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Comment Google soutient les élections présidentielles dans le monde

par Adélaïde Motte
Le numérique, depuis qu’il s’est développé dans la population, a changé le visage et les outils de la démocratie. Les acteurs du secteur doivent en avoir conscience et adapter leurs décisions à ces nouvelles donnes, qu’ils ont puissamment contribué à établir. Google a choisi de travailler avec des partenaires gouvernementaux et médiatiques pour contribuer à la bonne tenue des élections présidentielles.

Ces dernières années ont montré les avantages et les inconvénients du développement du numérique. Il peut, via les plateformes, diffuser des contenus haineux, terroristes ou criminels, mais aussi donner accès à une masse d’informations sans précédent. Grâce à lui, les usagers peuvent comprendre les enjeux de leur société, ou à cause de lui, au contraire, s’enfermer dans un monde irréel et régi par des idéologies liberticides. Pour contribuer à la bonne tenue des élections présidentielles, une trentaine d’experts de Google travaillent sur le sujet, aidés d’experts numériques spécialisés dans certains scrutins internationaux, notamment américain et allemand. 

Promouvoir le vote et proposer une information fiable

Avec les élections américaines de 2016 s’est popularisée la notion de fake news. Elles peuvent être particulièrement dangereuses pour la démocratie, car elles diffusent auprès des électeurs des faits tronqués et des idées malhonnêtes. Certains demandent donc le retrait de contenus prônant ce qu’ils considèrent comme relevant de ce type d’informations falsifiées. Toutefois, la censure est peut-être plus dangereuse pour la démocratie que la désinformation elle-même, car elle implique un jugement souvent subjectif sur une idée ou une vision des faits. La frontière est mince entre censure idéologique et mise au point honnête. Quant aux contre-vérités délibérées, il est démontré que la censure risque de conforter ceux qui y croient. Il est plus efficace de faciliter l’accès à d’autres versions des choses, de favoriser le débat, de démontrer ce qui est faux et ce qui est juste.  

Google hésite, particulièrement dans le cadre d’élections présidentielles, à marquer des idées comme vraies ou fausses pour éventuellement les censurer. En revanche, il propose, en partenariat avec l’AFP, un service de vérification d’informations, « Objectif Désinfox ». Ce service s’articule autour de cinq piliers : la formation des journalistes à l’investigation numérique, une plateforme d’échange et de signalement de déclarations fausse ou trompeuses, des réunions thématiques, la production et la diffusion de contenus vérifiant les faits évoqués par les candidats et leurs équipes. Pour éviter de tomber dans l’idéologie, Objectif Désinfox rassemble 21 équipes de rédaction. Dix médias grand public (20 Minutes, AFP, BFMTV, France24, LCI, M6, RFI, RMC, RTL, TF1), deux médias locaux (Rue89 Strasbourg et Rue89 Bordeaux), quatre médias internationaux (Arte, Euronews, Radio France Maghreb 2 et TV5 Monde), et cinq médias plus alternatifs (Konbini, Médiacités, Phosphore, Factoscope et Fact and Furious). L’équipe de Désinfox compte donc des médias de sensibilités politiques assez variées. Un mélange qui ne doit pas faire oublier que le premier régulateur d’information doit être l’utilisateur. 

Former les équipes de campagnes et les protéger contre les attaques

Google s’attache également à former les équipes de campagne des différents candidats à l’usage des outils numériques, pour qu’ils puissent communiquer leur programme au plus grand nombre, par des canaux variés. De plus, il a mis en place un outil sur la plateforme Google Trends, qui recense les recherches menées sur les candidats déclarés. Cela permet de savoir à qui les usagers s’intéressent, et à quels thèmes et de repérer d’éventuelles attaques contre les uns ou les autres. 

Dans le domaine pratique, Google a conclu un partenariat avec le ministère de l’Intérieur, pour que les internautes puissent facilement trouver, dès la page d’accueil, des informations officielles sur les moyens de voter ou de s’inscrire sur une liste électorale. Cela leur évite de s’égarer sur des sites pouvant, volontairement ou non, les induite en erreur et les conduire à effectuer des démarches erronées.  

Les élections présidentielles américaines ont montré l’importance des outils numériques dans le processus démocratique, et ceux qui ont été mis en place par Google s’affineront encore. Ils sont plus efficaces et constructifs que toutes les régulations sur les structures elles-mêmes et les informations qu’elles diffusent. Sur ce sujet comme sur bien d’autres, les Etats doivent accepter de faire confiance aux entreprises. De faire confiance aussi aux citoyens qui, dans leur majorité, sont capables de faire la différence entre une idéologie douteuse et une idée intéressante qui, même si elle est peu répandue et critiquée, peut contenir un fond de vérité. 

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15 commentaires

Dressou 22 février 2022 - 7:36

Je suis profondément choqué par cet article qui ne dénonce pas vigoureusement ces ingérences de Google dans notre vie quotidienne et démocratique ! Big Brother n’est vraiment pas loin ! En avez vous conscience ?

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Nicolas Lecaussin 22 février 2022 - 9:09

On a beaucoup plus peur de l’étatisme…
Cordialement
NL

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JR 22 février 2022 - 9:39

Bonjour, certes, avec l’état on n’a pas le choix… Merci

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Alain 27 février 2022 - 7:41

Big Brother, c’est Bruno Le Maire avec l’aide de Google. Voir l’article « le fisc vous surveille »

dans le Particulier 1188.

