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Censure, violences, interdits ou la montée du terrorisme gauchiste sur les campus américains

Depuis maintenant quelques années les universités américaines sont le théâtre d’un combat culturel inquiétant. Dans le contexte de cet affrontement, certains étudiants ont recours à des pratiques qui peuvent être à première vue surprenantes, ridicules mais aussi dangereuses et violentes. Ce phénomène a pris une ampleur encore plus importante depuis l’élection de Donald Trump. D’une manière générale, une tendance à la limitation de la liberté d’expression et à la montée de l’intolérance se développe sur les campus. Elle se manifeste par des actes plus ou moins violents dont les initiateurs sont principalement des groupes de pression et des syndicats étudiant, mais aussi l’administration universitaire et les étudiants eux-mêmes.
La limitation de la liberté d’expression touche aussi bien des conférenciers et des professeurs que des étudiants.

Exemples

Les situations varient du dérisoire au tragique. Par exemple, un professeur de chinois de l’université réputée de Southern California a été dénoncé par des élèves et suspendu par l’université car… il avait prononcé un mot chinois qui ressemble à une insulte raciste en anglais. Le mot en question est « Nega » et il veut simplement dire « Cela ». Ceux, professeurs et élèves, qui sont victimes de l’intolérance sont bien sûr en majorité conservatrices. Rappelons qu’il y a de moins en moins de diversité politique au sein des universités. En 1996, les professeurs se classant à gauche étaient deux fois plus nombreux que leurs collègues se considérant de droite. Il y en a maintenant cinq fois plus. Mais beaucoup de professeur se considérant comme progressistes sont également victime de ces agissements. Ainsi Jeannie Suk, professeur de droit à Harvard et engagée contre les violences sexuelles, explique que certaines de ses étudiantes refusent de suivre ses cours par crainte d’être traumatisées. Certaines exigent même qu’elle arrête d’employer le mot « viol » et l’ont attaqué en justice. Condoleezza Rice, première femme de couleur secrétaire d’État américaine, et Christine Lagarde, première femme à la tête du FMI, se sont fait interdire de conférence en 2014. Plus tragiquement, Allison Stranger, une professeur reconnue au Middlebury College, a dû recevoir des soins pendant six mois après avoir été lynchée alors qu’elle tentait d’organiser un débat avec une figure de la droite conservatrice américaine. Le professeur Breit Weinstein, enseignant au Evergreen State College et se définissant lui même comme progressiste, a décidé de quitter son poste à l’université car il était constamment menacé de mort par des étudiants. La raison ? Il avait émis des doutes quant à la justification d’une journée organisée chaque année depuis 2017 au cours de laquelle les étudiants blancs sont priés de ne pas se rendre sur le campus, exclusivement accessible aux étudiants de couleur.

Ce sont les étudiants qui sont le plus déstabilisés par les intimidations et les sanctions. Ils ont moins d’attaches sur place, moins d’influence que leurs professeurs et sont plus soumis à la pression de leurs pairs. Un classement portant sur la liberté d’expression dans les campus américains montre que ce sont eux qui s’auto-censurent le plus.

Les exemples cités précédemment sont pour la plupart tirés du livre co-écrit par le journaliste américain Greg Lukianoff et le sociologue Jonathan Haidt, « Le Dorlotage de l’esprit américain » (non-traduit). Il y en a des centaines d’autres. Les auteurs vont plus loin et tentent d’expliquer comment les États-Unis en sont arrivés là.

