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Les employeurs français n’aimeraient pas les Maghrébins, selon le ministère du Travail

par Philbert Carbon
Les questions de discrimination occupent grandement les fonctionnaires du ministère du Travail. C’est ainsi qu’en 2021, l’Inspection du travail prévoyait de réaliser 15 000 contrôles sur le thème de l’égalité professionnelle. Quant à la Dares (direction du ministère qui produit des analyses, des études et des statistiques sur les thèmes du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social), elle a publié rien moins qu’une douzaine de rapports sur le sujet en 2021.

Ils portaient sur l’influence du sexe du recruteur sur le recrutement, sur les préférences des recruteurs pour les hommes ou les femmes, sur les métiers des immigrés, sur la discrimination à l’embauche pendant le confinement, sur l’index de l’égalité professionnelle femmes-hommes, etc. Des études – tout comme celles qui traitent de l’emploi des jeunes ou de l’emploi des personnes handicapées – lues, à n’en pas douter, avec grande attention dans les entreprises, qui les attendent avec impatience pour corriger leurs comportements « déviants ».

Nous avons rendu compte du rapport sur la discrimination à l’embauche selon le sexe pour conclure que celle-ci n’existait pas. Penchons-nous aujourd’hui sur la discrimination envers les personnes d’origine supposée maghrébine qui a fait l’objet d’une « grande étude par testing » dont les résultats ont été publiés il y a quelques semaines.

 

La discrimination selon l’origine : « un élément majeur du marché du travail » français

Selon la Dares, « les Français issus de l’immigration maghrébine se heurtent à des difficultés importantes sur le marché du travail, et ce dès la première étape du recrutement », ce que confirme le testing de grande ampleur réalisé. Aucun doute possible donc : « la discrimination à l’embauche selon l’origine supposée reste élevée et un élément majeur du marché du travail en France ».

L’étude montre, en effet, qu’à « qualité comparable, les candidatures dont l’identité suggère une origine maghrébine ont 31,5% de chances de moins d’être contactées par les recruteurs que celles portant un prénom et un nom d’origine française ».

La discrimination varie selon les métiers. Elle est la plus forte pour les commis de cuisine, les monteurs-câbleurs en électricité et préparateurs de commande, les employés commerciaux de magasin, et les employés administratifs. En revanche, elle est très faible pour les directeurs de magasin, et plutôt faible pour les directeurs de restaurant et les ingénieurs de production.

L’étude met en avant le fait que les écarts entre les candidats s’atténuent lorsque le niveau de qualification augmente : « Toutes choses égales par ailleurs, les candidats d’origine supposée maghrébine sont relativement moins discriminés parmi les métiers qualifiés (de cadres, qu’ils aient ou non des fonctions d’encadrement) que parmi les métiers peu qualifiés ». Elle montre également que « la discrimination est nettement plus faible dans les métiers qui rencontrent des difficultés de recrutement ». En revanche, elle ne dévoile pas de discrimination supplémentaire en fonction du sexe.

En conclusion, la Dares affirme : « Si cette étude confirme sans équivoque l’existence de discriminations fortes à l’encontre des candidats dont l’identité suggère une origine maghrébine, elle ne permet cependant ni de distinguer directement les mécanismes sous-jacents, ni de conclure sur la façon d’y remédier. Il serait utile d’explorer davantage l’hétérogénéité des écarts entre groupes (selon le niveau de qualification, ou selon la tension sur le marché du travail concerné) pour tenter d’approfondir les sources du phénomène discriminatoire ».

Si l’on forçait un peu le trait, on pourrait dire que la conclusion de la Dares se rapproche de la nôtre : cette étude ne nous apprend pas grand-chose !

 

Une méthodologie contestable et des données manquantes

Un mot sur la méthode utilisée pour l’enquête : elle consiste à créer des candidatures fictives et à les envoyer en réponse à des offres d’emploi réelles.

