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Jo Jorgensen, l’autre candidate américaine… libertarienne

dimanche 1er novembre 2020, par Nicolas Lecaussin

Vous n’étiez sûrement pas au courant, mais il n’y a pas que Trump et Biden qui soient candidats à l’élection présidentielle. Pratiquement à chaque élection, un libertarien se présente contre les deux représentants des grands partis. D’habitude il obtient, en moyenne, entre O.30 et 0.80 % des voix et il reste dans l’anonymat. Seul l’ancien membre du Congrès, Ron Paul, candidat en 1988, est un peu plus connu car très actif dans les mouvements libertariens et auteurs de nombreux textes théoriques sur le libertarianisme. En 2020, c’est Jo Jorgensen, une femme de 63 ans originaire de l’Illinois, qui porte leflambeau. Elle avait déjà été présente sur le ticket présidentiel (en tant que colistière de Harry Browne), en 1996.

Que propose-t-elle ? D’abord, elle aurait répondu autrement à la pandémie. En supprimant toutes les réglementations afin que les médicaments et les traitements, ainsi que les tests, puissent parvenir aux patients à tout moment. Bien entendu, elle accuse l’administration pour son inefficacité et affirme même vouloir supprimer la FDA (Food and Drug Administration). La candidate fait confiance aux individus et en leur capacité de se responsabiliser.
Sur le plan économique, elle veut supprimer les aides aux entreprises et baisser drastiquement les taxes et les impôts : « C’est pourquoi chaque dollar que nous retirons des coffres du gouvernement et que nous rendons aux contribuables qui le gagnent créera deux fois plus d’emplois. » L’objectif est d’éliminer tout programme ou administration qui pourrait être remplacé par une entreprise privée : « Je travaillerai sans relâche pour remplacer la réglementation gouvernementale par une réglementation naturelle du marché, qui est beaucoup plus efficace et censé. » Son autre objectif majeur est de supprimer à terme l’impôt fédéral.
Elle considère aussi que les Américains devraient être responsables de leur propre budget de santé. Ils devraient avoir la possibilité d’acheter des soins de la même manière qu’ils le font pour tout autre produit ou service.
Avec elle, les dépenses publiques seraient réduites au minimum et le budget, géré comme celui d’une famille américaine qui veille à ses dépenses. Tout nouvel emprunt gouvernemental serait interdit par la Constitution. L’école serait libre sur un marché de l’éducation qui offrirait aux parents de tous horizons la possibilité de choisir parmi les « cyberschools », les écoles paroissiales, les écoles privées, l’école à la maison ou toute autre option. Contre la pauvreté, mieux vaut le travail que les aides sociales.
Enfin, une économie libre ne peut s’appuyer que sur un commerce libre. « En tant que président, je supprimerai tous les droits de douane et toutes les autres barrières commerciales qui empêchent la circulation des biens et des services dans notre pays. Les Américains méritent ce qu’il y a de mieux, et peu importe d’où vient le meilleur. « 
On ne peut que soutenir toutes ces propositions même si certaines pourraient être considérées comme utopiques. Dommage que cette candidate n’ait pas plus d’écho, même dans un pays comme l’Amérique réputée pour son attachement aux libertés individuelles et à la propriété privée. C’est pour ça qu’il vaut mieux soutenir le candidat qui s’inspire le plus de son programme.

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Messages

  • La liberté des uns s'arrête au respect de tous.
    La fortune est le résultat de circonstances et hazards. Elle fait grossir les uns et écrase les autres.
    L'état doit protéger les citoyens afin de maintenir un équilibre.
    Une belle société, c'est comme une belle équipe sportive. Tous les joueurs ont leur rôle, même s'il y a quelques vedettes et l'arbitrage est essentiel.

    • L'arbitrage est essentiel, en effet. Mais les règles se doivent d'être simples et compréhensibles par tous. Et le rôle de l'arbitre doit également être strictement encadré sinon il aura une tendance naturelle à s'accaparer des prérogatives qui ne sont pas les siennes. D'ailleurs, rien n'interdit à l'arbitre d'être un acteur privé.
      L'état ne protège jamais les citoyens, ça c'est une fable, un mythe que l'on aime se raconter pour se rassurer. L'état et les hommes de l'état distribuent généreusement à certains ce qu'ils volent aux autres grâce au monopole de la violence dont ils sont détenteurs (en n'oubliant jamais de se servir au passage).
      L'état, à partir du moment où il est créé, ne cherche qu'à étendre son emprise au fil du temps et se répand dans l'ensemble de la société jusqu'à son agonie, telles les métastases d'une tumeur maligne. Le processus est long à l'échelle humaine mais inéluctable...

  • « C’est pourquoi chaque dollar que nous retirons des coffres du gouvernement et que nous rendons aux contribuables qui le gagnent créera deux fois plus d’emplois. »

    Comme Murray Rothbard, Jorgensen a parfaitement raison lorsqu'il s'agit des activités privées par nature : réglementer et taxer tue l'activité productive, crée du chômage etc (on le voit très clairement en France).

    Mais il existe aussi une sphère publique par nature (maintien de l'ordre, défense, arbitrage des conflits etc.) qu'il ne serait pas raisonnable de privatiser. C'est ce qu'on appelle l'État régalien.

    Et pour éviter toute dérive de l'État régalien, la démocratie directe paraît plus pertinente que la solution libertarienne (on l'a vu très clairement au Far West et en Suisse).

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