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Le prélèvement d’organes en Chine ou le commerce criminel d’une dictature

par Benoît Chrétien
Alors que les louanges pleuvent bien souvent au sujet de la Chine, à propos de sa progression dans le classement des puissances mondiales ou de ses prouesses technologiques et économiques (épidémiologiques ?), peu font l’effort d’examiner le danger que constitue la doctrine communiste prônée par l’Etat chinois et l’immense désastre produit par ce régime sur une population au garde-à-vous. Le 22 juin 2016, un rapport de 680 pages a été publié par trois enquêteurs indépendants (David Kilgour, ancien secrétaire d’Etat canadien pour l’Asie-Pacifique ; David Matas, avocat canadien spécialiste des droits de l’homme ; Ethan Gutman, journaliste d’investigation américain) pour dénoncer une véritable industrie criminelle. Leur constat est le suivant : le pouvoir chinois organise le commerce des transplantations d’organes prélevés sur des condamnés à mort et des prisonniers d’opinion, vivants ou morts.

Un nombre très important de transplantations

Selon la croyance traditionnelle majoritaire en Chine, les corps doivent être conservés intacts après la mort. Un système national de dons d’organes n’en a pas moins a été mis en place en 2013 – mais avec très peu de succès.

L’industrie de transplantation d’organes connaît en revanche un essor spectaculaire depuis l’année 2000. Cette année-là, les transplantations de foies avaient été multipliées par 10 par rapport à 2019 et ont triplé jusqu’en 2015. Les données officielles font état de 10 000 greffes par an. Pourtant, en se basant sur les capacités requises par le gouvernement pour les centres de greffes d’organes, les 169 hôpitaux qualifiés pour ces opérations pourraient avoir effectué entre 60 000 et 100 000 transplantations par an depuis les années 2000. De plus, en 2007, 1 000 hôpitaux ont adressé au gouvernement des demandes d’obtention de permis pour pratiquer des greffes d’organes. Ce point précis laisse supposer que les transplantations pourraient être encore plus nombreuses qu’annoncé.

Alors que dans d’autres pays il faut parfois attendre plusieurs années un don d’organe, la Chine se vante de délais records, seulement quelques semaines, pour des greffes de foies ou de reins. Provenant, qui plus est, de donneurs qu’ils promettent compatibles alors que, tous les patients en attente de greffe le savent, la compatibilité des organes est une question cruciale qui ne peut qu’être espérée, jamais garantie à moins… d’être dans un hôpital chinois.

Un crime organisé par l’Etat

Alors que la rareté de l’offre et l’abondance de la demande sont ordinairement la norme sur le « marché » particulier des greffes d’organes, des rapports indiquent qu’en Chine, les services hospitaliers spécialisés pratiquent souvent des transplantations 24 heures sur 24. De plus, en cas de rejet, les équipes peuvent effectuer plusieurs autres tentatives sur un même patient, jusqu’à ce que le succès soit assuré.

Le nombre élevé des greffes pratiquées en Chine est d’autant plus étonnant que les dons d’organes ne sont guère courants. D’autre part, depuis 2015, il n’est officiellement plus permis d’utiliser les organes de prisonniers condamnés à mort, pratique dénoncée à de nombreuses reprises par beaucoup de pays et d’organisations internationales. Alors, d’où viennent les organes ? La réponse à cette question fait froid dans le dos.  La croissance spectaculaire des transplantations depuis 1999 est en effet concomitante de la répression massive et brutale, par les autorités, des adeptes du Falun Gong, une pratique de méditation basée sur des traditions de santé et de développement personnel. A la fin des années 1990, l’ancien Secrétaire du Parti communiste chinois, Jiang Zemin, appelait à « ruiner leur réputation », à les « conduire à la faillite » et à les « détruire physiquement ». Ces 70 millions d’adeptes ont donc fait l’objet de toute une stratégie d’éradication (détention, propagande, exécutions, diabolisation, persécutions…) de la part du régime qui a confié cette mission au « Bureau 610 ». Une administration officiellement inexistante, dotée de pouvoirs puissants pour contrôler et réprimer le mouvement Falun Gong.

Le Parlement européen a adopté une résolution le 5 mai dernier au sujet des prélèvements d’organes pratiqués en Chine sur « des minorités dont les pratiquants du Falun Gong, des Ouïghours, des Tibétains, des chrétiens et des musulmans » en détention. Le régime chinois refuse évidemment tout accès aux centres de détention ainsi qu’aux établissements médicaux. La communauté internationale se tait. Sans doute serait-il temps que les adorateurs occidentaux de la puissance chinoise ouvrent les yeux sur la réalité de cette idéologie communiste mortifère.

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