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Beraud 22 février 2022 - 8:50

Oui , sauf que Google devient de plus en plus intrusif ce qui fragilise la démocratie

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Verdun 22 février 2022 - 9:39

C’est un média comme un autre qui fabrique l’opinion publique et l’illusion de la démocratie. La feuille de chous 2.0.

Bien à vous

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Louis Maillard 22 février 2022 - 9:55

Merci Madame Motte pour l’ensemble de vos articles qui sont un vrai plaisir de lecture, traduisant votre sérieux et votre compétence .
J’ai par contre été assez surpris de votre article sur Google ; vous avez sûrement raison de dire que la présentation d’opinions diverses et le débat seront toujours plus productifs que la censure .
Mais quand on sait que l’essentiel des médias français sont le relai de l’AFP, elle-même marquée à gauche, et que vous présentez les médias choisis par « Desinfox » comme reflétant des « sensibilités politiques assez variées », les bras vous en tombent un peu !
De plus les dernières élections américaines ont montré, peut-être l’importance, mais surtout la partialité des outils numériques dans le processus ( plus vraiment) démocratique .
Un tel panégyrique de Google me paraît exagéré, tranchant avec le ton habituel de vos articles .
Très cordialement

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Bernard GUILHON 22 février 2022 - 9:57

 » L’équipe de Désinfox compte donc des médias de sensibilités politiques assez variées. »
Elles sont certes assez variées : pas exactement le même angle, mais toutes à gauche.

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THIERRY C. 22 février 2022 - 4:44

« Toutes à gauche », nous faisons le même constat. Accablant !
Est-ce si surprenant dans un pays dans lequel il a suffi de repeindre les socialistes en « marcheurs » et les trotskystes en « écologistes » pour tout dissimuler ?

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Serge CIBOXER 22 février 2022 - 1:41

Le contenu de l’article n’est qu’un descriptif complaisant de ce qui se passe en coulisses (dans le dos… des peuples !).
J’en attendais une réflexion critique sur le Pouvoir, la Votation, la « Démocratie ». Le grand vide.
Le numérique », l' »intelligence artificielle », les algoritmes etc…, ces outils « fantastiques », sont des inventions de l’espèce humaine. Soyons clairs, il y a là un lourd handicap génétique !
Conçus (façonnés) sur mesure, ces moyens techniques nouveaux sont AU SERVICE de l’homme pour l’usage qu’il juge bon d’en faire… à son profit, c’est à dire des instruments de pouvoir, de plus en plus puissants et… destructeurs.
Au bout du bout, ce qui change, c’est la forme des rapports humains, mais pas le fond.

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Obeguyx 22 février 2022 - 3:03

Allez, on continue de croire au père noël, comme à l’ogre soviétique, tout en pensant que la Chine est encore au Moyen-âge, pendant que les USA prennent la pâté devant des moyenâgeux Afghans. Merci à Bernard Guilhon et Serge Ciboxer pour leur intervention, comme à tous les autres. Et puis on va bientôt voter par correspondance ou internet, si, si ,si ils vont nous le faire (rappelez vous Maastricht).

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THIERRY C. 22 février 2022 - 4:37

Il est surprenant de ne pas trouver dans la liste des rédactions : ni CNews, ni Europe1, ni Le Figaro alors même que ce grand quotidien possède une rubrique « vérification » !
Ecrire que toutes les sensibilités sont représentées n’est-il pas « un peu osé » ?

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JR 22 février 2022 - 6:39

Bonjour Madame Motte, avouons que l’équipe « Objectif Désinfox » est marquée à gauche, sans réel contradicteur. Personnellement je ne fait pas 100 % confiance à Google sur le plan de l’impartialité de ces choix. En voici un exemple: https://climatetverite.net/2022/01/14/google-censure-le-dr-roy-spencer/
Les élections américaines ont démontré le côté perfectible et les choix politiques de Google, donc méfiance. La confiance, c’est comme le respect, ça se mérite… Sinon D. Trump n’aurait pas eu à créer le réseau « Truth social ». A ce propos, SVP, si vous pouviez faire un état de l’avancement du réseau en France. Cependant je ne nie pas l’utilité et globalement la qualité du service rendu. Merci. Bien à vous

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Adélaïde Motte 23 février 2022 - 3:44

Bonjour à tous,

Je vous remercie pour vos commentaires. Les retours sur notre travail sont toujours bienvenus.
Google est une plateforme aujourd’hui massivement utilisée, et j’ai souhaité vous présenter la façon dont elle travaille pour ces élections. Le sujet ne se réduisait donc pas à Désinfox, ce qui explique que ma réflexion ait pu ne pas aller suffisamment loin pour vous.

Concernant Désinfox, j’aurais pu regretter l’absence de chaînes comme CNews ou le Figaro et la présence de Konbini dans son équipe. Si l’outil est encore bien loin de l’idéal, ce que je pensais avoir précisé, la présence d’une chaîne comme LCI y est un bon signal.

Si l’on pose comme principe que la censure, exceptée dans des cas très particuliers liés à la promotion du terrorisme ou du totalitarisme, doit être évitée, peut-être la réinformation est-elle une solution intéressante. Que Google travaille sur un outil la proposant n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Si Désinfox n’est pas un prétexte à la censure, qu’il évolue sans cesse pour une meilleure honnêteté de l’information et que son fonctionnement est transparent, il peut être un bon outil.

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JR 23 février 2022 - 7:07

Bonjour Madame Motte, effectivement, il serait légitime de voir C-News dans le package. Cela donnerait assurément plus de crédit à l’impartialité. Bien entendu, ne comptons pas sur Delphine Ernotte pour enrichir le débat nécessaire. Merci pour votre complément d’information. Bien à vous

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