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Le budget de l’Élysée : une augmentation exponentielle

par Romain Delisle
Sous l’Ancien Régime, les dépenses publiques et les dépenses privées du souverain n’étaient pas distinctes. Ce n’est qu’à partir de la Révolution qu’une liste civile a été votée chaque année et octroyée au roi par le Parlement. Le faible rôle des présidents du début de la République contribue à ne leur accorder qu’une dotation famélique : en 1957, on l’estime à 1,3 M€.

Tout change avec la Ve république : le monarque est de retour, même élu.

La dotation à la présidence de la République inscrite en loi de finances initiales pour 2020 s’est élevée à 105,3 M€. A cela s’ajoutent des produits divers et mineurs (comme la vente de produits dérivés), pour un total de 107 M€. Les charges sont de 106,8 M€ contre 105,4 M€ en 2019, les charges de personnel ont augmenté de 0,5%, le reste de la hausse des dépenses étant constitué d’investissements numériques, immobiliers et en véhicules, passés de 4,7 M€ en 2019 à 10,8 M€ en 2020.

 

Vue d’ensemble

La présidence de la République s’est fixé un plafond d’effectif à 825 ETP (équivalent temps plein) mais au 31 décembre 2020, on dénombrait 798 agents, contre 778 un an plus tôt. Le cabinet du président de la République se composait de 48 membres, contre 47 en 2019 ; parmi ceux-ci, cinq personnes étaient également membres du cabinet du Premier ministre, tandis que huit conseillers de ce dernier étaient mutualisés avec le cabinet du chef de l’État. Depuis 2019, il n’existe plus de postes de chargés de mission et tous les noms des collaborateurs du président sont publiés au Journal officiel. La rotation des conseillers y a été importante : 19 arrivées et 18 départs depuis le début du quinquennat.

Le nombre d’agents mis à disposition contre remboursement par d’autres administrations est de 609, soit 76% de l’ensemble ; l’effectif est composé de 478 agents civils et 321 militaires au total, dont 195 agents de catégorie A, 279 agents de catégorie B et 325 agents de catégorie C. Les dépenses de personnel se sont élevées à 71,4 M€ en 2020 contre 71,12 M€ l’année précédente et représentent 67% du budget total. Si les traitements principaux ont augmenté de 0,41 M€ et les charges patronales de 0,3 M€, les heures supplémentaires ont baissé de manière significative (0,39 M€ soit -38%).

Notons par ailleurs que les trente plus hautes rémunérations des collaborateurs du président n’excèdent pas le plafond mensuel de 13 000 € net, fixé sous le précédent quinquennat.

Les dépenses de fonctionnement courantes s’élèvent à 15,75 M€, en baisse de 1% par rapport à 2019 ; 13% sont liées à l’action présidentielle, 87% à l’administration des services.

 

Les dépenses par secteur

Reflet de la crise sanitaire, les dépenses liées aux déplacements internationaux du président sont en forte baisse : elles passent de 13,9 M€ à 8,8 M€ entre 2019 et 2020, soit une diminution de 37%. On a compté 19 déplacements à l’étranger (dont 14 en Europe), contre 32 l’année précédente (dont 22 en Europe). Les trois quarts des déplacements totaux ont été effectués en France mais aucun en Outre-mer. La voie aérienne a été choisie pour 52 voyages du chef de l’État, dont le coût total a été de 3 M€.

Les dépenses de communication sont, en revanche, en forte croissance : de 1,7 M€ en 2019 à 2,2 M€ en 2020. De même, le budget alloué aux télécommunications et systèmes d’information augmente de 2,49 à 4,24 M€. Les dépenses dans l’immobilier sont, elles, stables : 2,52 M€ pour l’entretien, 3,64 M€ pour l’investissement, utilisés à la rénovation de certains sites comme le bâtiment Moreux de l’hôtel de Marigny ou des salles de l’hôtel d’Évreux.

