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Francis Fukuyama veut davantage d’interventionnisme étatique

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Dans un récent entretien accordé à L’Express à l’occasion de la parution de son nouveau livre, Libéralisme, vents contraires (Éditions Saint-Simon), le politologue Francis Fukuyama continue de défendre avec force le modèle libéral, dans le droit fil de son livre phare, La Fin de l’histoire et le dernier homme (1992). Si Fukuyama insiste avec raison sur les deux grandes erreurs qu’ont été l’invasion de l’Ukraine par la Russie février 2022, et la politique du « zéro-covid » en Chine, s’il critique en outre à juste titre le wokisme en tant qu’il constitue un réel danger pour nos démocraties, il nous laisse cela dit perplexe lorsqu’il déclare par exemple : « Une société libérale requiert un État démocratique et des politiques sociales pour les gens ordinaires, sans quoi vous n’arriverez pas à maintenir la légitimité du système. Le respect des droits individuels doit s’accompagner d’une redistribution afin de limiter les inégalités de revenus ». (Nous soulignons.)

On pourrait ici penser à un certain calcul de la part de Fukuyama : l’interventionnisme étatique serait justifié dans une démocratie libérale non pas dans son principe même, mais comme moyen permettant de contenir la frange de la société s’estimant lésée par le libre jeu du marché. Or Fukuyama va plus loin dans la suite de l’entretien. Il s’en prend au « néolibéralisme » – c’est-à-dire aux politiques de libéralisation et de déréglementation de l’économie conduites dans les années 80 par Margaret Thatcher et Ronald Reagan notamment -, qui serait selon lui une version très excessive du libéralisme classique et « devrait (plutôt) être employé pour décrire un mouvement rattaché à des économistes comme Milton Friedman ou Gary Becker, opposés à l’intervention étatique dans la sphère privée ». Or nous pensons au contraire que les sociétés libérales actuelles se porteraient dans l’ensemble bien mieux si les idées de Friedman avaient été davantage appliquées, lui qui vantait « la coopération par l’échange volontaire » et qui disait : « Le cœur de la philosophie libérale est la foi dans la dignité de l’individu, dans sa liberté de déployer le maximum de ses compétences et saisir ses chances selon son propre jugement pourvu qu’il n’interfère pas avec la liberté des autres ». Le plus grand danger interne pour les sociétés libérales n’est pas le « néolibéralisme », mais la collectivisation des esprits. Contrairement à ce que dit Fukuyama, le monde de 2023 a besoin non pas de plus d’État mais de plus de liberté individuelle.

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1 commenter

Astérix 23 mars 2023 - 1:33

Bravo à Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Quel dommage qu’ils n’aient pas pu continuer ou être remplacés par de vrais libéraux comme eux.
L’on a vu la suite ! quel malheur !

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