C’est ainsi que 2 400 offres d’emploi ont été sélectionnées, dans 11 catégories de métiers sur l’ensemble du territoire (plus de 1 000 communes différentes). Quatre candidatures – une féminine et une masculine pour chaque origine supposée, française et maghrébine – ont été envoyées pour chaque offre d’emploi. Ce sont donc 9 600 curriculum vitæ (CV) et lettres de motivation qui ont été rédigés par des personnes ayant une connaissance approfondie de chacun des métiers testés, de manière à proposer sur chaque offre quatre candidatures équivalentes dans leur contenu et qui soient susceptibles d’intéresser les recruteurs, sans éveiller leurs soupçons. Des informations sur la situation personnelle des candidats (présence d’enfants, situation maritale, existence de périodes d’inactivité) ont été introduites dans certaines candidatures.

Cette méthode est hautement contestable. D’abord, elle ne mentionne que les origines française et maghrébine. On se demande pourquoi les personnes en provenance d’Asie, d’Afrique subsaharienne, d’Amérique du sud, etc. ont été exclues. Cela aurait pu apporter nombre d’informations sur la réalité de la discrimination. On se demande aussi, d’ailleurs, ce qu’est une personne d’origine française : doit-elle s’appeler Durand, Martin ou Dupont ou les noms à consonance italienne, espagnole ou polonaise sont-ils aussi acceptés ? Et les personnes qui ont un prénom français et un nom maghrébin (ou l’inverse), dans quelle catégorie sont-elles rangées ?

La méthode, par ailleurs, ne prend en compte que les candidatures envoyées par les enquêteurs et non l’ensemble de celles qu’ont reçues les recruteurs. Or ils en ont sans aucun doute vu passer d’autres, dont on ne sait rien, pas plus que le recrutement final. Si les candidats supposés maghrébins du testing n’ont pas été sélectionnés, comment savoir si au bout du compte un candidat maghrébin n’a pas été recruté ?

Ensuite, l’étude fait allégrement l’impasse sur ce que l’on pourrait appeler des « curiosités ». Par exemple, comment expliquer que la discrimination soit forte dans un métier comme celui de commis de cuisine, alors qu’il connaît de grandes difficultés de recrutement, et qu’elle soit faible pour la direction de restaurants, qui n’est pas un métier en tension ? D’autant plus que directeur de restaurant est plutôt un métier de « front office », c’est-à-dire en contact avec la clientèle, alors que commis de cuisine est clairement un métier de « back office ». Intuitivement, on aurait pensé que la discrimination jouerait plutôt dans l’autre sens. C’est là où il aurait été intéressant d’avoir un testing plus large. A Paris et en Ile-de-France, par exemple, un grand nombre de commis de restaurants sont originaires du sous-continent indien, en particulier du Sri-Lanka qu’ils ont fui à cause de la guerre civile. Il est fort possible que les restaurateurs ne veuillent pas recruter des personnes supposées musulmanes pour éviter tout conflit en cuisine avec les autres commis qui peuvent être chrétiens ou hindous.

Enfin, il faut insister sur les données absentes de l’étude et qui pourtant permettraient d’avoir une idée plus juste de la supposée discrimination. On pense, par exemple, à la localisation des entreprises. Quand on sait que « neuf immigrés sur dix résident dans les grandes aires urbaines », selon l’Insee, et même près de 40 % en Ile-de-France, il est probable qu’une candidature maghrébine reçue dans une entreprise artisanale de Lozère suscite nombre d’interrogations, voire un grand scepticisme quant à la motivation du candidat (ne serait-ce pas là une candidature simplement destinée à prouver à Pôle Emploi que l’on recherche effectivement du travail ?).

Dans l’étude citée plus haut, la Dares trouvait louche l’absence de discrimination à l’embauche selon le sexe. Elle s’interrogeait sur la possibilité « que les employeurs utilisent ensuite l’entretien d’embauche » pour éliminer les candidatures féminines. En revanche, ces mêmes employeurs n’auraient pas la même attitude avec les personnes supposées d’origine maghrébine qu’ils discrimineraient donc dès la réception des candidatures. Curieux !

C’est à se demander si l’étude partielle, pour ne pas dire partiale, de la Dares n’a pas pour objectif de justifier la réglementation en vigueur sur les discriminations, voire à la renforcer, et de produire d’autres études inutiles du même acabit.