Renversement du combat pour la liberté

Si ces comportements sont si choquants, c’est que le pays était jusque là un exemple en terme de liberté d’expression et de tolérance. Les auteurs rappellent que l’université de Berkeley fut en 1964 à l’avant-garde du mouvement des étudiants pour la liberté d’expression. Or, comme un symbole, c’est elle qui a connu le premier grand mouvement de violence en marge d’une conférence d’un intervenant conservateur en 2017 que Greg Lukianoff et Jonathan Haidt identifient comme le point de bascule, vers la défaite, de la liberté d’expression. La nuit du 1er février 2017, des manifestants ont tenté d’empêcher t Milo Yiannopoulos, éditorialiste et figure de « l’alt-right », de tenir une conférence dans les locaux de l’université. Ils ont détruit et brûlé pour 500 000 dollars de matériel. Mais surtout, ils ont lynché des étudiants et même des journalistes, laissant certains d’entre eux inconscients sur le sol. Aucune enquête n’a été menée par l’université et aucun manifestant n’a été arrêté. Ce mode opératoire s’est donc grandement développé par la suite. Il est maintenant fréquent de voir des intervenants se faire escorter par la police pour se rendre à leur conférence, quand elle n’est pas annulée par mesure de sécurité.

Les auteurs du livre montrent que le mouvement pour la liberté a été remplacé par un mouvement pour la « sécurité sentimentale ». Lorsque les sentiments prennent la place de la raison dans le débat, la contradiction est vécue comme une oppression inacceptable. C’est pour cette raison que des étudiants à priori attachés à la démocratie en viennent à justifier l’intolérance et la violence. Le développement de « safe spaces » (espaces de sécurité) est l’incarnation de ce désir excessif de sécurité : certains lieux dans l’université sont réservés à une parole dite modérée qui ne doit choquer personne, avec parfois la supervision d’un « safety officer » (officier de sécurité)… Car l’intolérance n’est pas seulement le fait des étudiants mais aussi celui des universités. Une « bureaucratie de la sécurité » s’est développée avec des comités, des règlements, des séminaires incitant à restreindre la liberté d’expression. Le professeur Benjamin Ginsberg a expliqué comment la prolifération de la bureaucratie, avec de plus en plus d’effectifs issus de l’administration et non de la sphère enseignante, a favorisé ce phénomène. Quelques universités se sont cependant mobilisées contre cette censure. Dans certaines, les dirigeants ont pris l’engagement de promouvoir la liberté d’expression et de protéger les étudiants et la situation est bien meilleure. C’est notamment le cas de l’université de Chicago, déjà célèbre pour avoir développé le libéralisme au XXème siècle, qui a publié en 2015 une charte garantissant à tous ses membres une libre parole. Elle est maintenant en tête du classement national des universités en termes de liberté d’expression.

Sources

>  https://www.franceculture.fr/emissi ...

>  http://www.slate.fr/story/184518/un ...

>  https://www.lepoint.fr/monde/les-ca ...

>  https://www.wsj.com/articles/cancel ...

>  https://www.nas.org/blogs/article/t ...

>  https://www.campusreform.org/?ID=15 ...

>  https://nypost.com/2020/07/28/cance ...

>  https://www.thefire.org/campus-canc ...

>  https://www.aei.org/articles/dont-w ...

>  https://www.thefire.org/faculty-rep ...

>  https://www.theatlantic.com/ideas/a ...

>  Lukianoff, Greg, and Jonathan Haidt. "THE CODDLING OF THE AMERICAN MIND : HOW GOOD INTENTIONS AND BAD IDEAS ARE SETTING UP A GENERATION FOR FAILURE.

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Messages (1)

Club JUVENAL

le 8 octobre, 14:36 par HUBIN

EN 1.963 /64 Philippe Tesson , à l’époque Directeur du journal Combat organisait dans le Café du Croissant (rue Montmartre là où est mort Jean Jaurés ) un club de débat (débating group Dirait -t-on ?) composé d’étudiants de Sc PO d’Assas et de La Sorbonne Etc ...sélectionnes pour représenter toutes les tendances du moment des cocos aux fachos en passant par les Giscardiens et les ... gaullistes ( je fus celui là !)
Chaque semaine débat autour d’un grand (Tixier Vigancourt ? Poperen Capitant etc .. Qu’il fallait contredire ) dont il faisait compte rendu dans son journal
Nous étions heureux de débattre , à dire le vrai nous nous sommes bien marrés ; nous n’étions pas d’accord mais nous savions vivre ensemble . Juvénal voilà le nom de ce club . Il faut le réinventer !

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