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Etats-Unis : pour 1 emploi public supprimé, 5 emplois créés dans le privé

par Nicolas Lecaussin

Face à la montée incessante du chômage, les gouvernants français ne veulent pas envisager la réforme radicale : supprimer des emplois publics. C’est pourtant ce qu’ont fait les Allemands depuis plusieurs années et les Etats Unis depuis trois ans. Avec succès. Pourquoi ?

Et si l’une des recettes principales pour stimuler la création d’emplois dans le privé était la suppression massive d’emplois publics ? Alors que l’économie française ne cesse de s’enfoncer, l’économie américaine donne de véritables signes de renouveau et – surtout – crée des millions d’emplois. Les chiffres viennent de tomber : depuis février 2010 et jusqu’à février 2013, l’Amérique a créé 5.2 millions d’emplois. On est passé de 129 millions d’emplois dans le privé (après une baisse de 9 millions depuis janvier 2008) à plus de 134 millions d’emplois. Tous les secteurs en ont créé : l’industrie, la construction, le commerce, les services, etc…

41.000 emplois détruits en 3 ans en France et 5.2 millions créés aux Etats-Unis

Les chiffres de l’emploi en France ne sont pas du tout les mêmes. Après avoir détruit 190 000 emplois en 2008 et 260 000 en 2009, l’économie a vu la disparition de 100 000 emplois en 2012 (on envisage 152 000 destructions en 2013) après une stagnation en 2010 ( +32 000 emplois créés) et en 2011 (+ 27 000 emplois) ; c’est largement insuffisant pour enrayer la hausse du chômage qui atteint aujourd’hui 10.2 % alors qu’elle est à 7.7 % aux Etats-Unis. Entre 2010 et début 2013, la France a détruit 41 000 emplois nets alors que l’Amérique en créait 5.2 millions.

Pourtant, la crise a plus rudement secoué l’économie de l’autre côté de l’océan, tandis que les Français auraient dû être protégés par le fameux « modèle social que tout le monde nous envie ». Alors, pourquoi l’Amérique a-t-elle réussi a redynamiser la création d’emplois dans le privé ?

Réforme de l’Etat aux Etats Unis

Regardons du côté des emplois publics et de la réforme de l’Etat. Entre 2010 et début 2013, les Américains ont supprimé 1.2 millions d’emplois dans le secteur public ! De 23 millions, on est passé à 21.8 millions (administration centrale et fonctionnaires territoriaux). Plus de 400 000 postes de fonctionnaire centraux ont été supprimés et aussi plus de 700 000 postes de fonctionnaires territoriaux.

Sur la même période (2010 -2013), le secteur public français est resté pratiquement inchangé, comme le souligne d’ailleurs la Cour des Comptes. Nous avons entre 6 et 7 millions de fonctionnaires (en comptant tous ceux qui sont payés avec l’argent public) et les quelques petites économies réalisées grâce au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ont été largement compensées par l’embauche de fonctionnaires contractuels et locaux et par la hausse des rémunérations. D’ailleurs, les dépenses de personnel ne cessent d’augmenter, tant au niveau national que local. Et après les annonces du gouvernement, on se dirige vers la création de 6 000 emplois nets dans la fonction publique en 2013. En 2010 on avait 1 844 000 agents territoriaux, fin 2012, on était à environ 1 857 000 (+ 13 000), en suivant la courbe des créations d’emplois publics. Très loin des suppressions d’emplois publics en Amérique.

Moins d’emplois publics, c’est bien plus d’emplois privés

Faut-il s’en étonner ? Les comparaisons statistiques sont instructives, et les corrélations très nettes : moins d’emplois publics c’est bien plus d’emplois privés. Mais il y a deux raisons profondes à cela :

– La première est que la diminution des emplois publics signifie aussi la baisse des charges publiques, donc des impôts : l’argent est rendu à des personnes qui vont épargner, investir et entreprendre, donc créer des richesses et des emplois. Parallèlement les lourdeurs bureaucratiques diminuent avec la taille des administrations. L’initiative privée est libérée.