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6 commentaires

LAURENT46 janvier 13, 2022 - 6:49

Il serait bien de remettre de l’ordre dans les services publics incompétents et irresponsables au point de confondre une entreprise avec toutes les contraintes et taxes qui y sont attachés et les services publics qui n’ont ni les contraintes ni les taxes et moins encore les besoins de résultats faute de déposer le bilan. Hélas, l’effet du nombre et la grande prétention d’appartenir à un service public l’emporte de loin et ce à tous les niveaux hiérarchiques. Seulement, sans le privé il n’y a pas de services publics et cela est depuis longtemps tombé dans les profondeurs des oubliettes. Il en est d’ailleurs de même pour les politiques et leurs monstrueux services des partis tous payés par l’argent public. Autrefois, il n »y a pas si longtemps encore il y avait un respect envers les services publics en général mais en contre partie on « n’emmerdait » pas la population avec toutes les contraintes, interdits, manipulations et mensonges permanents. Et quand même il y en avait un peu de manière raisonné on n’avait pas non plus les médias qui distillaient 24/24 les idioties de moindres groupuscules extrémistes. Et il y avait aussi le respect des clochers ce qui est aussi un problème de fond.

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Nicolas Carras janvier 13, 2022 - 9:59

« Il est fort possible que les restaurateurs ne veuillent pas recruter des personnes supposées musulmanes pour éviter tout conflit en cuisine avec les autres commis qui peuvent être chrétiens ou hindous. »



J’ai travaillé en restauration, en restauration d’entreprise également, comme aide cuisine. J’ai été emmerdé par une musulmane pratiquante du Mali qui m’a imposé sa religion dès qu’elle en avait la possibilité durant des mois, avec du incha’Allah par ci, incha’Allah par là, à toutes les sauces.

Cela faisait 36 ans qu’elle vivait en France, elle ne connaissait pas Victor Hugo, ni le Louvre, ni même ce que c’était que la Révolution française, et croyait que le Royaume d’Israël et Jérusalem avait été fondé par des musulmans.

Elle ne m’a pas cru quand je lui au dit qu’à cette époque l’Islam n’existait pas. Et ce que je vais vous écrire est véridique : elle croyait que l’Islam avait toujours existé depuis les débuts de l’humanité. J’ai lâché l’affaire.

Aussi, elle ne comprenait pas comment il était possible que des gens puissent s’embrasser dans la rue, ça la choquait. Après 35 ans en France.


Mon chef de cuisine ne comprenait quasi-rien quand elle lui parlait. 



Un jour, elle est venue travailler vraiment voilée, là, j’ai été voir mon chef, et je lui ai fait comprendre que ça n’allait pas être possible. J’ai eu gain de cause. Puis j’ai fait comprendre à mon chef que ça allait être elle ou moi. Il l’a fait muter ailleurs.


Un musulman est venu faire un remplacement, le premier jour, alors que nous déjeunions avec toute l’équipe, il m’a demandé de quelle religion j’étais, je lui ai répondu que je n’étais d’aucune religion. Il m’a dit : « Ah, tu n’es pas musulman ? Mais pourquoi tu n’es pas musulman ? »… L »ai de rien.

Travailler avec des musulmans pratiquants est assez lourdingue, car ils ne peuvent pas s’empêcher de vous faire vivre avec leur religion, tous les jours, et sans se demander si tous leurs « Inch Hallah » pourraient être gênant ou pas pour vous.

Quand je travaillais comme concepteur de site web pour une agence d’architecture, un jeune Tunisien musulman pratiquant y est venu faire un stage, un jeune qui avait fait des études, malgré cela, Il croyait également que Jérusalem avait été fondé par des musulmans, et que la Judée avait toujours été musulmane.

Je lui ai dit qu’il fallait qu’il s’instruise un peu plus sur la question, qu’il aille dans une bibliothèque lire des ouvrages, et voilà textuellement ce qu’il m’a dit : « Ce sont des ouvrages de propagande sionistes ».

