Faire un don

Nos ressources proviennent uniquement des dons privés !

anglais
Accueil » Château de Versailles : vitrine de l’absolutisme royal… et berceau méconnu du libéralisme économique

Château de Versailles : vitrine de l’absolutisme royal… et berceau méconnu du libéralisme économique

par
456 vues

Le château de Versailles met actuellement Louis XV à l’honneur à travers une exposition qui revient surtout sur les goûts du « Bien-Aimé ». C’est aussi l’occasion de rappeler l’influence qu’exerça sur la vie artistique, scientifique et intellectuelle celle qui fut sa favorite de 1745 jusqu’au début des années 1750, avant de devenir sa « confidente », nommément Madame de Pompadour (1721-1764).

À titre d’exemple, rappelons que celle qui défendit Voltaire et Montesquieu soutint aussi la parution des deux premiers volumes de l’Encyclopédie – qui fut interdite en 1752 par arrêté du Conseil du roi Louis XV.

Cela est connu. Or on sait moins peut-être qu’elle joua aussi un rôle important… dans l’émergence de la pensée libérale en économie.

En 1749, Madame de Pompadour fit du chirurgien François Quesnay son propre médecin – avant qu’il ne devînt, trois ans plus tard, premier médecin ordinaire du roi. Elle l’installa alors dans un entresol, au-dessus de l’une des antichambres de son appartement à Versailles : l’entresol Quesnay, aujourd’hui disparu. C’est là, dans ce véritable « laboratoire d’idées » que fréquentèrent certains des plus grands esprits du temps, que fut élaborée la pensée physiocratique, dont l’idée maîtresse était qu’une agriculture modernisée et libéralisée pouvait devenir la principale source de richesse du royaume. Marmontel (1723-1799) nous en a laissé l’intéressante description suivante :

« Là-bas on délibérait de la paix, de la guerre, du choix des généraux, du renvoi des ministres, et nous, dans l’entresol, nous raisonnions d’agriculture, nous calculions le produit net ou quelquefois nous dînions gaiement avec Diderot, d’Alembert, Duclos, Helvétius, Turgot, Buffon ». « Et madame de Pompadour, ajoute-t-il, ne pouvant pas engager cette troupe de philosophes à descendre dans son salon, venait elle-même les voir à table et causer avec eux. » (Cité par Benoît Malbranque, dont on lira l’excellent article sur le même sujet.)

À cet égard, Versailles mérite d’être redécouvert, non pas seulement comme centre bien connu de l’absolutisme de type louis-quatorzien, mais aussi comme lieu où furent pensées et discutées certaines des idées alors les plus novatrices, qui auraient peut-être évité à la monarchie de chuter si elle les avait adoptées.

Laissez un commentaire