– La deuxième est que la même dépense est plus productive dans le secteur privé, où il y a une obligation de productivité, donc d’innovation, d’adaptation. L’entreprise privée s’efforce de connaître les besoins à satisfaire, la qualité et la quantité de biens marchands à produire, alors qu’il n’y a guère de mesure ni de limite à l’extension de la production de biens « publics » ou réputés tels.

Emplois publics et privés en France et aux Etats-Unis (2010-2013)

ETATS-UNIS

FRANCE

Emplois publics (2010-2013)

-1.2 millions

Stable

+ 13 000 au niveau local

Emplois privés (2010-2013)

+ 5.2 millions

-41 000

Source : US Labor Dpt, Min de la fonction publique, INSEE

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8 commentaires

Anonyme 31 mars 2013 - 6:01

Secteur associatif
Et n’oublions pas toutes les mangeoires para-étatiques des « associations »…

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Anonyme 1 avril 2013 - 2:02

Titre trompeur
Comparer les emplois créés dans le secteur privé aux emplois supprimés dans le secteur public est une grave erreur intellectuelle et scientifique surtout en faisant croire que parce que 1 emploi public a été supprimé cela crée 5 emplois privés. Là l’opinion de Nicolas Lecaussin est une opinion religieuse(vive le capitalisme)! J’aurais préféré qu’il nous parle du type d’emplois créés aux Etats-Unis et/ou en Allemagne et ceux supprimés avec le statut de ces nouveaux employés à comparer au statut des employés nouvellement au chômage. Je ne sais pas comment il arrive à la conclusion que la baisse des charges publiques se transforme subitement en épargne pour des personnes privées. Il y a une grande confusion dans la conclusion qu’il nous donne. Cela mériterait un emploi à plein temps pour vérifier tout cela! Avec de l’argent public?! 😉

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Anonyme 2 avril 2013 - 9:48

« Je ne sais pas comment il
« Je ne sais pas comment il arrive à la conclusion que la baisse des charges publiques se transforme subitement en épargne pour des personnes privées. »

Cela s’appelle l’allocation des ressources. Ce que je ne donne pas à l’Etat va sur mon livret A ! Note pour mémoire: faire un tout petit peu d’économie avant d’en parler.

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Anonyme 5 avril 2013 - 7:32

Vous êtes salarié?
Il arrive à cette conclusion le plus simplement du monde pour quelqu’un qui fait justement de l’économie (pas la théorie, mais la concrète, celle qui entreprend). Pour raisonner comme vous faites, vous devez être un salarié. En tant qu’artisan, je verse plus de 60% de tout ce que je gagne en taxes et cotisations diverses. C’est aussi ce que verse votre employeur quand il vous paye (vous touchez 1000 euros, mais vous lui en coutez plus de 2400!!! et çà c’est juste la masse salariale, car il paye aussi les impôts et autres taxes publiques). Le taux de fiscalisation en France représente près de 50% du PIB: c’est à dire que la moitié de toute la richesse produite en France passe entre les mains de l’Etat!!! Tout cela pour payer des fonctionnaires. Sachez que c’est un record mondial et que seul la Suède est devant nous. Je fais assez « un tout petit peu d’économie » pour vous? Dès lors la conclusion de M. Lecaussin est d’une logique difficilement contestable. Ne vous parait-il pas évident que si vos charges diminuent, vous dégagerez de la trésorerie qui sera utilisée ailleurs? Eh bien quand vous êtes employeur, figurez-vous que c’est pour embaucher. Et j’aimerai savoir ce que vous ferez, vous, de l’argent que vous ne donneriez pas à l’Etat: Vous épargnerez? ce sera bon pour l’emploi. Vous le dépenserez? ce sera bon pour l’emploi. Dans tous les cas, ce sera bon pour l’emploi. C’est çà faire « un tout petit peu d’Economie ».

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Anonyme 7 avril 2013 - 10:00

Réponse
« Il arrive à cette conclusion le plus simplement du monde pour quelqu’un qui fait justement de l’économie (pas la théorie, mais la concrète, celle qui entreprend). » Toute science a sa théorie parce que simplement elle part de lois constatées dans la pratique.