Tout se passe très bien quand on parle de la pluie et du beau temps avec les gens. Mais allez parler de sujet sérieux, du terrorisme par exemple, avec des musulmans pratiquants : « mais non, ce n’est pas ça l’Islam, et blablabla ».

Ils sont plus préoccupés à défendre leur religion (qui serait victime d’une volonté de salir l’Islam, on retrouve souvent cette idée de complot contre leur religion) que la de la souffrance des victimes de leur religion.

Un ami algérien, qui lui est de tradition musulmane, non-pratiquant, totalement occidentalisé, ayant vécu en Algérie avec des Français à l’époque de l’Algérie française, a été très choqué de voir en France des musulmans faire la prière dans des vestiaires à son travail.

Un jour, alors que nous allions chercher sa voiture dans un parking, un vigile avec une vraie tête de salafiste (reconnaissable à la tâche sur le front causé par les cinq prières par jour et a leur barbichette mal taillée), nous a demandé ce que nous faisions là. Mon ami, c’est approché de lui et lui a demandé d’où il était, le gars lui a répondu qu’il était d’Algérie, puis mon ami lui a dit : « Tu dois faire beaucoup la prière pour avoir cette tâche sur le front. Penses-tu que tu es un meilleur musulman que moi ? », le type n’a rien répondu, alors mon ami l’a attrapé par sa barbichette, la violemment tiré vers lui et lui a dit : « Si un jour, je te croise en Algérie, je te défonce ta gueule d’e……. ». Le mec est devenu blanc. Puis nous sommes partis.

Je lui ai demandé pour quelle raison il avait fait cela. Il m’a dit que ces gens foutaient la merde partout ou ils s’imposaient, et qu’il fallait leur faire comprendre très vite qui était le plus fort.

Beaucoup d’Occidentaux n’ont pas bien compris cela.


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Rémi janvier 13, 2022 - 10:42

POSITIONS-NOUS DANS LES BASES DE LA RÉFLEXION : Qu’est-ce qu’un chef d’entreprise et un recruteur ?
C’est un décideur, qui engage ses responsabilités, pour recruter le meilleur élément pour occuper une « fonction » ou un  »poste » dans l’entreprise…
Il recherche les qualités techniques, sociales et culturelles les plus appropriées à la fonction pour intégrer le candidat dans une équipe dont il connait chaque élément afin de maintenir une cohésion humaine avec des performances accrues.
Il est de fait, dans le système technocratique et administratif actuel que la France propose dans son « mille-feuille » que le chef d’entreprise recherche l’efficacité au travers l’adhésion d’une équipe dans ses cohérences pour éviter tous dérapages culturels, spirituels et comportementaux qui ne pourraient que décomposer « l’unité recherchée »….
Le chef d’entreprise ne veut pas se créer des problèmes nouveaux qui se révèlent rapidement, une fois la période d’essai accomplie, telle : Vouloir bénéficier des fêtes religieuses particulières, vouloirs s’arrêter dans son travail pour faire la « prière » , refuser des plats à la cantine pour manger autrement…
La vie du recruteur est déjà complexe, alors lorsqu’il en a le choix, n’importe quel responsable choisira la cohérence en minimisant les risques de son recrutement avec les dommages collatéraux à devoir anticiper aujourd’hui pour demain…Et Molière concluait :… « Et c’est pour cela que votre fille est muette…. »
Expériences obligent…avec ses plaies et ses bosses…!
C.Q.F.D…Pour les fonctionnaires qui ne sont que « des prêtres qui vous parlent du mariage »…!

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SCHMITT janvier 13, 2022 - 12:26

Question : ces études, analyses et rapports ne seraient-ils pas imaginés par des militants agissants qui ont déjà investi (phagocyté) nombre d’institutions de la république ?

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Jean Aymar-Desconds janvier 13, 2022 - 5:33

Combien a coûté cette étude bidon. Et qu’en fera Mme Borne? Rien, probablement… à moins qu’elle ne songe elle aussi à « emmerder » quelques chefs d’entreprises.

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Teisserenc janvier 16, 2022 - 10:54

Constater un fait, en tenir compte, ce n’est pas du racisme.

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