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Eloge de l’inégalité

par Thierry Godefridi

« La diversité même leur est odieuse : ils adoreraient l’égalité jusque dans la servitude. » Dans L’Ancien Régime et la Révolution, Tocqueville (1805-1859), le philosophe et homme politique qui nous a laissé une analyse de la démocratie, ses vertus et ses aléas, illustrée par l’exemple américain au XIXe siècle, cité par Jean-Philippe Delsol dans l’introduction de l’Eloge de l’inégalité, mettait déjà en garde contre les égalitaristes.

Piketty constitue le parangon de l’égalitariste au XXIe siècle, du moins sur le plan de la théorie. Les centaines de milliers d’exemplaires de son Capital au XXIe siècle vendus en France et à l’étranger, notamment 450.000 aux Etats-Unis, cet essai pseudo-scientifique dans lequel l’économiste étaie une critique en règle de l’économie libérale et de la liberté individuelle, indiquent à suffisance que le thème de l’égalité reste d’actualité.

Bien que ce ne soit nullement le projet de Jean-Philippe Delsol de se poser en tant qu’anti-Piketty – il ne le mentionne qu’incidemment dans son essai –, l’Eloge de l’inégalité est à l’antipode du Capital au XXIe siècle. Avocat fiscaliste et président de l’Institut de Recherches Economiques et Fiscales (IREF), un centre de réflexion européen, Delsol fait plus œuvre de sociologue et traite de l’inégalité (et de l’égalité) de la même manière englobante que l’avait fait Helmut Schoeck (1922-1993) pour L’Envie dans l’analyse qu’il en réalisa comme l’expression d’un phénomène psychique et social, à travers les âges et sous plusieurs angles.

Voyeurisme social

L’objet de l’Eloge s’y prête : la quête de l’égalité ne relève-t-elle pas de la jalousie et du dessein de se procurer une part du bien d’autrui à meilleur compte ? Ce n’est pas aussi simple, bien sûr, encore faut-il faire la part des choses entre l’égalité en droit, qui délimite le champ dans lequel se déploient la liberté et les possibles, et l’égalité de condition matérielle qui ne peut exister que dans la pauvreté pour tous – l’histoire en témoigne a profusion – et la présence d’un gendarme derrière chacun afin de s’assurer qu’aucun jamais ne se démarque des autres.

La seule solution au problème du Qui custodiet ipsos custodes ? qui en résulte est alors que chacun soit le gardien des autres. Le fantasme de l’égalité de condition matérielle explique la propension des sociétés contemporaines à déshabiller tous leurs citoyens, aussi inoffensifs soient-ils pour leurs concitoyens sous tous rapports, et l’institutionnalisation du voyeurisme social et de la délation.

Mais, avertit l’auteur de l’Eloge, cette uniformité ne peut déboucher que sur la médiocrité, car « les hommes ne changent guère. Les égalitaristes croient supprimer l’envie quand ils ne font que détruire les ressorts de la société et parfois exacerber la mauvaise envie au détriment de la bonne », c’est à dire attiser l’envie tout court et décourager l’émulation.

« L’esprit français hésite depuis plus de deux siècles entre 1789 et 1793, écrit Jean-Philippe Delsol, entre l’égalité de droit de Voltaire pour respecter les individus et l’utopique retour à l’égalité naturelle de Rousseau à l’origine de tous les collectivismes égalitaristes. » Or, il faut bien admettre que l’inégalité et l’envie relèvent plus de la nature humaine que l’égalité, raison pour laquelle cette dernière ne peut exister que dans des sociétés fermées, encarcanées.

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2 commentaires

Claude Courty 8 novembre 2021 - 11:35

Eloge de l’inégalité
Voyant la richesse matérielle qui oppose entre eux les individus peuplant la pyramide sociale, plutôt que ce qui les rend complémentaires et interdépendants, l’homme a de tous temps, vainement cherché à vaincre une adversité attachée à sa condition, ainsi que les maux qui en découlent, dont en premier lieu la pauvreté extrême.
L’histoire nous apprend en effet que guidés par des sentiments et l’émotion que peut susciter un manque d’équité aussi inhumain que flagrant, ils ont choisi de se livrer à une lutte des classes ayant partout et de tous temps fait la preuve de son impuissance, à en croire la rémanence de leurs revendications
Est-il trop tard pour réagir en conséquence, plutôt que de s’entêter dans un combat sommaire n’ayant pour résultat que d’aggraver frustrations et tensions ? D’autant qu’avant même sa condition sociale, l’homme doit dorénavant compter, dans une urgence atteignant l’extrême, avec son environnement planétaire et les conséquences écologiques de son aveuglement et de son imprévoyance.
Quoi qu’il en soit, les inégalités sociale ont toujours existé et se sont fatalement sans cesse creusées avec la croissance de l’indissociable binöme économie-population, dont l’histoire se confond avec celle de l’humanité.
https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2015/03/schema-sans-commentaire.html

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Claude Courty 8 novembre 2021 - 11:36

Eloge de l’inégalité
Voyant la richesse matérielle qui oppose entre eux les individus peuplant la pyramide sociale, plutôt que ce qui les rend complémentaires et interdépendants, l’homme a de tous temps, vainement cherché à vaincre une adversité attachée à sa condition, ainsi que les maux qui en découlent, dont en premier lieu la pauvreté extrême.
L’histoire nous apprend en effet que guidés par des sentiments et l’émotion que peut susciter un manque d’équité aussi inhumain que flagrant, ils ont choisi de se livrer à une lutte des classes ayant partout et de tous temps fait la preuve de son impuissance, à en croire la rémanence de leurs revendications
Est-il trop tard pour réagir en conséquence, plutôt que de s’entêter dans un combat sommaire n’ayant pour résultat que d’aggraver frustrations et tensions ? D’autant qu’avant même sa condition sociale, l’homme doit dorénavant compter, dans une urgence atteignant l’extrême, avec son environnement planétaire et les conséquences écologiques de son aveuglement et de son imprévoyance.
Quoi qu’il en soit, les inégalités sociale ont toujours existé et se sont fatalement sans cesse creusées avec la croissance de l’indissociable binöme économie-population, dont l’histoire se confond avec celle de l’humanité.

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