines très graves. Il va devoir passer une grande partie des prochains mois à se battre devant les tribunaux. Voilà qui lui garantit la publicité qu’il aime tant et qu’il sait mieux que quiconque transformer en propagande électorale.

Les procureurs l’accusent, entre autres, de violations des lois sur la détention de documents classés « secrets », de tentative de manipulation électorale, d’incitation à la révolte pour renverser les résultats des élections de novembre 2021. Il parvient pourtant à rallier ses troupes en se disant victime d’une persécution sans précédent visant à faire dérailler le processus démocratique. Il accuse Joe Biden de piloter en sous-main la justice pour l’empêcher de gagner en novembre 2024. Et le pire est qu’il y probablement du vrai dans cette accusation…

Le résultat est néanmoins catastrophique pour le Parti républicain. Comme les législatives de novembre 2022 l’ont montré sans ambiguïté : la popularité de Trump auprès de l’aile populiste du parti n’est un atout que durant les primaires. Au moment de l’élection, cet atout devient au contraire une malédiction. Les électeurs modérés refusent en effet de voter pour un trumpiste, quitte à faire élire un mauvais candidat démocrate, parfois très à gauche. En Pennsylvanie, en Géorgie, dans l’Arizona et le New Hampshire, les républicains qui pouvaient gagner les sénatoriales ont été ainsi défaits par leur sélection d’un candidat trumpiste.

Début août Donald Trump, fort de 58% des intentions de vote républicain pour les primaires, écrase Ron DeSantis qui plafonne à 15%. Il ne reste que des miettes aux autres comme Vivek Ramaswamy, Mike Pence (qui était le vice-président de Donald Trump), Nikki Haley, Tim Scott et Chris Christie.

Ces derniers, conscients de l’attrait, pour ne pas dire du culte dont bénéficie Donald Trump auprès d’une base de fanatiques importante dans les primaires, ne peuvent même pas critiquer directement leur leader assiégé. Ils se retrouvent contraints de cautionner la version de la persécution de l’ancien président. Leurs idées libérales, leurs programmes ne sont pas audibles.

Les rivaux républicains de Trump sont marginalisés

La situation est même pire pour Ron DeSantis. Son style jugé froid et son message anti-woke, ne lui permettent pas d’émerger. Les riches donateurs indispensables à une longue campagne le boudent. Dans le même temps, il est ridiculisé par Donald Trump tous les jours, et massacré par la presse qui ne lui pardonne pas d’être ouvertement anti-woke.

Pour ne rien arranger, Mitch McConnell, le leader républicain du Sénat, dont le rôle est capital pour l’allocation des ressources du parti pour les campagnes législatives de 2024 qui pourraient redonner la majorité aux Républicains, est sérieusement malade. Victime de chutes et de troubles cardiaques qui affectent son élocution, il n’est plus la locomotive qu’il était. Lorsqu’il se trouve pendant de longues secondes, le regard fixe dans le vague, incapable d’ouvrir la bouche, sa crédibilité est gravement affectée. Ennemi juré de Donald Trump, une des rares personnalités républicaines à oser contrer l’ancien président, le sénateur du Kentucky est trop affaibli pour mener le dur combat électoral de 2024.

S’ajoute aux malheurs républicains, la guerre en Ukraine qui est partie pour durer de longs mois. Une frange populiste et isolationniste du Parti républicain se fait de plus en plus entendre pour dénoncer le coût des aides militaires au régime de Volodymyr Zelensky. Donald Trump entretient cette contestation. Il se fait fort de « mettre fin au conflit en 24 heures » en intervenant directement entre Moscou et Kyev. Et des millions de ses fans, convaincus de son génie pour la négociation, le croient. La tentation du repli sur soi est une vieille tendance chez les républicains. La solution de facilité qui consiste à dire « que les Européens n’ont qu’à se débrouiller », menace maintenant la cohésion du parti de Ronald Reagan, vainqueur de la guerre froide.

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4 commentaires

Nicolas Carras 8 août 2023 - 9:14

« La popularité de Trump est une malédiction »

Non, c’est une bénédiction. Cela prouve qu’un très grand ensemble d’Américains ont bien compris que les progressistes utilisaient la justice à des fins purement politiques et malveillantes, n’oublient pas la haute corruption du côté de Biden. Avec plus de noirs américains encore qui sont prêts à voter Trump…

Le rouleau compresseur des gauchistes américains est en train de s’encrasser. De plus en plus de démocrates critiquent le Parti « démocrate », surtout concernant la violence urbaine.

Trump est du côté d’une Amérique que le progressisme cherche à détruire.

Le Trumpisme est une bénédiction pour ce pays. Le conservatisme à l’américaine n’est pas mort.

In god we trust.

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CLEMENT 9 août 2023 - 10:58

Une analyse très personnelle de M. FORD ! Nous verrons la suite…

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Gerard 9 août 2023 - 4:07

Cet article est bien mal informé sur la situation des américains au regard de l’inflation et des taux d’intérêts. Il semble tout droit sorti de la propagande Democrat écrite à Washington DC.
Le taux d’inflation n’est plus élevé (3%), mais les prix ont fait un bond gigantesque à comparer à ceux d’il y a 18 mois, notamment les factures en lien avec l’énergie, l’alimentation et le logement.
Par exemple, ma facture d’électricité est multipliée par 2 avec la même consommation à comparer à Juillet 2022, l’alimentation c’est +20%, les assurances +25%, taxe foncière +8% (après plafonnement) etc etc
Les taux d’intérêts qui ont explosé en l’espace de 9 mois pèsent trop lourdement sur le cout de la vie des américains généralement trop endettés. Leur épargne a été consommée!
Les loyers ont augmenté et les prix d’achat immobilier ne baissent pas à cause des taux d’intérêts qui ne servent que les marché financier. Trop peu de biens sont à vendre car il faut ne pas avoir le choix pour vendre une bien dont le crédit est à 3% pour acheter ailleurs à 7.3% ce qui majore de 50% le paiement mensuel. Donc les propriétaires attendent. Les futurs acquéreurs ne trouvent pas et doivent louer ce qui maintient les loyers élevés.
Sur la guerre en Ukraine seul les Democrats y sont favorables et l’enlisement flagrant de cette guerre n’aura plus aucun soutien s’il les US devaient mobiliser des troupes pour retourner la situation désespérée. Contrairement à l’Afghanistan et l’Irak, les américains ne veulent pas y aller. Kennedy (D), Trump (R) et de Santis (R) sont opposés à la guerre.
Biden est fragilisé par son incapacité, le scandale de son fils et des commissions.
Le mouvement anti-woke n’est plus marginal, il n’existait quasiment pas il y a 18 mois.
Personne ne peut prédire ce qui se passera l’année prochaine.

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Nicolas Carras 13 août 2023 - 10:32

Trump ultimate inspirational tribute / https://www.youtube.com/watch?v=6Oz1dPlxtkQ

« America was founded on liberty and independence, and not on government coercion, domination and control. America will never be a socialist country. We were born free, we will stay free. »

Donald Trump

Trump 2024 !

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