Hélas pour vous, je ne suis pas salarié, mais indépendant depuis la fin de mes études universitaires. J’ai des sociétés, j’ai eu plus de 150 employé(e)s et commandé plus de 500 hommes à l’armée. Je connais ce que signifie « payer des charges » et être responsable, mais je les ai toujours considérées comme un retour sur investissement futur: un salarié bien assuré avec une bonne couverture et dans une société où règne la « paix sociale » est un bénéfice pour l’entreprise comme pour l’Etat. Les deux sont indissociables.

Certes, en France, vous ne connaissez guère la paix sociale. Regardez moins en Suède et plus près de vos frontières! Je suis suisse et vous conseille d’élargir votre vision du monde surtout dans le domaine du monde des entreprises. Je vous conseille à vous aussi de lire le livre de Scott Adams, Le Principe de Dilbert. Dénigrer l’autre ne sert à rien et on n’apprend rien.

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Anonyme 7 avril 2013 - 9:58

Réponse
L’allocation des ressources concerne l’utilisation des ressources rares et les facteurs de production (travail, capital, matières premières, etc.) pour satisfaire à court et long terme les besoins de consommation de la population. Elle dépend d’une part des apports de capitaux privés et surtout des pouvoirs pulbics qui effectuent les dépenses par les prélévements d’impôts pour financer les services « non marchands » comme la justice, la police, certaines infrastructures communes indispensables au fonctionnement de la société. Cette part est la plus importante non pas au « rêve » de la consommation mais au bien-être de tout individu qu’il soit salarié ou indépendant.

Ce que vous ne donnez pas à l’Etat ne va pas forcément sur votre livret A.

« Note pour mémoire: faire un tout petit peu d’économie avant d’en parler. » Quand une personne commence par vous dénigrer au lieu d’argumenter, c’est qu’elle est en manque d’allégations.

Une citation pour vous:

« Toute réussite est relative. Vous pouvez améliorer votre réussite relative en dénigrant les compétences et les résultats de votre entourage. » (Scott Adams, dans son Principe de Dilbert: Revisitant à sa manière le monde de l’entreprise, les inepties stratégiques, les lubies du management et sa bêtise quotidienne, cet ouvrage est un antidote à la morosité, un manuel d’esprit critique, un moyen de garder les pieds sur terre. Dilbert, Dogbert, Richard… sont nos doubles pathétiques et attachants, dans un monde à peine caricaturé. Toutes les fonctions passent sous le feu de sa critique bonhomme : la direction, le marketing, les consultants, les ingénieurs… Que celui qui ne s’y reconnaît pas lève la main : il est prêt pour l’encadrement ! )

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Anonyme 10 avril 2013 - 12:01

mon bon monsieur
l’argent public n’existe pas, c’est une vue de l’esprit.L’argent public n’est que l’agrégat d’argent issue des échanges économiques lié à la création de richesse et prélevé sous forme d’impôts et de taxes.

Un emploi public est un emploi improductif comme dans une entreprise, et si les improductifs sont trop nombreux, les charges improductives deviennent destructrices.C’est pourtant simple mais je l’avoue difficile à aborder pour un fonctionnaire comme vous, qui se refuse à voir les réalités macro économiques.

Malheureusement pour vous, qui avez été les chantres de l’économie socialo-keynésienne (droite comme gauche), les nations se retrouvent en situation de concurrence économique, ce qui vous heurte intellectuellement mais reste malgré tout une réalité.

Et pour finir mon bon monsieur, si le secteur public était productif, alors pourquoi prélèverai t-il des impôts?

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Anonyme 1 avril 2013 - 6:50

Le problème, c’est qu’on vous
Le problème, c’est qu’on vous dira que la bonne santé apparente des USA est due aux plans de relance keynésiens de M. Bernanke. On vous objectera que les mêmes coupes à la hache chez les britanniques, sans relance keynésienne ne produisent pour le moment aucun effet en terme de croissance et d’emploi.

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