Notons également que les dépenses consacrées au parc automobile, qui passe de 169 véhicules en 2019 à 159 véhicules en 2020, se montent à 0,8 M€.

Dernier poste, celui des frais accordés au conjoint du président de la République. Depuis le 21 août 2017, une charte de transparence, publiée sur le site de la présidence, détaille les missions qui lui sont dévolues : représenter la France aux côtés du chef de l’État lors des sommets et réunions internationales, répondre aux sollicitations des Français (25 000 courriers en 2020), superviser les réceptions officielles du palais de l’Élysée et soutenir les œuvres caritatives, culturelles ou sociales qui participent au rayonnement international de la France. Deux collaborateurs et un secrétariat de deux personnes sont mis à sa disposition. Le coût total de la fonction de Brigitte Macron pour le contribuable peut être estimé à 291 826 €.

 

Qu’il semble loin le temps ou le général de Gaulle payait ses factures d’électricité à l’Élysée ! À l’époque, le budget est de 2,3 M€, il atteint à peine 3,7 M€ sous François Mitterrand. Il explose sous Jacques Chirac avec 90 M€, puis sous Nicolas Sarkozy avec 113 M€, redescend sous la barre des 100 M€ à la fin du quinquennat de François Hollande pour repartir de plus belle à la hausse jusqu’aux niveaux que nous connaissons. L’Exécutif, qui se trouve chroniquement incapable de juguler le déficit public, ne parvient pas non plus à freiner l’augmentation exponentielle des frais liés à l’entretien de son chef.

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5 commentaires

NewTone 25 février 2022 - 9:20

«  »Si les traitements principaux ont augmenté de 0,41 M€ et les charges patronales de 0,3 M€, » » Voilà bien une phrase qui n’a aucun sens, tout au moins pour une personne qui sait ce que signifie « charges patronales » pour un salarié du privé…. Quant aux « traitements principaux », c’est un peu la même chose: dans le privé on ne peut parler que de « salaire brut » ( constituant l’assiette des charges salariale comme patronale) , et de « salaire net » (crédité sur le compte bancaire du salarié; et imposable à l’IRPP). Je serais très intéressé par la publication des montants suivants, en VALEURS ABSOLUES ( pas en %. Je suis encore capable de calculer un %), et pour l’une des années 2019 ou 2020, peu importe laquelle:
_ montant des « traitements principaux », en précisant s’il s’agit de l’équivalent du « salaires nets » arrivés sur les comptes bancaires des bénéficiaires, et imposables à l’IRPP; ou de l’équivalent du « salaire brut », ou autre chose (à préciser)
_ montant des « charges patronales ». Et si l’auteur de cet article , ou du « rapport ? » à l’origine de son article, connait les « taux » des différentes « charges patronales » concourant à ce montant , je serais également heureux de connaître ces différents taux.
Enfin, dernière précision souhaitée: parmi tous les « agents » dénombrés, combien ne sont pas titulaires du « statut de la FPE »? Combien bénéficie d’un contrat de travail de droit privé (CDI, CDD, interim ?)
Merci de votre réponse éventuelle

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AlainD 25 février 2022 - 1:17

Et dire que c’est à des gens comme ça que l’on confie la gestion de la France quand il sont incapables de gérer le budget de la présidence. Ah il n’y a rien de trop beau pour le train de vie de Macron surtout lorsque c’est avec l’argent des contribuables.

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Virginie 25 février 2022 - 3:03

Juste du dégoût de tout ça, pourquoi n’y-a-t-il aucune sanction contre ces personnes qui nous ruinent, nous appauvrissent consciemment et qui en plus ont un salaire à vie avec des avantages honteux.

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Obeguyx 25 février 2022 - 8:09

Je suis sûr que 6 mois sans le monde politique nous nous apercevrions qu’ils ne servent à rien. On essaie ?

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Rémi 27 février 2022 - 11:18

Le « roi » n’est pas mort… Vive le « roi »… !

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