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Influence étrangère : les élus sont aussi concernés

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Il y a quelques jours, un article de l’IREF mentionnait la publication du rapport annuel de la délégation au renseignement sur les tentatives de déstabilisation de pays hostiles sur notre sol et pointant singulièrement les activités des suspects habituels que sont la Russie, l’Iran, la Turquie ou encore la Chine. Comme le rappellent les auteurs du rapport, ces puissances profitent « d’une forme de naïveté et de déni qui a longtemps prévalu en Europe ».

N’y-a-t-il que de la naïveté ? Il y a aussi parfois des complicités actives d’agents d’influence parfois abusés et parfois conscients des services qu’ils rendent à des Etats, des causes ou des groupes qu’ils soutiennent par idéologie. Récemment, un député français a ainsi été visé dans diverses affaires de trafic d’influence par les médias. D’abord membre du Parti socialiste puis élu LREM, monsieur Hubert Julien-Laferrière a rejoint le groupe Ecologie démocratie et solidarité en mai 2020. Membre de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, il a pu s’y montrer actif pour défendre une cryptomonnaie camerounaise douteuse créée par l’homme d’affaires controversé Elie Parfait Simb, sur d’autres cas de politique africaine comme au Bénin, ou encore tenant des positions contraires à celles de son groupe parlementaire.

Son cas n’est d’ailleurs pas isolé. Dans un autre registre, différents élus français ont aussi été cités dans le cadre de la « diplomatie du caviar » menée par l’Azerbaïdjan ou bien du « Qatargate ». Chaque conflit contemporain est d’ailleurs l’illustration de ces batailles d’influence menées au sein même de nos institutions, qu’il s’agisse de la guerre livrée par Israël au Hamas qui voit notre classe politique se déchirer, ou, évidemment, de l’invasion russe de l’Ukraine qui compte malheureusement des soutiens dans les rangs de nos propres représentants au Parlement national et au Parlement européen.

L’ingérence étrangère est donc un phénomène qui utilise désormais les moyens non conventionnels ciblés dans le rapport annuel de la délégation au renseignement, tant par le biais de soft power médiatique, de la diffusion de fausses informations, ou de manipulation idéologique, mais aussi le bon vieux lobbying à l’ancienne auprès de nos élus. Ces pratiques anciennes sont d’ailleurs la plupart du temps acceptables et classiques. Malheureusement, elle déborde dans un contexte de chaos international et peuvent mettre en péril nos intérêts comme nos institutions.

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